Notre rétro de l'année 2009 au cinéma braque ses projecteurs sur le mois d'avril, avec au programme des sorties aussi diverses que Wolverine et Ponyo...

Par La Rédaction - publié le 13 décembre 2009 à 18h09 ,
MAJ le 14 décembre 2009 à 17h04 - 2 commentaire(s)

Le mois d'avril 2009 au cinéma, c'est quelques gands réalisateurs tels que Atom Egoyan, Hayao Miyazaki ou Alex Proyas, mais aussi de jolies surprises, comme l'inattendu Incognito le surpenant Synecdoche, New York. Nos rédacteurs vous disent tout...


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ADORATION Par Geoffrey CRETE
Atom Egoyan a frôlé deux Oscars - réalisation et scénario pour De beaux lendemains - et connaît bien les marches de Cannes - Prix du Jury pour De beaux lendemains, Prix de la Critique Internationale pour Exotica, membre du jury en 1996 - son cinéma demeure curieusement confidentielle. Adoration a ainsi eu droit à une diffusion plus que réduite près d'un an après sa sélection officielle au festival de Cannes alors que l'attention des médias était depuis un moment fixée sur la nouvelle sélection. Pourtant, il suffit de voir quelques secondes d'Adoration pour être subjugué par la maîtrise du réalisateur arménien. Montage évasif, cadrages précis, narration déconstruite, musique transcendantale : rarement un film aura dégagé autant d'aura cinématographique en si peu de temps. En racontant l'histoire d'un adolescent marqué par la mort de ses parents, Atom Egoyan touche une nouvelle fois des thématiques qui lui sont chères - aliénation, isolement, traumatisme, confrontation des points de vue. Adoration n'aurait pu être qu'un banal scénario à twist, il s'élève au rang des films hypnotiques et fascinants dont les mystères se dévoilent dans l'inconscient. Le récit est-il sincère ? Son père était-il un terroriste qui a tué sa mère ? Son oncle sait-il des choses sur son grand-père et la mort de sa mère ? Les réponses sont sûrement quelque part, et pourtant, le spectateur suit les divagations scénaristiques et narratives comme dans un doux rêve. A une époque où l'efficacité et le rythme sont les principaux moteurs du cinéma, Adoration est une insaisissable bouffée d'oxygène.
 
SYNECDOCHE, NEW YORK Par Romain LE VERN
Si Charlie Kaufman refuse de s'appuyer sur des bases classiques, c'est moins par amour du défi que par nécessité. Dans Synecdoche, New York, où les défauts sont plus évidents parce qu'il se débrouille tout seul comme un grand, le cinéaste avance sur un territoire a priori familier étant donné qu'il entreprend une nouvelle fois de reconstituer le douloureux processus de la création. Avec la précision maniaque qui le caractérise, il adopte le point de vue de Caden (Philip Seymour Hoffman), son double fictionnel, un metteur en scène hypocondriaque qui essaye de monter une pièce de théâtre. Le scénario superpose plusieurs mises en abyme où l'auteur décortique ses obsessions et accouche à l'écran de ses névroses. Le résultat est acrobatique, teinté d'ironie et d'amertume, brillamment interprété par des acteurs ravis de l'occasion, d'autant qu'on les voit trop peu (Jennifer Jason Leigh ou Emily Watson). Le revers de la médaille, c'est que les spectateurs risquent de se perdre dans son imbroglio lyrique où, après avoir confondu la réalité et la fiction, l'auteur finit par tordre la première pour faire fonctionner la seconde. Au fur et à mesure que l'intrigue avance, la narration devient plus labyrinthique que linéaire en atteignant un niveau de pessimisme encore jamais atteint chez Kaufman. Avec un talent certain, il enchaîne une série de micro-descriptions (névroses, doutes, pauses, impuissance, paternité, tentations, lâcheté...) qui semblent arrachées au réel et font la vraie substance du film. Ensuite, il traduit l'isolement de son double à partir du moment où il décide de reconstituer dans un entrepôt de New York le décor de la ville et de façonner un univers mental dévasté par des souvenirs épars. A l'arrivée, le récit s'étend sur cinquante ans avec des personnages interprétés par trois voire quatre acteurs différents. Dans ses meilleurs moments, le film recèle une poésie entropique et une radicalité anarchique, synonyme de suicide artistique, qui forcent le respect.

