Notre rétrospective de l'année 2009 dans les salles de cinéma s'achève évidemment avec le mois de décembre, qui vient de voir débarquer le fameux Avatar de Cameron. What else ?

Par La Rédaction - publié le 23 décembre 2009 à 19h19
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Le mois de décembre 2009 au cinéma, c'est bien évidemment Avatar, évènement attendu s'il en est, mais ce n'est pas que ça. Le film de James Cameron a en effet pour compagnons le phénomène surprise de l'année, Paranormal Activity, l'adaptation ambitieuse du livre culte La Route, le passage sur grand écran d'un héros de notre enfance, Astro Boy, ou encore le nouveau Francis Ford Coppola... De quoi se régaler ! 

 


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PARANORMAL ACTIVITY Par Nicolas LEMALE
Les années 90 ont eu leur Projet Blair Witch. Les années 2000 auront eu Paranormal Activity, le long-métrage le plus rentable de tous les temps : 100 millions de recettes pour un film ayant coûté 15 000 dollars. Un projet amateur qui avec un investissement minimal (hors frais de marketing, s'entend) et un buzz maîtrisé (sortie cinéma progressive, marketing viral, discours promo spectaculaire - Spielberg a eu les chocottes !), réussit le hold-up du siècle. Et le terme n'est pas usurpé : à moins d'être nyctalophobe, ou très imaginatif, difficile d'éprouver la peur de sa vie devant ce qui ne reste qu'un film certes beaucoup plus malin que la moyenne - des "youtube flicks", il en sort tous les jours, mais rarement en salles - mais amateur tout de même. Incohérences en pagaille, crescendo dans l'horreur mal maîtrisé, personnages irritants, dialogues surréalistes... Paranormal Activity a surtout contre lui d'être excessivement répétitif, et de tout miser sur la combinaison image caméscope/film de maison hantée classique, sans apporter un vrai fond à ses quelques idées de série B. Pour ajouter de l'efficacité à la chose, mieux vaut attendre le DVD pour le regarder tout seul (dans votre chambre, tant qu'à faire).
 
LA ROUTE Par Romain LE VERN
Au moins, il n'y a pas de trahison : le film de Hillcoat suit à la lettre tout ce qui se passe dans le roman apocalyptique de Cormac McCarthy, comme dans un espace-temps. Dans les deux cas, l'ensemble tient plus de la parabole Biblique, du réalisme new-age et de la fable philosophique que de la science-fiction et du fantastique, d'autant qu'il occulte sciemment les explications (aucune date n'est mentionnée) et les identités (les personnages n'ont pas de prénoms). Le thème est classique (que reste-t-il lorsqu'il ne reste plus rien?) et a généré des réussites difficiles à surpasser (La bombe, de Peter Watkins ou encore le méconnu Threads, de Mick Jackson). Ce qui change pour Hillcoat, c'est le traitement. La Route ne parle pas du futur mais du présent : il peut se voir à la fois comme une mise en garde dystopique sur l'évolution de l'espèce humaine et une peinture intemporelle de l'Amérique dont les fondements reposent sur la violence. Le final, que ceux qui n'ont pas lu le livre trouveront Hollywoodien, est pourtant identique et d'autant plus angoissant qu'il traduit un profond pessimisme là où certains ne vont y voir qu'un happy-end. Ce serait carrément se méprendre sur son sens. La civilisation est clairement présentée comme un mirage (ou une manière biaisée d'être sauvage) et toute tentative de reconstruction sociale annonce sa propre destruction. De la même façon que l'on pourrait prendre des vampires pour qualifier la manière dont le monde de l'entreprise «vampirise» les individualités afin de les transformer en masse uniforme, le cannibalisme sert de métaphore pour déterminer des relations humaines autophages. En substance, la question que pose La Route est plus subtile : comment transmettre une culture, une langue, un savoir dans un monde possédé par le mal ? C'est également cette obsession qui revenait dans le rêve du shérif dans No Country for old men dont la conclusion avait beaucoup dérouté. En fait, elle annonçait La Route comme un prolongement, en mettant en exergue l'inquiétude sur un avenir promis à une surenchère de violence. La scène avec la canette de Coca-Cola marque, de manière symbolique, la nostalgie d'une Amérique révolue et la faible espérance de vie des mythes : si on ne croit plus, alors on n'espère plus et on ne vit plus. Ce qui explique la présence des flashbacks avec l'ombre rassurante de la mère, remontant à la surface comme des souvenirs heureux. Le passé appelle le miel mais le futur n'est que cendres.

