Notre rétrospective mensuelle sur les sorties ciné de l'année 2009 touche bientôt à sa fin, puisque le mois de novembre est aujourd'hui à l'honneur...

Par La Rédaction - publié le 22 décembre 2009 à 18h22
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Le nouveau film de Richard "Donnie Darko" Kelly, The Box, celui de Sam "American Beauty" Mendes, Away we go, ou encore Le Drôle de Noël de Scrooge, autant dire que le mois de novembre n'a pas à rougir de ses sorties ciné. Du gros blockbuster qui attire le foules, avec 2012, mais aussi de vrais plaisirs de cinéphile, avec L'Enfer de Clouzot, il y avait de quoi faire... 

 

 

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THE BOX Par Romain LE VERN
Richard Kelly avait besoin de se racheter une conduite après l'échec de Southland Tales, bulle pop qui prenait le pouls d'une époque paranoïaque entre politique bling-bling et porno chic. L'intrigue était construite à la manière dont sont décryptés les grands complots - ce qui prend en général plusieurs années pour les résoudre - et fourmillait de détails, d'enjeux, de promesses et d'intuitions, à tel point qu'elle pouvait facilement devenir absconse et décourager ceux qui voulaient tenter l'expérience. Le cinéaste revient avec The Box, présenté comme un film de commande, où il développe une nouvelle écrite par Richard Matheson. Une femme et son époux découvrent une mystérieuse boîte déposée un matin devant leur domicile par un homme énigmatique. Ce dernier révèle qu'en appuyant sur le bouton rouge de la boîte, ils recevront un million de dollars mais que cela entraînera la mort d'un inconnu. En réduisant la densité narrative, en évitant l'esbroufe et en se concentrant sur un cas de conscience, Richard Kelly revient vers un cinéma à l'ancienne : beau, complexe et compréhensible par tous. Dans Donnie Darko et Southland Tales qui s'intéressaient à une peur adolescente (la fin du monde), Richard Kelly auscultait les mystères de l'existence à travers des personnages qui avaient en eux une part mythologique sans nécessairement la soupçonner. Donnie Darko (Jake Gyllenhaal) était un super-héros et Jericho Cane (The Rock) arborait les stigmates du Christ. Ils avaient les moyens de modifier leur destin. Des accidents traumatiques étaient à l'origine de leur force et c'était précisément dans le malheur que l'action positive se réveillait. En dépit d'une tentative de science-fiction à la fois ésotérique et commerciale, The Box ne fait pas exception à la règle à travers un couple qui a la possibilité d'évoluer grâce à un événement extraordinaire. Une nouvelle fois, Kelly joue avec la perception du spectateur (s'agit-il du rêve, de la réalité ou du fantasme ?) comme dans un long épisode de La quatrième dimension. Il suffit d'avoir vu ses deux précédents longs métrages pour comprendre que la «faille temporelle» constitue une composante essentielle de son cinéma : Donnie Darko se déroule dans les années 80, Southland Tales dans un futur à l'imparfait et The Box dans les années 70. Ses films sont développés en fonction des sentiments qu'il éprouvait à ces différentes époques : le doute pour le premier, le cynisme pour le second et l'innocence pour le dernier.

 


 
AWAY WE GO Par Romain LE VERN
Dans Les Noces rebelles, son avant-dernier film, Sam Mendes rencontrait un roman formidable de Richard Yates, ressuscitait le couple du Titanic douze ans plus tard et montrait à travers ces retrouvailles la quête d'intensité de deux adultes érigeant l'anticonformisme en idéal sans jamais y accéder. Ce qui était passionnant, c'est qu'il traduisait Faces de John Cassavetes et Scènes de la vie conjugale de Ingmar Bergman avec une profondeur d'affect héritée du cinéma moderne des années 60 et une langue hollywoodienne classique. En comparaison, Away we go passe pour le pendant lumineux avec un couple moins glamour (John Krasinski et Maya Rudolph) mais plus soudé. A chaque nouveau long-métrage, Mendes revisite des genres différents (la satire dans American Beauty, le polar dans Les sentiers de la perdition, le film de guerre dans Jarhead, le drame domestique dans Les noces rebelles) pour traiter de thèmes récurrents depuis le début (les dysfonctionnements dans le couple, l'adolescence éternelle, le désastre des utopies et le rêve américain). C'est un exemple de la versatilité de ce cinéaste qui, en jouant les mêmes notes, est capable d'obtenir des effets très différents. Ici, on est dans le road-movie qui se situe quelque part entre l'indie folk et la chronique douce-amère, dans une veine récemment creusée par Alexander Payne (Sideways) et Kelly Reichardt (Old Joy).
 
2012 Par Nicolas LEMALE
Avec Le Jour d'après, le cinéaste allemand Roland Emmerich avait eu le nez creux, en réalisant quelques années avant la déferlante des documentaires écolo un film catastrophe à caractère alarmiste et quelque peu anticapitaliste - en gros, le réchauffement climatique provoque la chute de tous les pays industrialisés. Avec 2012, l'ami Roland revient à des préoccupations plus terre-à-terre, si l'on peut dire : l'apocalypse, en écran large, son Surround. Une "orgie de destruction numérique" qui se veut être un spectacle total. Vendu sur des séquences aussi surréalistes qu'impressionnantes, 2012 a logiquement raflé la mise au box-office, malgré sa longue durée (2h35 sans le générique). Un retour en grâce bienvenu pour Emmerich après la honte 10 000, même si ce blockbuster cultive les défauts de ses précédents films : scénario simpliste et boursouflé, soumis aux impératifs d'un spectacle grand public, acteurs en roue libre, clichés patriotiques, morale conservatrice et mise en scène tirant uniquement sa force de plans entièrement numériques, dus aux petits génies de Digital Domain.
 
