Bronson et ses démons, Bruno et son irrévérence, The Reader et sa romance interdite, Harry Potter et le prince de sang mêlé, le mois de juillet 2009 au cinéma avait tout pour être un grand cru. Et ce ne sont pas Whatever Works, Public Enemies ou Là-Haut qui risquaient de gâcher la fête...
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WHATEVER WORKS Par Nicolas SCHIAVI
L'infatigable Woody signe l'un de ses meilleurs films depuis quinze ans. En tête d'affiche, Larry David, créateur de Seinfeld continue à jouer les misanthropes désabusés avec une truculence joviale qui donne envie de lui donner des baffes tout en le remerciant. Whatever Works est une escapade touchante dans les affres d'un cerveau qui se refuse au bonheur. La méchanceté exécrable de Boris Yellnikoff cache une recherche de l'amour absolu, où il faut laisser la place à la chance. Ici, rien n'est dû au hasard. La dernière oeuvre de Woody Allen est d'une maîtrise totale, même dans son extrême jubilation.
PUBLIC ENEMIES Par Romain LE VERN
Trente ans de carrière. Onze longs-métrages. Pas grand-chose à redire sur la carrière de Michael Mann si ce n'est un parcours sans-faute. Après Miami Vice - le film, le cinéaste revient avec Public Enemies, l'adaptation d'un roman de Brian Burrough qui retrace l'itinéraire mouvementé de John Dillinger (Johnny Depp), l'un des plus illustres braqueurs de banque des années 30 et raconte la tentative du gouvernement et de l'agent du FBI Melvin Purvis (Christian Bale) d'arrêter Dillinger et son gang. Après Ali, Collatéral et Miami Vice - le film, Mann prouve la maîtrise de la caméra numérique HD qui se révèle idéale pour filmer cet étrange sentiment que quelque chose de terriblement chaud se profile dans la nuit sombre, capter l'action ou l'émotion la plus brute. De bout en bout, Mann se focalise sur Dillinger (Johnny Depp) quitte à rendre les personnages secondaires moins substantiels. A travers lui, il passe en revue de nouvelles armes automatiques servant à l'époque pour les hold-up et rappelle la fascination du public pour les hors-la-loi: leur capacité à narguer le pouvoir, à esquiver les pièges, à réussir les exploits les plus invraisemblables. A l'arrivée, ils écopent du bon rôle. On peut aussi voir en Public Enemies la réinvention d'un genre ultra-classique ou encore une réflexion sur les Etats-Unis, loin des us et coutumes hollywoodiennes, centrée sur la vague de violence qui a touché un pays en période de crise. Il faut revenir vers le passé pour comprendre comment fonctionne la société d'aujourd'hui. Le film a manifestement déçu les fans de la première heure. Certes, la forme peut surprendre (il faut s'y habituer). Mais on en reparlera dans dix ans.

BRONSON Par Romain LE VERN
Nicolas Winding Refn a beaucoup appris avec l'expérience américaine de Inside Job et surtout avec Pusher, la trilogie qui l'a révélé de manière fulgurante. Le premier volet était un succès inattendu au box-office danois et les deux autres, montés uniquement pour éponger une dette d'un bon million de dollars, ont été des réussites artistiques qui laissaient promettre le meilleur pour la suite. Bronson descend de la veine sale de Pusher où un Sisyphe cherche son identité dans un monde dépressif, évoquant Alan Clarke et Lindsay Anderson. En surface, ça ressemble à un remake déglingué de Orange Mécanique jusque dans la construction bipartite du scénario. Dans un premier temps, il retranscrit de manière subjective ce qui se passe dans la tête de Bronson en suggérant que l'oppression carcérale agit comme un refuge mental. Ensuite, il le confronte au monde extérieur en plaquant le regard que ceux qui le croisent portent sur lui. En fait, Nicolas Winding Refn renvoie à la culture underground des années 60-70 qu'il connaît sur le bout des doigts, en empruntant des idées à Kenneth Anger et à Paul Morrissey. Lorsque vers la fin, Bronson essaye de reproduire un tableau de Magritte en utilisant le corps d'une victime, il oublie presque que son corps sculptural reste sa plus belle œuvre d'art, autant qu'une arme aussi dérisoire que magnifique, transformant des combats pugilistiques en ballets sanglants. Un peu comme Kenneth Anger dans Scorpio Rising, Nicolas Winding Refn va jusqu'à érotiser ce bloc de virilité. Les personnages que Bronson rencontre à sa sortie de prison représentent des créatures efféminées qui veulent soit le baiser, soit l'exploiter. La fille dont il tombe amoureux ressemble à un ange qui aurait pu le sauver, mais elle préfère lui donner son corps et non son cœur. En ours moustachu qui n'arrive pas à danser sur un morceau des Pet Shop Boys, Tom Hardy est phénoménal.
