Avez-vous déjà pris un grand huit au cinéma? C’est exactement cette sensation que procure [Rec.], film d’horreur espagnol qui cartonne au box-office et phénomène qui s’apprête à contaminer les pays étrangers. Forts d’avoir participé à l’expérience des Peliculas para no dormir, Jaume Balaguero et Paco Plaza, copains comme cochons, ont réalisé ensemble [Rec.] ce précipité fantastique simple comme bonjour qui montre ce que l’on ne voyait pas dans Blair Witch Project et qui par une alternance entre des séquences horrifiques et des moments humoristiques réussit à exacerber les émotions. L’histoire pourrait tenir sur un confetti mais il fallait y penser: alors qu'ils suivent des pompiers lors d'une intervention, une reporter obnubilé par le scoop et son caméraman anxieux restent coincés dans un immeuble placé sous quarantaine. A l'intérieur, ils passent leurs temps à faire des interviews inintéressantes et prennent le pouls de l’atmosphère tendue. Les habitants, enfermés eux aussi, sont trop heureux de passer du statut d’anonyme à celui de stars. Très vite, ils font face à des phénomènes très étranges. Les morts s’amoncellent et la journaliste essaye comme elle peut de continuer son travail informatif. La durée est adéquate (environ une heure trente). Concis et efficace, le résultat se reluque sans le moindre temps mort. Si bien qu’une fois que l’on sort de la projection, on en réclame.

