Que nous a réservé le mois de mai au cinéma ? Du bon et du moins bon... Star Trek par JJ Abrams et Anges et démons, la suite du Da Vinci Code. Souvenirs...

Par La Rédaction - publié le 14 décembre 2009 à 17h52
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De Star Trek par JJ Abrams à Etreintes brisées par Pedro Almodovar, en passant par MilleniumGood Morning England ou Jusqu'en enfer, les salles obscures ont livré quelques métrages à ne pas manquer en mai 2009. Récapitulons...

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STAR TREK Par Nicolas SCHIAVI
Peu y croyait, JJ Abrams l'a fait. La planète cinéma s'échine à parler de 2012, Avatar, G.I. Joe et Transformers 2. Mais le divertissement de l'année se déroule à bord de l'Enterprise, avec un équipage mythique qui attendait sa nouvelle heure de gloire. Beaucoup de trekkies, trekkers et trekistes ont crié au scandale. Il y a pourtant une chose qu'ils ne peuvent pas reprocher au créateur de Lost : avoir redoré le blason d'une licence moribonde et donné l'envie à de nouveaux spectateurs de découvrir l'univers Star Trek. Les qualités esthétiques et d'interprétation permettent à cette "Next Next Generation" d'en faire un spectacle de qualité bien supérieure aux derniers blockbusters sans âme.
 
MILLENIUM : LE FILM Par Anne-Louise ECHEVIN
Réussir à adapter Millenium au cinéma était un sacré défi. Principalement parce que le roman possède une violence quasi-insoutenable, même à l'écrit : entre assassinats, viols et tortures, Stieg Larsson n'y allait pas de main morte. Il semblait logique que la transposition à l'écran de ce roman suédois soit gérée par une équipe scandinave, ces pays du froid étant spécialistes des livres et des films très réalistes (le Dogme, quand même) mais aussi extrêmement durs dans leurs sujets (revoyez Festen ou les films de Lars Von Trier...). Et si le réalisateur (danois) ne tente à aucun moment d'édulcorer la violence de son film, il reste malgré tout dommage que sa mise en scène ne reste que très télévisuelle, manquant sacrément d'ampleur dans son réalisme sombre. Et, à ce moment là, on vient à se demander ce qu'un David Cronenberg aurait pu faire d'un tel sujet... Reste que la performance de l'actrice Noomi Rapace, qui hérite du rôle excessivement difficile de Lisbeth Salander, est impressionnante ! Elle porte littéralement le film sur ses épaules. Ses scènes de viol sont insoutenables et plongent le spectateur dans un malaise qui se ressent physiquement. Impressionnante durant tout le film, c'est surtout pour elle que l'on souhaite voir la suite de Millenium. Toutefois, au milieu de tous ces thrillers sages et aseptisés qui sortent actuellement (hors Cronenberg), Millenium détonne réellement, et mérite d'être connu et apprécié. N'oubliez jamais le cinéma scandinave, car c'est de lui que viennent les derniers grands films extrêmes, courageux et sans concessions.

 

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ANGES ET DEMONS Par Nicolas SCHIAVI
Ron Howard n'a pas le talent d'un John McTiernan dans la gestion formelle et narrative d'un temps réel. Il lui arrive de se perdre maladroitement dans un montage sans âme, comme s'il n'arrivait pas à retrouver son chemin dans un labyrinthe rythmique dont il serait le seul à avoir le tempo. Embêtant. La faute également aux miettes laissées à Ayelet Zurer ou Stellan Skarsgard, interprétant des personnages sacrifiés, presque mort-nés, tant ils vivent dans l'ombre des autres. On s'en passera, certes, mais le sentiment de gâchis est bel et bien présent. Anges et Démons n'est pas une œuvre qui ennuie. Elle lasse tout au plus, ne parvenant que temporairement à s'extraire d'un embouteillage scénaristique que certains jugeront épuisant. C'est beaucoup mieux que le Da Vinci Code de triste mémoire mais toujours pas suffisant.
 
LOOKING FOR ERIC Par Lucie PEDROLA
Onzième film de Ken Loach à ramener ses bobines à Cannes, Looking for Eric n'avait pas tellement l'allure de celui qui va remporter la Palme. En revanche, il a reçu le prix du jury œcuménique dont on connaît souvent le nom aux vagues consonances géographiques mais pas forcément la raison d'être. Ce prix, mis en place en 1974 par des catholiques et des protestants, vise à récompenser les qualités d'une œuvre porteuse d'un message. On pense que la clique de Radu Mihaleanu ne ciblait pas forcément l'ingurgitation de flots de Guiness mais plutôt la force morale et l'amitié. Oui, après les tortures sanguinolentes du palmé Le Vent se lève, après la fureur ouvrière de It's a free world, Ken Loach, toujours dans le mouvement de foule, toujours dans les strates sociales les moins reluisantes,  passe du côté de l'amour, de la fraternité, de l'éclat de rire. Et nous avec. Ces ingrédients présents dans quasiment tous ses films passent au premier plan. He's not a man, he's Ken Loach.
En dehors de la frénésie cannoise, dans la douceur de cette fin de printemps, plonger dans les vapeurs de bière, dans les embrassades amicales de copains bedonnants en pleine lecture d'un manuel de bien-être, plonger aussi dans tous les soucis d'Eric Bishop, le torse bien moins bombé que le Eric punaisé sur son mur, tout cela fut un plaisir dont on ressortait la larme à l'œil, l'impression qu'avec une bande de joyeux lurons aussi soudés qu'une bonne équipe de foot, tout devient possible...
 
