Cette semaine sort le nouveau film réalisé par Dany Boon, Rien à déclarer. A cette occasion, nous avons rencontré l'une de ses interprètes, la délicieuse Karin Viard.

Par Gilles BOTINEAU - publié le 29 janvier 2011 à 23h46 ,
MAJ le 31 janvier 2011 à 10h06 - 0 commentaire(s)

Mercredi prochain, vous pourrez découvrir le nouveau film écrit et réalisé par Dany Boon, Rien à déclarer Parmi ses interprètes, nous y retrouvons Karin Viard, toujours aussi délicieuse, avec laquelle nous avons eu la chance de nous entretenir.  

 

Rien à déclarer de Dany Boon

 

Ce film marque vos retrouvailles avec Dany Boon. Vous vous étiez rencontrés sur Le code a changé. Cette fois-ci, il vous dirige, aux côtés de Benoit Poelvoorde, François Damiens ou bien encore Laurent Gamelon. J'imagine que d'entrer au sein de cette « famille » fut l'une de vos principales motivations.
Oui, bien sûr. Dany est extrêmement séduisant. Et lorsqu'il m'a proposé le scénario, mais aussi ce personnage, extrêmement drôle, je ne pouvais pas dire non. Le projet était trop excitant, aussi de par sa distribution. Je trouve que Dany a fait de très bons choix.
 
Quel genre de metteur en scène est-il ?
Il est absolument lui-même. Il ne joue pas un "rôle". Il n'est pas dans des conventions. Il n'est pas dans une fonction. Il vous dirige à l'oreille. Il a un sens très aigu de la comédie. C'est un metteur en scène vraiment extraordinaire. Comme partenaire aussi. Il est inventif, créatif... Il a ce besoin constant de rebondir, de créer des incidents pour que ce soit vrai et sincère.
 
Vous retrouvez également Benoit Poelvoorde, votre partenaire des Randonneurs.
C'est l'une des joies de notre métier. On se perd de vue pendant des années et puis un jour on a cette chance de pouvoir se croiser à nouveau, le temps d'un film ou d'une pièce. Et Benoit fait partie de ces bons copains que l'on prend plaisir à revoir. Je l'adore.
 
François Damiens ne tarit pas d'éloge à votre sujet. Quels souvenirs garderez-vous de ce nouvel "époux" ?
Je ne le connaissais pas. Je l'ai rencontré pour la première fois sur ce tournage. Et on s'est magnifiquement entendu. Je trouve que notre duo fonctionne car il y a un véritable échange entre nous. Je le rends drôle et il me rend drôle. De plus, ce que j'aime chez lui, c'est son côté « effrayant », au bon sens du terme.  Il a un sens de l'improvisation particulièrement développé et moi j'adore ça. Vous être obligé de rester éveillé. Après, peu importe s'il est plus efficace ou amusant que moi. Il faut accepter la complémentarité. D'ailleurs, François est très sensible à ça. Il ne peut pas jouer avec un partenaire en retrait. C'est pour ça que ça marche. Il savait qu'avec moi il était autorisé à aller le plus loin possible, que je ne lui en tiendrai pas rigueur et que de toute façon je lui relancerai toujours la balle.

 

Rien à déclarer de Dany Boon


De tous les maris ou amants que vous avez eu à l'écran, François Damiens est-il, à l'heure actuelle, votre préféré ?
Oui, mais il y en a beaucoup d'autres... José Garcia, François Cluzet, Denis Podalydès... Je vais en oublier. Il y a aussi Gilles Lellouche avec qui je viens de terminer un film, Laurent Lucas... Pfff je pourrai vous en citer plein encore. Finalement, j'ai à mon actif un assez joli palmarès. Mais je n'oublie pas pour autant les filles. Là aussi, j'ai eu droit à de très belles rencontres...
 
