Par Pierre Delorme - publié le 29 décembre 2006 à 13h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h21 - 4 commentaire(s)
Comme les lecteurs les plus assidus l'auront certainement remarqué, nous ne vous avons pas proposé de court-métrage la semaine dernière. Pour nous rattraper et comme c'est Noël, cette semaine, ce n'est pas un, ni deux, mais trois courts que nous vous offrons. Premiers épisodes d'une probable future saga, la série des ON THE BEACH sort directement de l'esprit de Cyril Cohen, jeune homme de 32 ans au parcours assez atypique, qui nous offre un univers décalé voire carrément "non-sensique". Rencontre avec un réalisateur promis à un glorieux avenir, à l'origine également du court Big Family que certains d'entre vous ont pu voir en salle avant Prete moi ta main d'Eric Lartigau.

N’hésitez pas à nous envoyer à Excessif, au 14 rue des Périchaux dans le 15ème à Paris, les DVD ou DV de vos courts-métrages ou à nous communiquer les adresses des serveurs sur lesquels se trouvent vos courts-métrages en écrivant à sophie@dvdrama.com ou à Pierre Delorme

COURT-METRAGE ON THE BEACH 1

COURT-METRAGE ON THE BEACH 2

COURT-METRAGE ON THE BEACH 3



Quel a été votre parcours avant de réaliser les premiers épisodes de On The Beach ?
A la base je n’ai rien à voir avec le cinéma, mais j’ai été amené à rencontrer Dominique Farrugia par l’intermédiaire d’une amie qui le connaissait. C’était juste après qu’il ait créé sa société Barbes Film Compagnie, et il m’a très gentiment proposé d’assurer en quelque sorte le poste d’homme à tout faire au sein de cette compagnie. J’ai donc été amené à bosser sur et en dehors des tournages, à plus ou moins tous les postes possibles : assistanat de mise en scène, régie, déco, j’ai même été à un moment le chauffeur personnel de Farrugia. J’ai même fait un petit détour par la chaîne Comédie, pour laquelle j’ai réalisé l’émission Blague Mobile. Un jour j’ai été amené à réaliser le making-of du film Le Clone (Fabio Conversi, 1998) avec Elie et Dieudoné, et je me suis lancé dans cette voie. J’ai donc réalisé les making-of de Meilleur espoir féminin (Gérard Jugnot, 2000), un peu sur Vidocq (Pitof, 2001). Je commençais à gagner ma vie avec ça, et donc c’est à ce moment que parallèlement à mon travail, j’ai développé mes premiers courts-métrages.

Parlez-nous un peu de Il n’y a qu’un seul dieu, votre premier film.
C’est un court que j’ai réalisé en 2002, soutenu par la société Sophie Dulac Production, ce qui m’a permis de tourner avec une caméra 35mm. L’idée du film me tenait particulièrement à cœur. C’est en fait une course poursuite entre deux arabes et deux juifs qui se battent tous les jours pour avoir un banc au soleil dans un parc. C’est bien entendu une métaphore sur le conflit Israélo-palestinien. On a tourné assez vite, dans les alentours de Belleville. Il a été diffusé dans pas mal de festivals, avant de passer sur TPS en janvier dernier. Les lecteurs de DVDrama ne pourront malheureusement pas le voir pour des questions d’autorisations de diffusion, mais ils peuvent regarder un extrait du making-of en ligne sur le site de Barbecue Films, société que j’ai fondée il y a deux ans avec mon associé et ami Didier Victor Cohen. Le tournage était vraiment sympa car les acteurs étaient des vrais juifs et des vrais arabes, qui n’ont pas arrêté de se chambrer de manière très amicale pendant le tournage.



C’est donc au sein de cette production que vous avez développé la série des On The Beach ?
Oui. On a commencé par produire un court d’Emmanuel Murat, intitulé Somewhere, avec Yvan Attal. Puis on a eu cette idée de produire une série de petites histoires très courtes (moins de 3mn), qui aient comme points communs un même personnage et un même lieu, la plage. Nous avons tourné les trois premiers épisodes l’année dernière et cette année, dans des conditions vraiment minimales. Nous nous sommes même permis une petite private joke récurrente, en créditant Didier le producteur en tant que monteur des films. Cette petite blague a fait beaucoup rire car comme tout le monde le sait, il faut un grand talent pour monter un plan séquence (rires) ! Plus sérieusement, l’idée de base est vraiment de faire quelque chose de complètement décalé, absurde voire carrément crétin. Nous espérons développer cette série pour faire en sorte qu’elle soit un jour diffusée.


