Après le brûlot
Sexe, Mensonges et Hollywood, portrait au vitriole du cinéma indépendant américain et notamment de la firme Miramax, c’est maintenant au grand studio Disney de subir une attaque en règle. Une attaque faite, non pas par un journaliste cette fois, mais par celui qui était le réalisateur le plus bankable de la firme : M Night Shyamalan (
Sixième sens,
Incassable,
Signes,
Le Village).
En effet, dans le livre
The Man who heard voices (l’homme qui entendait des voix) qui sortira en juillet aux Etats-Unis, le célèbre metteur en scène dénonce les méthodes employées par Disney lors de la production de son dernier film
Lady in the water, conte de fée fantastique. Des conditions de travail si houleuses qu’elles l’amèneront à rompre son contrat avec la firme aux grandes oreilles pour rejoindre finalement un autre grand studio : Warner.
The Man who heard voices permet au réalisateur de régler ses comptes avec les pontes de Disney. M Night Shyamalan dénonce l’argent roi et l’interférence incessante des cadres de Disney dans son processus de création. Les quelques extraits publiés dans la presse américaine sont éloquents. Une scène décrit un dîner tendu entre le metteur en scène et une cadre de Disney : Nina Jacobson. Une cadre avec laquelle Shyamalan avait travaillé étroitement pour ses précédents films. Lors de ce dîner donc, Nina Jacobson aurait violemment rejeté le script de
Lady in the water après quelques minutes de lecture seulement annonçant sèchement à Shyamalan : "Je n’achète pas. Je ne comprends pas. Ca ne marche pas !". A la suite de ce dîner, Shyamalan aurait fondu en larmes, des larmes d’incompréhension et de colère. Le choc de ce rejet fut tel que Shyamalan fut, selon ses dires, longtemps hanté par l’image de Jacobson. Aujourd’hui, le réalisateur a pris conscience que : "Elle ne voulait plus de réalisateurs iconoclastes. Elle voulait des réalisateurs rentables".
Néanmoins, la coïncidence de la sortie de ce livre coup de poing avec la sortie du film
Lady in the water en juillet laisse penser à une habile stratégie marketing. Shyamalan a toutefois rompu avec l’omerta sur les conflits entre créatifs et exécutifs à Hollywood. D’autres polémiques jusqu’ici silencieuses pourraient éclater au grand jour.
Source : Los Angeles Times.