 

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PONYO Par Nicolas SCHIAVI
Un enchantement continu, un émerveillement formel, un chef d'oeuvre musical. C'est fou comme à chaque film, Hayao Miyazaki impose directement une touche de grand classique comme si le spectateur savait instantanément qu'il reverrait chacune de ses œuvres avec délectation. Il y a, comme dans les précédentes œuvres de l'auteur, la même fascination, le même sentiment d'être traversé par un long-métrage à la portée universelle et intemporelle. Ponyo confine au génie, attirant le spectateur vers des rivages lointains et le ramenant sur la terre ferme avec l'écume des meilleurs contes. Le cinéaste japonais n'en finit plus d'éblouir.
 
LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE Par Romain LE VERN
Avant de se faire harponner par les griffes de la nuit et les tueurs qui hantent les rêves, Wes Craven montrait au début des années 70 des monstres à visage humain dans La dernière maison sur la gauche, un film fauché et impur, considéré à tort comme son premier long-métrage (cet ancien prof de philo avait déjà réalisé un porno). Sous l'impulsion de son ami Sean Cunningham qui lui demande d'écrire le scénario le plus dégueulasse possible pour ensuite le produire et le diffuser dans les drive-in, Craven propose une sorte de remake de La source, de Ingmar Bergman à travers l'histoire sordide de deux adolescentes de 17 ans qui deviennent les jouets de tortures d'une bande de psychopathes. L'impact fut tel qu'il provoqua une interdiction aux moins de 18 ans dans les pays l'ayant accepté dans les salles (ce n'est pas le cas du Royaume-Uni qui l'a bloqué pendant trente ans), dans des montages différents. Aujourd'hui, selon l'aveu de Craven, il paraît difficile de définir la version intégrale. Suite à la réussite artistique du remake de La colline a des yeux qui surpassait l'original, il n'était pas si inintéressant de proposer une relecture. Ce projet aurait dû atterrir dans les mains d'un yes-man européen venu aux States pour se faire une carte de visite et dilapider toute sa crédibilité. La différence, c'est Dennis Iliadis, un cinéaste qui a manifestement réussi à échapper aux compromissions et fait exactement tout l'inverse de Marcus Nispel sur Vendredi 13. On le comprend dès la scène d'introduction qui ne figure pas dans le film d'origine et contient suffisamment d'atrocités pour mettre le spectateur en condition. Ce remake, pourtant produit par Universal, s'octroie une liberté de manœuvre assez inouïe en ces temps de pudibonderie et entreprend de renouer avec la terreur sourde et la violence cradingue des séries B des années 70. Il reprend la structure de l'original (les sévices des adolescentes suivis par la vengeance des parents) en enlevant tout ce que Craven avait incrusté pour faire illusion (des plans insistants sur les cascades pour célébrer une nature souveraine tendance Boorman du pauvre, la fellation au bord du lac, la présence des flics incompétents tirés d'une mauvaise série télévisée genre Sherif fais-moi peur). Incidemment, il renforce une tentation élégiaque - celle que l'on pouvait déjà ressentir dans la première version - en faisant de l'eau (la pluie, le lac) un élément de vie mais aussi un symbole de renaissance.
 
INCOGNITO Par Gilles BOTINEAU
Jusqu'à présent, Franck Dubosc ne nous avait guère convaincu lors de ses différentes incursions cinématographiques, que ce soit pour Disco, Camping ou même, pire encore, Au secours j'ai 30 ans ! Ainsi, lorsqu'on a appris sa présence dans le nouveau film écrit et mis en scène par Eric Lavaine (déjà responsable de Poltergay), aux côtés du chanteur Bénabar (dont c'est le premier rôle, qui plus est principal), on a véritablement craint le pire. Mais contre toute attente, Incognito fut une réussite totale. Le duo Bénabar/Dubosc fonctionne à plein régime, entre une tête bien-pensante (parfois trop) et le boulet. Le chanteur y démontre un réel talent de comédien, à l'instar de prestigieux « collègues » (Eddy Mitchell ou Johnny Hallyday), et porte merveilleusement le film sur ses jeunes épaules. Son innocence en ce domaine apporte d'ailleurs une grande fraîcheur au rôle, puisqu'il n'en fait jamais trop. De son côté, Franck Dubosc incarne une fois de plus les ringards excessivement naïfs, avec une aisance et un plaisir indiscutables. Il apparaît en outre comme le trublion de service, celui qui risque de tout gâcher en une fraction de seconde, sous les yeux ahuris d'un Bénabar totalement dépassé. Un « couple » plutôt classique, donc, mais d'une efficacité indéniable. S'il n'y avait pas eu Cinéman la même année, on attendrait presque le prochain Dubosc avec une certaine impatience. Mais... 
  

