Sony Pictures Animation vient de battre tous ses propres records en quelques semaines... Leur nouvelle production,
Tempête de boulettes géantes, est ainsi devenu leur plus gros succès au box-office américain et semble suivre une carrière internationale somme toute assez prometteuse. La sortie, accompagnée d’une grosse campagne de pub et d’une mise en valeur des projections en 3D dans les salles équipées, s’est en effet soldée par une première place au Top 10 et un total de 30 millions de dollars de recettes en première semaine. Un succès mérité pour cette excellente comédie qui n’est autre que l’adaptation d’un ouvrage culte à travers le monde, sorti en France en 1981 sous le titre
Il pleut des hamburgers... A l’occasion de la sortie française du dernier né de Sony Animation, voici tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce studio en plein essor.
Des débuts prometteursLes studios d’animation Sony ont fait leurs premières armes il y a quelques années avec une production Zemeckis/Spielberg, réalisée par Gil Kenan,
Monster House... Un film d’épouvante pour enfants à mi-chemin entre
Gremlins et l’univers de Hayao Miyazaki qui avait conquis une bonne partie de la presse et du public. Sony avait frappé fort en proposant une alternative à la fois diablement divertissante et matûre aux productions à succès des studios Pixar, Dreamworks ou Fox mais les résultats au box-office n’étant pas ceux attendus, les dirigeants de Sony Animation durent mettre un léger frein à leurs ambitions d’autant que le travail du studio ne fut pas immédiatement reconnu, le film étant sorti sous l’étendard Imagemovers/Amblin. Néanmoins, cette premièr expérience fut plus que positive et poussa les studios à se lancer dans la production de projets de grande envergure. Mené par une équipe motivée et bien décidée à faire concurrence aux plus gros, c’est alors au tour des
Rebelles de la forêt de se mettre sur les rails. Il s’agit officiellement du premier film des studios, réalisé par Roger Allers (metteur en scène du
Roil Lion des studios Disney) et Jill Culton (scénariste sur
Monstres et Cie), l’histoire folle d’animaux de la forêt qui prennent la décision de s’unir en armée pour combattre les chasseurs. Entre le bois de quat’sous et Tex Avery, ce gros délire visuel emprunte au cartooniste américain une folie douce qui, comme un virus, se propage chez le spectateur et nous fait largement apprécier cette première oeuvre des studios Sony. Le succès, surtout public, est au rendez-vous...
Une suite, uniquement destinée à une sortie direct-to-dvd (mais qui ne connaîtra pas le sort de
Toy Story 2 !), sera même réalisée pour répondre à une forte demande des spectateurs. Reprenant la recette infaillible du casting vocal quatre étoiles, celui des
Rebelles de la forêt se compose de
Martin Lawrence,
Ashton Kutcher,
Gary Sinise, Debra Messing et Jon Favreau et permet au film de rentrer dans ses frais sur sa simple exploitation américaine... tandis qu’il fera près de 115 millions de dollars de recettes à l’international. Une jolie rafle pour une mise de départ de 85 millions de dollars... les studios se portent bien et réussissent l’épreuve du premier film.
Le vrai départ des studios se fait donc lorsque le second long-métrage reçoit son feu vert. Produit parallèlement à
Happy Feet mais dans une optique totalement différente,
les Rois de la glisse est visuellement épatant, constamment inquiet du rendu réaliste des scènes aquatiques et de la fluidité de l’action. Spectaculaire à bien des égards, le film est aussi une réussite scénaristique en s’inscrivant dans un schéma certes classique mais se permettant toutes sortes de détours assez farfelus. Nous ne sommes pas aux ambitions folles de Pixar qui parient à chaque fois sur des choix osés mais bien plus proche d’un Dreamworks en mode mineur, avec un peu moins d’humour potache et un peu plus de caractère. Le film est nommé à l’Oscar du meilleur film d’animation... Et c’est en outsider de premier choix que le film récoltera nominations et prix dans divers festivals. Les studios se taillent une réputation inattendue et ne souffrent pas de la comparaison avec leurs aînés...
Confiants, ils se lancent alors dans l’adaptation sur grand écran d’un livre pour enfants en utilisant pour la toute première fosi un logiciel de rendu graphique propre aux studios. Sorti en 1981 en France sous le titre
Il pleut des hamburgers dans la collection Ecole des loisirs, le roman graphique de Judi et et Ron Barrett avait rencontré un succès incroyable à travers le monde... Mis en scène par Phil Lord (la série MTV
Clone High) et Chris Miller (scénariste sur la trilogie
Shrek), le film raconte l'histoire de Flint Lockwood, un ingénieur un peu loufoque qui essaye de trouver des solutions pour vaincre la faim dans le monde. Mais l'une de ses inventions va provoquer une pluie soudaine de nourriture et déclencher des catastrophes à l'échelle mondiale... Le film est un concentré d’humour digne des cartoons les plus dingues de Tex Avery. Absolument jouissif et franchement drôle,
Tempête de boulettes géantes est une comédie boostée par le talent de comédiens comme Anna Faris, James Caan, Mr.T ou Bruce Campbell et semble être les premiers pas d’une voie encore plus décomplexée pour les studios Sony qui se spécialisent alors dans la comédie quasi-surréaliste. On peut donc se demander ce que pourra bien nous réserver leurs prochains crus que sont le très attendu long-métrage des schtroumpfs et
Hôtel Transylvania, un projet de longue date désormais en production.
Car oui, les schtroumpfs de Peyo seront enfin sur grand écran ! Depuis quelques années, les studios Nickelodeon planchaient en effet sur l'animation en 3D de ces petits lutins bleus hauts comme trois pommes et sont désormais assistés par Sony depuis plusieurs mois. Le film devrait allier prises de vue réelles et animation pour un résultat similiare au
Dinosaure des studios Disney... A l'heure actuelle, nous ne savons toujours pas si le projet s'appuiera sur un album existant (
La flûte à six schtroumpfs comme il avait été annoncé un temps) ou si le scénario sera totalement original. J.David Stem et David Weiss négocient auprès des studios pour pouvoir en écrire le script. Auteurs des deux derniers épisodes de la saga
Shrek, ils ont donc une certaine connaissance des mondes enchantées et féériques. Tant qu'ils respectent l'univers d'origine... Le film sera réalisé par Raja Gosnell, un yes-man à qui l’on doit un certain nombre de très mauvaises comédies américaines. John Lithgow et Julia Sweeney devraient également faire partie du casting vocal de cette production attendue qui devait, à l'origine, se diviser en trois longs-métrages.
Enfin, Jill Culton, réalisatrice des
Rebelles de la forêt et animatrice sur
Toy Story,
1001 pattes et
Monstres et Cie sera à la barre d’
Hôtel Transylvania... Le projet, lancé il y a plus de deux ans, est actuellement en stade final d'écriture pour une sortie prévue fin 2011.
Hôtel Transylvania racontera les aventures de Simon Van Helsing, le dernier héritier de la lignée, tombé amoureux de la fille de Dracula, Mavis. Découvrant qu'ils sont des ennemis héréditaires, le couple maudit tentera d'apporter la paix entre les humains et les vampires. Alors que le pitch de départ se concentrait sur une réunion de monstres dans un hotêl de Transylvanie, il semblerait que le film se soit tourné vers un récit plus romantique à la lisière d'un
Roméo et Juliette fantastico-comique.
En attendant de découvrir ces nouveaux univers sur grand écran, allez faire un tour dans vos salles obscures (3D ou pas 3D) pour vous délecter d’un bon repas bien copieux avec le dernier né des studios Sony. Vous allez voir, c’est de la boulette...