BRUNO Par Nicolas SCHIAVI
Borat allait loin dans la supercherie du docu-fiction, se foutant royalement des différentes classes sociales et du rêve américain. Bruno fait plus fort dans l'innocence perverse et la bêtise crasse. Il fait ressortir le pire de l'humain, gerbant sur les minorités comme on conchie son voisin trop bruyant. Dommage que la séquence « Michael Jackson » ait été retirée du montage final. Bardé de séquences d'anthologie où Sacha Baron Cohen prend tous les risques (ce mec finira mal), Bruno devient le fantasme prodigieusement malsain, irrévérencieux, désenchanté et nécessaire du libre arbitre absolu. Une façon de dire "merde" à tout le monde avec une goutte de liquide séminal dans l'oeil. Incomparable.
LA HAUT Par Anne-Louise ECHEVIN
Il y a une décennie (plus ou moins), les petits et les grands attendaient avec impatience le Walt Disney de l'année. Mais ces dessins-animés ont fini par perdre de leur magie. C'est alors qu'ont débarqué les « Walt Disney New Generation », produits de l'imagination débridée de mecs en chemises hawaïennes, membres d'une drôle de secte cinématographique nommée Pixar. Après nous avoir offert des films de super-héros (mieux que Daredevil), de robots (mieux que Transformers), de voitures (mieux que Fast and Furious), de poissons (mieux que Le Monde du Silence), d'insectes (mieux que Microcosmos), de jouets prenant vie (mieux que Chucky), Pixar nous offre, avec Là-Haut, un film doux-amer, sur la vieillesse, la mort, le deuil... Que de bons thèmes bien déprimants ! Comment ça, déprimant ? Pas du tout ! Car Là-Haut est aussi un film d'aventures, dans lequel un petit papy aigri part réaliser le rêve de sa vie, embarquant involontairement un scout un peu encombrant et bavard, rencontrant un oiseau coloré assez bête qui justifie à lui seul l'expression « avoir une cervelle de piaf », croisant la route d'un chien qui parle mais pas spécialement futé... La gravité des thèmes abordés se retrouve alors mêlée à un humour réjouissant. Le film offre ainsi une séquence extraordinaire d'une dizaine de minutes, qui réussit à nous faire passer presque instantanément du rire aux larmes... Le reste du métrage n'est que pure réjouissance. Pixar, de nouveau porté par la grâce, réalise un nouveau chef-d'œuvre, un film porteur d'espoir, et qui donne envie de s'envoler dans une maison portée par des ballons colorés, à la recherche de nos rêves enfouis...
MIDNIGHT MEAT TRAIN Par Nicolas LEMALE
Dans le petit monde de la littérature d'horreur anglo-saxonne, Clive Barker est une légende vivante, l'égal en plus torturé du stakhanoviste Stephen King. Au cinéma, l'écrivain n'a toutefois pas eu la même chance : quelques adaptations ratées, trois films en tant que réalisateur pas épargnés par la censure... La résurgence, ces dernières années, d'un courant gore très premier degré et n'hésitant pas à en rajouter dans les sévices, a toutefois permis à l'univers très graphique du romancier d'intéresser à nouveau les financeurs. Une série d'adaptations a été lancée, dont ce Midnight Meat Train, qui transforme la nouvelle d'origine en pur "ride" horrifique. Brutal, sanglant (même si le liquide est ici numérique), pervertissant la notion de héros (d'abord témoin, puis acteur d'une ultra-violence qui le fascine), osant un dénouement 100% nihiliste, cette série B de luxe a été ballotée dans les festivals pendant deux ans, avant d'échouer dans les salles dans le désert du mois de juillet. Dommage : en termes de gore "sérieux", on n'a guère vu mieux cette année.
