Showtime vient d’annoncer que sa mini-série
Sleeper Cell aura une saison 2, probablement diffusé cet été. La première saison ayant connu un succès d’estime plus que d’audience, Showtime semble donc choisir la voie de la qualité plus que de l’audimat. La petite chaîne câblée lorgne donc de plus en plus vers la stratégie de FX, qui a su se construire un nom au côté de HBO dans le cœur des sérievores, grâce à une programmation audacieuse et réussi. Cette annonce nous offre donc logiquement l’occasion de revenir brièvement sur la première saison, petite pépite de l’été dernier.
Al-hakim Darwyn est un agent fédéral de Los Angeles infiltrer dans une cellule dormante terroriste islamique. Farik réveille la cellule pour organiser un attentat à Los Angeles, Darwyn devient donc la seule source d’information du FBI sur cette menace.Sleeper Cell est typiquement le show que tout le monde s’est empressé de vilipender lors de l’annonce de sa production, pour ensuite mettre tout le monde d’accord grâce à son traitement réaliste, froid et sans concession du terrorisme. On est à mille lieux des aventures de Jack Bauer et de ses scénarii tortueux et invraisemblable, Sleeper Cell prend le pari audacieux de construire une structure documentaire et donc ultra réaliste sur la préparation d’un attentat terroriste. Autopsie habile de mécanismes caricaturés à l’extrême dans les médias actuels, le show nous offre des personnages fouillés, complexes et possédant une épaisseur unique sur ce sujet jusqu’à maintenant.

Ainsi un peu comme Over there (FX), Sleeper Cell a su tirer d’un sujet casse gueule, ultra référentiel et caricatural, un constat édifiant d’une certaine forme de terrorisme. Retranscrivant avec courage l’impuissance des services de renseignement (même si la fin convenu restait prévisible et n’entache que peu l’appréciation final), et de l’autre la détermination dogmatique de personnages désincarnées et finalement pétri de doutes et de certitudes. Bref un show plutôt brillant et surtout un résultat diablement surprenant en rapport avec son sujet.
Showtime a donc préféré écouter le succès critique plus que les financiers et tenter ainsi de se construire une image forte grâce à des Show audacieux et risqués, comme HBO et FX l’ont fait avant elle. On ne peut donc que l’encourager et attendre le retour de Al-hakim Darwyn comme peut-être le futur anti-Jack Bauer.