Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 22 novembre 2006 à 03h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h18 - 13 commentaire(s)
Le cinéma mondial est ce jour endeuillé après la perte de l’un des cinéastes les plus émérites des dernières décennies. En effet, à l’âge de 81 ans, Robert Altman s’est éteint.



Le réalisateur américain né le 20 février 1925 à Kansas City, est décédé hier soir dans un hôpital de Los Angeles sans que l’on en sache l’exacte cause. Cette disparition que nous apprend ce jour sa société de production, est plus qu’à déplorer et affectera le cinéphile et l’amateur.

En effet, Le réalisateur de Prêt-à-porter que l’Académie des Oscars avait honoré au Kodak Theatre de Los Angeles d’un Oscar d’honneur lors de sa précédente édition, restera indéniablement comme un auteur de talent. Susceptible de s’exprimer dans tous les genres et de parvenir à concilier qualité et indépendance sans que son cinéma ne soit confiné à une confidentialité trop restrictive, ainsi il sût parfaitement composer avec les studios sans toutefois altérer la porté cynique et souvent acide de ses métrages.



« La réalisation est la chance d'avoir plusieurs vies. »
Robert Altman

Celui qui disait ne rien inventer et montrer seulement ce qu’il voyait, restera comme un créateur exigeant, politique et sans conteste marquant. Membre des rares cinéastes récompensés par l’ensemble des grands festivals mondiaux du cinéma, il reçut notablement la Palme d'or en 1970 pour M.A.S.H. mais aussi l’Ours d'or du Meilleur film en 1976 pour Buffalo Bill et les Indiens avant de recevoir lors de la Mostra de Venise en 1993 le Lion d'or de Saint-Marc pour Short Cuts et une pluie d’autres récompenses pour Gosford Park en 2002.


Celui qui oeuvra autant au cinéma qu’à la télévision, ne fit jamais le choix de se restreindre à une forme particulière, ainsi le verra-t-on s’exercer indifféremment à la fiction et au genre documentaire. S’essayant à tous les cinémas possibles, du western aux films d’époque en costumes en passant par la comédie ou les chroniques satiriques et socialement mordantes, Robert Altman nous laisse donc une œuvre riche et composée de nombre de métrages à la qualité indéniable.



Si l’on oubliera son Docteur T et les femmes et d’autres de ses films moins réussis afin de s’affranchir de la tâche délicate qu’implique une célébration aveugle de l’ensemble de ses oeuvres, on retiendra tout de même que celui qui fut le collaborateur d’Alfred Hitchcock à ses débuts, reste toutefois un cinéaste méritoire et talentueux. Auteur inoubliable de MASH, comédie politique sur la Guerre du Vietnam devenue un classique du regard critique que peut offrir le cinéma sur le monde, il marqua son époque et le cinéma de son temps. Mais de lui, on retiendra également parmi ses films les plus récents, son thriller The Player réalisé en 1992 dans le milieu trouble du cinéma ainsi mis en abîme, ou encore l’excellent Gosford Park en 2002, le film de son retour au premier plan.

Ses derniers métrages de cinéma demeureront donc The Company sorti en 2004, film racontant au travers de l’interprétation de Neve Campbell, l’histoire d’une jeune ballerine en proie à la réussite et à ses errances et surtout The Last Show, métrage qui doit sortir le 6 décembre prochain dans nos salles.



Le cinéma est donc en deuil ce soir et les célébrations ne manqueront pas de nous rappeler l’importance dans le cinéma contemporain de Robert Altman. Si les films du maître américain sont disponibles en DVD pour nous faire prendre conscience du grand talent que nous venons de perdre, sachez qu’Opening sortira un coffret DVD de ses œuvres en février 2007, coffret qui hélas viendra souligner à nouveau le vide qu’il laisse.
Vos réactions


logAudience