THE READER Par Lucie PEDROLA
Au 15 juillet 2009, le buzz autour du Liseur était déjà en marche depuis des mois. C'est la prestation de Kate Winslet, c'est cette pluie de récompenses, notamment aux Oscars et aux Golden Globes ; c'est aussi l'adaptation du succès littéraire de Bernhard Schlink par un autre artiste de talent, Stephen Daldry, réalisateur de Billy Elliot et The Hours. Même prévenu, on reste bluffé par la performance de l'actrice et assez chamboulé par cette histoire d'amour contraire aux mœurs sur fond de responsabilités meurtrières dans l'Allemagne post nazie. Certes. Mais Daldry fait tout de même preuve d'un classicisme assez creux dans l'adaptation de cette histoire indubitablement forte ! Le malheureux Joseph Fiennes est à peine visible alors que le jeune David Kross tente (en vain) de lui piquer la vedette, les questions morales soulevées par le magnifique professeur Bruno Ganz sont à peine esquissées et le bouleversement du héros suite au long procès de Hannah Schmitz est signifié par un passage express en visite d'un camp : Daldry filme ses pieds, opère un travelling entre les lits... Et voilà ! Sauf notre respect pour Mrs Winslet, un peu de lecture ne fait pas de mal.
L'AGE DE GLACE 3 Par Laurène GUILLAUME
Un véritable bol d'air ! Carlos Saldanha s'en adonne à cœur joie et ca se voit. Sid, Scrat, Manny, Ellie et compagnie sont de retour, plus en forme que jamais pour une troisième aventure les amenant dans l'univers des dinosaures. Une aventure humaine avant tout. D'autant plus émouvante lorsqu'un nouveau personnage fait son apparition Buck ! Véritable révélation du film, Buck est un pirate qui se révèle être, sous ses airs confiants, une petite fouine bien sympathique. Buck est également une pièce maitresse du film. Avec lui, les personnages retrouvent leur joie de vivre. Il est l'élément déclencheur. Bref, LE personnage de ce troisième volet. Les thèmes comme la maternité, la famille ou encore les amis sont traités dans la justesse sans lourdeur excessive. Comme ses prédécesseurs, L'Âge de Glace 3 fait sourire et nous donne quelques scènes cultes. Des scènes qui font désormais partie du panthéon des dessins animés. Ajoutons à cela des répliques bon enfant, drôles, émouvantes...Un film qu'il ne fallait surtout pas manquer cet été !
HARRY POTTER Par Anne-Louise ECHEVIN
Harry Potter, en littérature, est une saga qui devient de plus en plus sombre au fil des romans... Le mal se propage, grâce à une magie noire omniprésente. Alors comment expliquer que l'adaptation du sixième (et avant-dernier) livre des aventures de l'apprenti-sorcier se dirige plus vers une comédie romantique adolescente sur fond de magie, alors que c'était plutôt l'inverse (un film de magie sur fond de romantisme adolescent) qui était attendu ? A la sortie de la salle, le spectateur se pose ainsi plusieurs questions : pourquoi le film s'intitule-t-il « Harry Potter et le prince de sang mêlé », alors que l'on a plutôt eu l'impression d'assister à « Harry Potter & Friends à la découverte de l'amour » ? Et, nom d'un Moldu, où est passée la moitié du roman ???? Et pourquoi tous les événements émouvants et puissants ont été zappés au profit de passages comiques et secondaires ? Pourquoi J.K. Rowling a-t-elle accepté cette vision du roman dans le film ? Pourquoi ce gâchis ? Reste malgré tout quelques très bonnes séquences, comme la scène d'ouverture où les fidèles de Voldem... euh, Celui Dont on ne Doit Pas Prononcer le Nom... détruisent joyeusement Londres, et la scène assez enflammée dans la Caverne ... Mais ce n'est pas assez pour compenser toutes les autres faiblesses du film. La franchise Harry Potter semble bel et bien perdre de sa magie. De quoi sortir désenchanté de la salle de cinéma... Un comble !
ONG BAK 2 Par PitouWH.
Voilà bien un film contre lequel semblent se liguer tous les obstacles et qui, miraculeusement, s'en sort malgré tout. Fausse suite d'un gros succès, ce qui était déjà risqué, le film connut en plus une production compliquée durant laquelle son acteur promu réalisateur, Tony Jaa, finit par disparaître purement et simplement pendant quelques temps ! Et ce n'est pas tout puisque, distribution française assurée par Europa oblige, c'est à une version remontée que nous avons eu droit, n'en rendant que plus obscur un scénario déjà bien lâche. Et pourtant, en dépit de tout ça, le principal est là : les combats assurent sérieusement, les coups font très mal et Jaa -accompagné de son équipe de cascadeurs- repousse encore les limites de la prouesse physique. En attendant donc la version longue, nous saurons nous en contenter.

L'histoire : Boris a une vie de rêve : professeur de physique à Columbia, chercheur reconnu dans le monde entier, il est marié à Jessica, une femme brillante, be[…]
L'histoire : La saga mouvementée du légendaire gangster John Dillinger dont les exploits fascinèrent un pays ravagé par la Dépression et tout prêt à célébrer l'a[…]