Même si vous alternez, on vous voit beaucoup jouer la comédie. C'est un genre que vous affectionnez tout particulièrement ?
J'aime la différence. Je ne peux pas toujours jouer la même chose. Et si je me contentais simplement des comédies, je sais qu'au bout d'un moment j'en aurai marre. Je veux absolument varier les plaisirs. Après, je ne considère pas la comédie comme un genre mineur, bien au contraire. Et lorsque je reçois de bons scripts, comme celui-ci, je fonce. Si demain on m'en propose un autre, j'en ferai autant. C'est tellement plaisant de pouvoir faire rire...
 
Dans Le bal des actrices, vous interprétez votre propre rôle, avec, toutefois, l'envie d'une carrière américaine. Même s'il s'agit d'une caricature, avez-vous déjà eu des propositions en ce sens ? Ou est-ce un simple rêve ?
Non. Vous savez, je rêve à des choses réalisables. Une carrière américaine ? Déjà, je ne parle pas très bien anglais... Bien sûr, je pourrais travailler pour un rôle. Il n'y aurait pas de problème. Mais à mon âge, personne n'a besoin de moi. Tout le monde s'en fout, même, de ma personne en Amérique. J'en suis consciente de ça. Une carrière en France, cela me suffit amplement. Si j'y arrive, ce sera déjà pas si mal...

 Rien à déclarer de Dany Boon


Comment décrire le cinéma de Dany Boon, et plus particulièrement son nouveau film, Rien à déclarer ? Il diffère de toutes les autres comédies auxquelles vous avez participé jusqu'ici...
Je dirai que ce film a une spécificité très française, il est de tradition populaire. Dans le sens le plus noble du terme. C'est-à-dire un duo, une façon de se moquer de soi, une forme de fausse naïveté... Et puis, souvent, l'humour, étant donné la société dans laquelle on vit, égratigne. Il est même assez méchant voire cruel. Avec Dany, c'est le contraire. Il s'agit d'un humour qui rassemble. On est là pour se faire plaisir, et non pas pour se tirer dans les pattes. Bien sûr, il raconte aussi autre chose. Se servir d'un couple belge/français pour évoquer le racisme, je trouve ça très malin. On est autorisé à rire énormément car finalement il y a peu d'enjeu entre ces deux pays. Mais cela permet justement de traiter de sujets plus profonds, comme l'exclusion... Voilà, c'est ça aussi l'intelligence de Dany. Raconter des choses importantes sans pour autant prendre les gens en otage car il y a également beaucoup d'humour dans son développement. En tout cas, pour nous, comédiens, c'est un vrai bonheur de jouer ça. L'ambiance était telle qu'on avait l'impression d'être au sein d'une troupe, un peu comme au théâtre. On ne se souciait pas de l'importance de tel ou tel personnage, il y avait une réelle communion entre chaque. Et ça, ça ne se voit pas tous les jours.
 
Ce n'est pas trop déstabilisant de tourner sous la direction d'un metteur en scène capable d'attirer plus de vingt millions de spectateurs dans les salles ?
Moi, ça ne m'intéresse pas de penser à toutes ces choses. Quand on fait un film, on ne peut pas commencer à imaginer s'il aura du succès ou pas. On essaye d'amener le meilleur. Après, le résultat ne dépend pas seulement de nous mais aussi de plein d'autres choses. Par exemple, est-ce que les spectateurs auront envie de le découvrir à ce moment précis ? On ne peut pas tout mesurer... Le seul truc sur lequel on peut intervenir, c'est la qualité de notre travail. Et là-dessus, moi, je suis assez exigeante. Quel que soit le film. Après, le reste ne m'appartient pas.
 
L'envie de mettre en scène ne vous titillerait-elle pas un peu, à l'instar de nombreux confrères ?
Et bien non, pas du tout. En revanche, j'aimerai parfois diriger des comédiens. Il m'arrive de voir certaines scènes et de me dire « Tiens, ce serait pas mal s'il le jouait ainsi... ». Ça, ça m'intéresse. Mais sinon, je n'ai rien à raconter. Donc je m'abstiens.
 
Pour terminer, avez-vous quelque-chose à déclarer de vraiment très important et que nous n'aurions pas eu encore l'occasion d'évoquer ici ?
Non, rien. Rien à déclarer !
 
Propos recueillis par Gilles BOTINEAU
 
 


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