Parlez-nous de votre deuxième court, Big Family. (ndlr : suite à la volonté des producteurs du film, nous ne pouvons malheureusement pas vous montrer d’images de ce film)
En fait, c’est la raison principale de la création de Barbecue Films. L’idée de ce film m’est venue dans le métro, pendant une panne de courant. En entendant la réaction des gens à côté de moi, je me suis dit que ce genre de situation était vraiment propice à créer une ambiance adéquate à un court-métrage. J’ai tout de suite parlé de mon envie de faire ce film à Didier, qui a été emballé. Ma seconde envie était que le court se tourne à New York, car c’est une ville que j’adore et qui est pour moi la plus belle au monde. De plus c’est une ville qui se prêtait totalement au sujet car dans le meilleur comme dans le pire, les New Yorkais sont toujours soudés. On a donc écrit un scénario, qu’on a proposé à Alain Chabat et à sa société Chez Wam. Il a tout de suite été emballé, et le fait est qu’il cherchait un court-métrage à mettre en première partie de Prête-moi ta main. Du coup, il a co-produit le film, et Big Family s’est retrouvé projeté dans 30 salles en France. Ça a été un vrai plaisir pour moi, et aussi un honneur de collaborer avec un homme comme ça. J’ai pu voir comment il travaillait et ça m’a appris beaucoup.



Comment s’est déroulé le tournage ? Avez-vous vraiment tourné à New York ?
Oui tout à fait. Ce qui s’est passé c’est que pour des raisons de passeport, je n’ai pas pu aller à New York personnellement. On a donc contacté une production là-bas qui a tourné toutes les images dont on avait besoin, après des repérages minutieux de notre part bien sûr. Donc en gros, tout s’est fait par Internet. Ensuite, ils nous ont envoyé toutes les images, puis on s’est occupé de la post-production en France, grâce notamment à l’aide des sociétés Def2Shoot et Duboi, qui ont accepté de nous filer un coup de pouce. On a dû allumer et éteindre tous les appartements de manière virtuelle à l’aide d’une station FLAME. Au final, c’était la méthode la plus facile… Même si on aurait pu demander aux 10 millions de New Yorkais d’éteindre simultanément leur lumière, ça nous aurait fait moins de boulot en post-production ! (rires)

Quelles sont vos influences cinématographiques ?
Mes influences… New York ! (rires) Non, sans plaisanter, j’adore tous les films qui se passent à New York. Le réalisateur qui m’a donné envie de faire ce métier c’est vraiment Spike Lee, notamment avec ses premiers films, Do The Right Thing, Mo’ Better Blues, Malcolm X, Nola Darling…Ce sont vraiment des films que j’adore. Evidemment il y a Scorsese, Woody Allen, mais c’est surtout Spike Lee. Mon premier court est directement inspiré de la fin de Do The Right Thing. Sinon il y a les Monthy Pythons, les ZAZ, les Saturday Night Live, Mel Brooks bien sûr… et puis Les Nuls (rires)! J’aime énormément aussi Claude Berri. Il n’a pas une mise en scène extraordinaire, mais il a un sens de la narration hors norme et ses films contiennent toujours de l’émotion et du rire. C’est très important pour moi.



Avez-vous de nouveaux projets ?
Oui, un court-métrage de science fiction intitulé The Baloon, qu’on est en train de mettre sur pied avec Barbecue film, et un projet de long-métrage que je suis en train d’écrire qui serait en quelque sorte la suite ou le début de Big Family. Et j’aimerais beaucoup le tourner à New York. Mon but pour l’instant est de continuer à faire des choses. Des choses fortes, qui marquent et sur lesquelles on prend aussi du plaisir à travailler. Il faut continuer d’avancer, continuer aussi de se faire la main et de se faire connaître, et surtout ne jamais stagner, c’est le plus important à mon sens.

Qu’est ce qu’un bon film pour vous ?
C’est un film avec une histoire dans laquelle on rentre. Un film dont on ne décroche qu’une fois les lumières rallumées.

Propos recueillis par Pierre Delorme
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