Août 2009 a d'un côté satisfait au-delà des espérances : Inglourious Basterds et surtout Un Prophète ; mais a également suscité quelques déceptions : G.I. Joe : le réveil du Cobra, Numéro 9, Destination finale 4 ; sans oublier la bonne surprise du mois : Neuilly sa mère !
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G.I. JOE - LE REVEIL DU COBRA par Vincent MARTINI
Dans le monde des adaptations de jouets à l'écran, nous avons eu deux exemples cette année. Et si les robots de Transformers 2 remplissent sans surprise le cahier des charges, l'équipe de choc des G.I. Joe s'est plutôt octroyé le titre du laxatif fun de l'année. Un blockbuster de l'été n'a pas pour habitude d'être un sommet de narration et d'ingéniosité, mais le fiasco prend ici des allures jusqu'au-boutistes. Entre des effets spéciaux inaboutis, une photographie souvent hideuse, un cabotinage incessant des acteurs, et des séquences d'action plates et sans saveur, les spectateurs que nous sommes n'auront plus que Sienna Miller (ou Channing Tatum) pour se consoler. C'est d'autant plus dommage qu'une longue séquence du film, l'attaque à Paris, laissait espérer un divertissement décomplexé qui se fait encore attendre. Une suite est néanmoins déjà sur les rails, les aficionados apprécieront...
NEUILLY SA MERE ! Par Gilles BOTINEAU
Si, dans un premier temps, le titre et l'affiche nous avaient laissé perplexes, le résultat s'est toutefois avéré nettement supérieur à ce que nous nous attendions, et bien plus encore... Au delà de nous faire rire par ses excès, Neuilly sa mère ! nous amène surtout à réfléchir sur une situation finalement dramatique, entre les préjugés et les nombreuses inégalités sociales actuels. En conséquence de quoi, la plupart de nos politiciens en prennent ici pour leur grade (même si le film tend plutôt à être de « Gauche », de par ses idées, sa morale, et bien sûr, la présence de certains artistes). Ainsi, pas de jaloux. Nicolas Sarkozy est bien entendu le premier à être « cité », à travers quelques-unes de ses répliques les plus mémorables (et donc ridicules), légèrement détournées, du « Casse-toi, pauvre con » à « Etudier plus, pour réussir plus », en passant par « Ma chambre, tu l'aimes ou tu la quittes ! ». De son côté, Edouard Balladur est assimilé à un « Looser », tandis que Jacques Chirac donne son nom à une impasse. Ironie, quand tu nous tiens... Quant aux Verts et aux gauchistes, ils ne sont guère mieux lotis. Bien que principalement ciblé jeune, Neuilly sa mère ! propose au final une satire politique particulièrement efficace, drôle et originale. Succès (surprise) amplement mérité.

INGLOURIOUS BASTERDS Par Nicolas HOUGUET
Tarantino signait là son retour tonitruant, avec un projet annoncé depuis longtemps (comme c'est souvent le cas avec lui). Ces salopards dépourvus de gloire (pas au nombre de douze mais presque) allaient casser du nazi sur nos écrans estivaux et plus profondément permettre au sémillant Quentin de déclarer une nouvelle fois son amour du septième art à sa manière unique et tonitruante. C'est aussi le film d'une révélation, Christoph Waltz, extraordinaire méchant de cinéma, suave et terrifiant. Mélanie Laurent est ici la vengeresse écarlate (sur un fond délicieusement anachronique de David Bowie), Brad Pitt est sympathique à son habitude et l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale revisitée avec une jubilation de garnement (puisque, pour les trois du fond qui étaient nuls en Histoire, Hitler n'est pas mort de cette façon). Le grand Quentin connaît là son plus grand triomphe après le rendez-vous manqué de l'inégal Boulevard de la mort. La verve de ses dialogues est intacte, certains étant de grands moments de tension (l'ouverture du film, magistrale). Le sourire extatique était de mise à la sortie de la salle (malgré quelques baisses de régime). Grâce à cet opus, on comprend que la reconstitution historique n'est pas nécessairement sage, respectueuse ou didactique, mais peut simplement servir de prétexte à un p... de bon film.
NUMERO 9 Par Anne-Louise ECHEVIN
Numéro 9 est tout d'abord un excellent court-métrage réalisé par Shane Acker, dans lequel de drôles de petites poupées tentent de survivre face à une redoutable machine à l'appétit féroce, le tout dans un monde post-apocalyptique fascinant. Grâce à une animation époustouflante, le réalisateur réussissait à créer une ambiance unique et désespérée. Alors, lorsqu'il a été annoncé que le magicien Tim Burton et le plutôt doué Timur Bekmanbetov allaient produire un long-métrage s'intéressant à Numéro 9, et que Shane Acker allait rester derrière la caméra, les attentes étaient immenses. Trop, peut-être, et la déception n'en a été que plus cruelle. Car, si le film est loin d'être mauvais, il ne trouve pas le souffle épique que l'on attendait. Et si l'univers désenchanté de Shane Acker nous séduit totalement, on regrettera des émotions et des dialogues bien trop clichés et naïfs, dignes d'un mauvais Michael Bay. Enfin, le scénario s'avère bien répétitif, finissant par lasser un spectateur désillusionné qui a l'impression d'assister au naufrage d'un petit bijou d'inventivité dans une mer américanisée et aseptisée. Reste une animation époustouflante, et, en arrière-plan, un monde dévasté incroyable mais malheureusement sous-exploité. Reste aussi que le film aborde des questions et des thématiques particulièrement intéressantes, mais ne semble pas oser chercher et donner de vraies réponses... Ce qui fait de Numéro 9 un très bel objet, mais qui manque d'une étincelle, d'une âme, pour prendre vie. C'est assez ironique finalement, quand on pense que c'est bien l'âme qui donne vie aux poupées du film...


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