 

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ASTRO BOY Par Pitou WH
Superstar dès sa création au Japon en 1952, d'abord en manga puis série animée (la première jamais faite), le petit robot d'Osamu Tezuka n'a depuis cessé d'évoluer avec les médias. Il ne pouvait donc rester plus longtemps étranger à l'essor des films d'animation en images de synthèse et c'est à Imagi que revint l'honneur de le faire entrer dans le XIXe siècle. Jeune studio partagé entre les USA, HK et Tokyo et déjà responsable du retour des Tortues Ninja, Imagi manqua alors de peu de mettre la clé sous la porte vu l'ambition de leur Astro Boy, qui faillit bien ne jamais voir le jour en dépit de son aura culte. Mais vous le savez, rien ne peut arrêter Astro et, plus fringant que jamais (même si on sent un peu trop l'influence de Pixar), le voici qui débarque sur nos écrans !
 
AVATAR Par Geoffrey CRETE
Que dire qui n'est pas encore été maintes fois répété sur le nouveau film de James Cameron. Que ce serait le film le plus cher de l'Histoire du cinéma avec un budget de 500 millions de dollars, dont la moitié en matériel promotionnel ? Que Soderbergh, Spielberg, Fincher et Peter Jackson ont crié haut et fort que ce serait une révolution ? Qu'il marque les retrouvailles, presque 25 ans après, entre Sigourney Weaver et celui qui l'a dirigée dans Aliens ? Qu'il est attendu comme le Messie par 99% des cinéphiles du monde entier ? Que si jamais le film venait à ne pas être le gigantesque carton espéré, James Cameron serait rayé de tous les annuaires des studios ?  Même les plus prudents n'auront pas réussi à échapper aux bandes-annonces et autres photos qui se multiplient un peu partout depuis quelques mois. Alors que dire de plus sur Avatar ? Les fans de SF retiennent leur souffle devant l'espoir d'une épopée hallucinée et hallucinante où la 3D ne serait plus un simple accessoire mais un véritable outil de mise en scène. Les plus réservés restent sur leur garde face au déluge d'optimisme autour d'une histoire somme toute assez simple. Rappelons que celle de Titanic est elle aussi terriblement banale, mais que Cameron a réussi à faire trembler des millions de spectateurs pendant plus de trois heures alors que chacun savait comment tout allait se terminer. Avatar a beau être fortement inspiré de la légende de Pocahontas - des propres aveux du monsieur - impossible de cacher son enthousiasme devant un des derniers metteurs en scène américains dont l'utopisme cohabite avec l'ambition de blockbusters colossaux. D'un autre côté, à force de fantasmer sur le film du siècle, les chances d'être déçu décuplent. La solution ? Simplement fermer les yeux, et attendre. C'est là que commence le rêve Avatar.
 
TETRO Par Lucie PEDROLA
And what was it all about? -Rivalry. Un échange entre deux frères, la raison d'une œuvre ? Une histoire de famille, d'enfermement dans un moule pétrifiant, d'amours. Francis Ford Coppola revient avec des intrigues « parrainesques ». Et déçoit forcément un peu. Même dans ce magnifique noir et blanc marqué, renouvelé, on ne peut s'empêcher d'espérer les frissons de la mythique fresque. Mais il serait tellement dommage de se limiter à ces regrets. C'est toujours un peu gênant d'essuyer de son visages les traces de l'émotion en fin de projection. Alors on pense au responsable et on est heureux que FFC nous offre encore un peu de son talent passionné. Ses acteurs sont parfaitement poseurs, tellement humains, son cinéma exhale les douleurs, le ressentiment, l'amour. On ne dit pas non à cette beauté vivante. Découvert sobrement en Quinzaine des réalisateurs sous le soleil cannois, le public ne devrait pas être déçu du cadeau. Plus un conseil qu'une prédiction. 
 Esther de Jaume Collet-Serra 
 

ESTHER Par Jean-Patrick DESPORTES
L'espagnol Jaume Collet-Serra s'était fait remarquer en 2005 avec l'excellent remake de La Maison de Cire pour Dark Castle puis s'était essayé au film de sport deux ans plus tard (Goal 2, quelqu'un la vu ?). Il nous revient ici, de nouveau pour Dark Castle, avec ce film qui ressemble beaucoup au réussi Joshua (George Ratliff ; 2007) avec qui il partage l'actrice principale, Vera Farminga en mère déboussolée. Ici, avec son mari, elle adopte Esther, enfant étrange qui va vite commencer à faire flipper la mère de famille. Franchement le film est trop fun à cause de son côté « so bad, it's good ». Rien que le twist est à hurler de rire. Non non, on ne vous dévoilera rien mais si vous vous attendez à voir un Joshua 2, détrompez-vous. Le film de Collet-Serra n'a pas un gramme de la qualité de mise en scène de ce dernier. Et dans le genre « enfants diaboliques » on a vu mieux. Le Ruban Blanc et son insidieux malaise qui se distille scène après scène représente le haut du panier et Esther le fond. Mais ne boudons pas notre plaisir. Collet-Serra, même si il ne retrouve que très partiellement son talent de créateur d'images fortes, arrive à nous divertir grâce à un mauvais goût assumé, déjà présent dans La Maison de Cire et le duel Vera Farminga / Isabelle Fuhrman (une révélation) reste épique.    
 


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