Par Renaud Moran - publié le 18 août 2008 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 16h44 - 1 commentaire(s)
Quatrième film après Les Frères McMullen, She’s the One et Quitte ou Double du réalisateur/scénariste/producteur/acteur Edward Burns, que l’on a pu voir aussi dans Saving Private Ryan et 15 Minutes (navet infâme de John Herzfeld), Rencontres à Manhattan est aussi son meilleur.

RENCONTRES À MANHATTAN
(SIDEWALKS OF NEW YORK)
Réalisation et scénario de : Edward Burns
Avec : Edward Burns, Rosario Dawson, Dennis Farina, Heather Graham, David Krumholtz, Brittany Murphy et Stanley Tucci.
USA-2001-1h40mn
Sortie nationale le 10 avril 2002

Dans le cinéma américain, tant indé que mainstream, c’est un peu comme dans le rap, il y a la côte est et la côte ouest. Et à l’Est il y a le sous-groupe le plus important, celui des cinéastes new-yorkais, dont la lignée prestigieuse comprend des noms tels que John Cassavetes, Woody Allen, Martin Scorsese ou encore Abel Ferrara. Fils spirituel, hélas nettement moins brillant et tout à fait mineur, Edward Burns est en train de construire tranquillement sa petite œuvre au fil de ses mésaventures sexuelles et amoureuses depuis maintenant sept ans, promenant de film en film son personnage de jeune catholique irlandais qui en fait un pendant goy et plus popu, différent non seulement socialement et culturellement, mais aussi cinématographiquement, de Woody Allen, dont il serait en quelque sorte la version pauvre.

De ses précédents films, on n’a conservé que peu de souvenir (quelques situations savoureuses et des personnages plus ou moins attachants), non que le moment passé fut désagréable, mais tant ils étaient insignifiants. C’est quelque peu différent avec le dernier, son plus abouti à ce jour. Tourné caméra à l’épaule et en lumière naturelle avec un temps réduit et un budget serré, à la façon d’un documentaire et avec des mouvements de caméra abrupts empruntés au Maris et Femmes de Woody Allen, Rencontres à Manhattan scrute les mœurs sexuelles et sentimentales de ses contemporains avec une grande justesse de ton et un réalisme convainquant. Mais ce n’est pas tant ce principe de mise en scène, peu original et un peu trop facile, qui fait la réussite et la valeur de ce panorama assez complet, que l’amour et le soin portés aux personnages, belle brochette d’acteurs confirmés et de nouveaux talents auxquels le réalisateur laisse le temps et la place de pleinement s’exprimer et faire exister leurs rôles. Ce qui, on en conviendra, n’est déjà pas si mal.
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