Par - publié le 02 novembre 2004 à 04h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h11 - 9 commentaire(s)
Cela commence à faire un bout de temps qu’un petit buzz circule autour du phénomène Saw, thriller d'épouvante de James Wan, en train de ravir tous les fantasticophiles de la planète. Sorti en Angleterre le mois dernier, sorti ce week-end aux Etats-Unis et prévu pour sortir peut-être un jour en France. Derrière la distribution française se trouve Metropolitan, preneur de risque lorsqu'il s'agit d'un Cypher , sorti en France et toujours inédit aux USA où il a été pourtant produit, ou encore récemment Cabin Fever, deux ans plus tard certes, mais gardant également certains autres films bien terrés dans sa cave (House of the Dead – on les comprend remarquez – ou House of 1000 Corpses de Rob Zombie). Quel sera le sort de Saw ? Si des rumeurs annonçaient qu'il resterait encore inédit chez nous quelque temps, son joli score au box-office ce week-end d'Halloween aux USA (17M$) risque de ...


SAW de James Wan

Mais si Metropolitan prend représente le haut du panier, cela commence à faire trop longtemps que les distributeurs semblent se contrefoutre des petites bombes fantastiques qui surgissent d’un peu partout, les diffusant en France discrètement deux ans après leur sortie au cinéma ou en DVD aux Etats-Unis. On a connu précisément ce même phénomène avec May de Lucky Mc Kee, descente aux enfers terrible d’une demoiselle complexée et névrosée, sublimée par l’empathie du réalisateur et la puissance de l’actrice Angela Bettis. Après le succès du film à travers les festivals du monde entier, les distributeurs Français ne se sont décidés qu’au dernier moment de sortir l’objet en salles, sur un nombre de copies extrêmement limité bien entendu. Heureusement le DVD vient toujours de temps en temps sauver la mise, ce dernier titre connaissant actuellement une sortie plus qu'honorable (cf test).


Malgré une sortie discrète au cinéma, MAY peut s'estimer privilégié sur d'autres titres, tel SHAUN OF THE DEAD, direct to video. Pourtant ces titres ne déméritent pas.

Des cas comme celui-ci sont légions. Par exemple, Dead End, l’impeccable thriller fantastique des deux français Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa, qui commence avec un pitch plutôt banal (une famille perdue sur une route sans fin qui voit chacun de ses membres disparaître un à un), suscite l’angoisse et le rire, et s’achève avec une pirouette inattendue digne de celle d’Identity (de James Mangold). La qualité est de mise mais le film ne connaîtra même pas les honneurs d’une sortie en salles (direct-to-dvd le 21 février 2005 chez StudioCanal Vidéo, cf planning) alors que, clairement, il la mérite plus que tout plein d’autres produits mollement calibrés qui nivellent par le bas (on peut ici penser à toutes ses énièmes comédies franco-françaises qui ressemblent plus à des clips ou à des longs sketchs pas drôles qu’à de vrais films). Ne parlons même pas du cas de Shaun of the dead (de Edgar Wright), hilarante parodie de Zombie dans lequel tout amateur du genre trouve son compte tant le film pullule de détails précis et de gags clefs en main : il sortira directement en DVD chez Studio Canal le 7 février 2005 (cf planning aussi).

Inutile de dire que la même ombre fataliste plane sur ce Saw, pourtant nanti d’un excellent bouche-à-oreille au dernier festival de Sundance et au marché du film à Cannes cette année.




Quitte à élargir le cercle des films honteusement inédits dans nos salles, on prédit le même destin à Mindhunters de Renny Harlin (une épatante histoire de profilers post-Identity invraisemblable et roublarde qui s’affiche sans honte comme l’un des meilleurs films du réalisateur), et surtout au pauvre Session 9 de Brad Anderson, malicieuse relecture de la maison hantée – ici un entrepôt désaffecté – où la psychologie des personnages passe avant tout rebondissement, toujours inédit chez nous alors que The Machinist, le second film du réalisateur, est prévu pour début 2005.


SAW de James Wan

SO SAW…

Revenons sur Saw dont le synopsis, mélange en apparence de Cube et Battle Royale, est à la fois simple et excitant : deux hommes se réveillent enchaînés au mur d'une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l'un doit absolument tuer l'autre, sinon dans moins de huit heures, ils seront exécutés tous les deux. Série B anémique pour inonder les supermarchés ? Heureusement non. Saw a des ambitions plus nobles : faire un amalgame de tout ce qui a déjà été fait, une sorte de thriller qui court-circuite les lieux communs d’un genre ultra balisé. Et il semble y parvenir : tous les échos sont excellents. Avec une montagne d’effets chocs et bien cradingues, une prédilection pour les excès gore, des personnages torturés comme il faut, et surtout une intrigue tendue conclue par un dénouement atroce (on parle de quelque chose d’apparemment hallucinant), Saw – que certains qualifient de nouveau Se7en – pourrait bien constituer une immense réussite dans un registre usuellement chiche en bonnes surprises. Question : quand aurons-nous la chance de découvrir ce mystérieux objet bien maléfique ? Réponse : sans doute en DVD zone 1 mais probablement jamais sur nos écrans français. Misons sur une sélection du film – et une récompense, si possible – au prochain festival de Gérardmer pour combler les attentes des plus impatients. Nos yeux sont tournés vers Metropolitan !


Danny Glover dans SAW de James Wan

SAW
Bande-Annonce Haute Déf
Bande-Annonce Moyenne Déf
Bande-Annonce Petite Déf
>Bande-annonce non-censurée
>3 Extraits
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