JUSQU'EN ENFER Par Nicolas SCHIAVI
Entre deux épisodes de l'homme-araignée, on pourrait penser que cette magnifique série B sonne comme une récréation au goût de retour aux sources pour Sam Raimi. A vrai dire, on assiste surtout à un film d'épouvante époustouflant de vitalité et d'énergie dont on ressort groggy, ayant eu l'impression d'avoir enchaîné cinquante tours de grand huit dans une maison hantée. Le cinéaste ne force pourtant pas son talent et utilise tous les codes du genre avec efficacité mais aussi fainéantise. Malgré tout, on ne boudera pas son immense orgasme audiovisuel. Entre humour potache et apparitions sataniques, l'oeuvre interpelle l'un des plaisirs de plus en plus rares du spectateur : se faire peur en se faisant rire.

 

Jusqu'en enfer
 
GOOD MORNING ENGLAND Par Jean-Patrick DESPORTES
Pour son second long-métrage en tant que réalisateur, après Love Actually, son film-somme sur la comédie romantique dont il s'était fait un spécialiste (4 mariages et un enterrement, Notting Hill, les adaptations de Bridget Jones), Richard Curtis va parler d'un sujet peu traité au cinéma : les radios pirates dans les années 60 en Angleterre. Bénéficiant pourtant d'un excellent casting (Philip Seymour Hoffman, Bill Nighy, Rhys Ifans, Emma Thompson), d'une écriture similaire à ses autres films (film choral, humour détonnant), d'une bande originale à tomber et d'une réalisation très soignée, le film ne fut pas un grand succès public. Il a pourtant été soutenu en grande majorité par la presse française. Bourré d'humour, de personnages attachants, le film est vite vu comme le meilleur remède contre la morosité par le plus grand nombre de critiques dans nos contrées. En revanche dans son propre pays, Good Morning England (The Boat that Rocked en vo) a beaucoup plus divisé. Certains accusent Richard Curtis de faire trop long (le film dure 2h15) et de faire toujours la même chose (romance, humour décalé, personnages multiples). Pourtant dans notre pays, fidèle supporter de la politique des auteurs, on trouverait facilement que c'est une marque d'univers personnel et le stigmate d'une œuvre en devenir. Souhaitons au film de trouver son public grâce à la vidéo et à ses futures diffusions télé car dans la catégorie comédie, Good Morning England représente le haut du panier.
 
ETREINTES BRISEES Par Jean-Patrick DESPORTES
Habitué du festival de Cannes, Almodovar y était en compétition cette année avec Etreintes brisées. Et comme souvent, le cinéaste espagnol repartit bredouille. Prix du scénario en 2006 pour Volver (et de l'interprétation féminine pour son brillant casting), prix de la mise en scène en 1999 pour Tout sur ma mère... Il n'a jamais obtenu la palme d'or et pourtant son cinéma la mériterait amplement. Généralement le public le suivait beaucoup (Volver avait été vu par près de 2 millions de spectateurs) mais ici ce fut l'échec. Pourtant le film, très soutenu par la presse, est l'un de ses plus beaux. Allez comprendre. Peut-être est-ce dû au fait que le film soit plus complexe dans sa construction (on voit en premier lieu un réalisateur aveugle qui se souvient de son grand amour, une jeune femme arriviste qu'il dirigea dans un film qui sera un échec) ou que le sujet touche moins le public (mise en abyme sur le cinéma et la représentation) mais la qualité est pourtant là. Pénelope Cruz, Blanca Portillo, Lluis Homar sont tous trois parfaits dans cette histoire prenante comme un suspense, cruelle comme le portrait au vitriol d'un monde fait d'artifices et émouvante comme une histoire d'amour tragique. On pourrait se perdre dans les digressions du scénario, pourtant parfaitement huilé, qui nous amène dans plusieurs époques de la vie de ces personnages aux lourds secrets, mais non. On sort de la salle, éblouis par l'amour que Almodovar porte au septième Art (Tarantino et ses Inglourious Basterds ne sont pas loin), et émus par cette histoire forte et triste. Un grand film en devenir qui n'attend qu'une réévaluation de la part du public.
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