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X-MEN : ORIGINS Par Nicolas LEMALE
La perspective en a fait rêver plus d'un : personnage clé des X-Men, porté par l'acteur le plus charismatique de la saga de Bryan Singer, Hugh Jackman, Wolverine allait avoir droit à son propre film, inaugurant une série de spin-off mettant en avant les grands mutants de l'univers X-Men. Une idée excitante sur le papier au vu de la qualité des derniers comics consacrés au griffu bourru. A sa sortie, Wolverine a pourtant fait parler de lui pour deux mauvaises raisons : ses multiples re-shoots, apparemment justifiés par l'inexpérience de Gavin Hood (Mon nom est Tsotsi), et son piratage éhonté avant même sa sortie, dû à la mise en ligne illégale d'une version de travail faisant peine à voir. Bon, autant le dire avec le recul, le film vu en salles ne vaut guère mieux que cette réputation : sacrifiant le mythe à un scénario incohérent, alignant des scènes d'action à la fois laides et mille fois vues ailleurs, transformant des super-héros (Deadpool et Gambit notamment) en side-kicks idiots et fadasses, X-Men Origins est un beau ratage, certes un peu divertissant, mais loin d'être à la hauteur de son badass de héros.
 
MONSTRES CONTRE ALIENS Par PitouWH
Monstres... contre... Aliens... Tout est dit. Un concept-prétexte appelé à concrétiser un vieux rêve de gamin, venu de l'époque où une imagination en roue libre nous faisait échafauder les affrontements les plus improbables. Inspirée par le comic-book Rex Havoc, l'équipe de Dreamworks Animation (très en forme ces derniers temps) se lance ainsi dans un hommage aux films de monstres des 50's avec ce qui se veut le premier film d'animation entièrement pensé pour la Real-3D. Une chose est sûre : Monstres contre Aliens remplit sa mission haut la main en nous protégeant de l'envahissante morosité grâce à ses "énormes" (dans tous les sens du terme) scènes d'action et son humour déluré !
 
PREDICTIONS Par Laurène GUILLAUME
Dans le genre « fin du monde », l'année 2009 n'est pas mal. Sorti un premier avril, toutes les blagues étaient permises sur le dernier film d'Alex Proyas. Cinq ans après I Robot, le réalisateur prend en charge l'histoire d'un petit garçon, Caleb, qui ramène un message écrit par un enfant cinquante ans plus tôt. Son père se prend pour Einstein et déchiffre le code qui correspond à des catastrophes à venir. Et en v'là tu en voilà, à l'image du Jour d'Après d'Emmerich, les catastrophes, aussi prévisibles et improbables soient-elles, se multiplient et, miracle, le spectateur y croit. Enfin jusqu'à la séquence (ridicule) de la fin où Alex Proyas décide de mélanger l'action à de la science-fiction. Ça frise le ridicule... Mais heureusement, le ridicule ne tue pas.


Vos réactions


  • Adoration

    L'histoire : Simon est un jeune lycéen élevé par son oncle depuis la mort de ses parents. Avec l'aide de sa professeur de français et influencé par un fait diver[…]

  • Synecdoche, New York

    L'histoire : L'histoire de Caden; un dramaturge angoissé, et des relations qu'il entretient avec plusieurs femmes qui traversent sa vie : Claire, son épouse, Adèle[…]

  • Ponyo sur la falaise

    L'histoire : Le petit Sosuke, cinq ans, habite un village construit au sommet d?une falaise qui surplombe la Mer Intérieure. Un beau matin, alors qu?il joue sur la[…]

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