L'IMAGINARIUM DU DOCTEUR PARNASSUS Par Nicolas SCHIAVI
Une déception à la hauteur des espérances qui vaut presque uniquement pour une scène bouleversante qui voit Heath Ledger revenir à la vie. L'instant le plus troublant du film où la réalité semble rejoindre la fiction, où les frontières entre les deux deviennent irrémédiablement poreuses. Le septième art se rappellera de cet instant magique où l'acteur ou plutôt son personnage Tony, pendu à un pont dans son habit blanc d'ange, est sauvé de la mort. Heath Ledger ressuscite. Un temps désarticulé comme une marionnette fébrile, amnésique, hagard, il reprend ses esprits, récupère sa gestuelle et sa voix. Un moment de cinéma unique en son genre où le pouvoir de l'Art redonne la vie pour quelques minutes sur pellicule.

 

Imaginarium du dr parnassus
 
L'ENFER (CLOUZOT) Par Romain LE VERN
L'enfer est un film maudit de Henri Georges Clouzot, compromis par des tensions pendant le tournage en 1964. Les conditions étaient pourtant idéales (aucune limite de budget, soutien de Columbia US, couple vedette Romy Schneider/Serge Reggiani), mais rien ne s'est déroulé comme prévu. Convaincu de tenir le chef-d'œuvre de sa vie, Clouzot s'est laissé envahir par son histoire, son humeur, son exigence et son souci de perfection. Il ne s'en est jamais remis. Ce que l'on voit de L'enfer semble possédé par cette fébrilité propre aux histoires d'amour passionnelles où un homme et une femme s'aiment au-delà du bien et du mal mais ne peuvent pas vivre ensemble pour des incompatibilités inexplicables. La manière dont Clouzot filme Schneider révèle à quel point il était fasciné par sa beauté. C'est lui l'amant qui s'introduit dans le couple comme un élément perturbateur et provoque la démence de Reggiani qui cède sous la pression et finit par planter le tournage en abandonnant Schneider/Clouzot. Cette absence démolit l'enjeu, aplanit la tension érotique. Quelques semaines plus tard, Clouzot fut frappé par un infarctus, comme si Reggiani s'était vengé en lui faisant payer cette rupture sentimentale. La fiction existe mais elle appartient pudiquement au réel.   
 
LE DROLE DE NOEL DE SCROOGE Par Jean-Patrick DESPORTES
Quel bonheur de voir l'un des plus grands réalisateurs de divertissement américain s'attaquer à une œuvre fondamentale de la littérature enfantine. Dickens avec son Chant de Noël a été revisité des dizaines de fois avec plus ou moins de bonheur mais Zemeckis, ayant déjà adapté avec talent un autre chef-d'œuvre de la littérature anglo-saxonne enfantine avec Le Pôle Express s'avérait être un choix très judicieux. Que certains n'aiment pas la performance capture (visages sublimes mais mouvements loin d'être très fluides) ne change rien à l'affaire : le bonhomme, cinéaste des rêves et cauchemars éveillés, passionné de nouvelles technologies et de nouvelles façons de raconter les histoires, est un réalisateur très doué et prouve avec cette version en 3D qu'il a relevé le défi de la plus belle façon. Angles impossibles à filmer en réel, magnifique reconstitution du Londres Victorien, direction d'acteurs parfaite vous feront redécouvrir cette histoire intemporelle et déchirante en cette période de fêtes et de rassemblement. Jim Carrey, après son explosive prestation dans Yes Man, prouve qu'il peut tout à fait être tour à tour inquiétant (comme dans Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire) et émouvant. Un grand film à partager en famille qui démarre bien au box office français. Zemeckis rules.
 
ZOMBIELAND Par Jean-Patrick DESPORTES
Shaun of the Dead avait réussi l'exploit de marier comédie romantique et film de zombie. Bienvenue à Zombieland se présente comme son cousin américain. On retrouve l'excellent Woody Harrelson en grande forme dans le rôle d'un tueur de zombies à l'agilité et à la bonhommie non feintes, sorte d'ado attardé débordant de vitalité.  Face à lui, les jeunes Jesse Eisenberg (Cursed, Adventureland), Abigail Breslin (Signes, Little Miss Sunshine) et la craquante Emma Stone (Supergrave) qui font aussi partie des derniers survivants. Cette joyeuse bande va alors traverser quelques contrées dévastées des Etats-Unis en se faisant plaisir (aller à Hollywood, tirer sur tout ce qui bouge...). Ne cherchez pas d'intelligence au scénario, il n'y en a pas, mais quel plaisir ! Quelle jubilation que ce film de pur divertissement aussi bien mis en scène qu'interprété. Réalisant un joli score au box office américain, on espère que cette chevauchée fantastique, hommage aux comédies Us des eighties, aura une suite assez rapidement.

 

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  • The Box

    L'histoire : Une femme et son époux découvrent une mystérieuse boîte déposée un matin devant leur domicile par un homme énigmatique. Ce dernier révèle qu'en appuya[…]

  • Away We Go

    L'histoire : Lorsque Burt et Verona apprennent qu'ils vont devenir parents, c'est la panique. Ils détestent la ville de province où ils habitent, et maintenant que[…]

  • 2012

    L'histoire : Les Mayas nous ont prévenus. Le 21 décembre 2012 marquera la fin du monde. Alors que les plaques tectoniques commencent à glisser et que la communau[…]

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