Marre des gentils vampires édentés de Twilight ? Que diriez-vous d'un road-movie apocalyptico-épique et carnassier ? Bienvenue dans Stake Land, là où les vampires n'ont qu'une tentation : vous mettre en pièces !

Par PitouWH - publié le 16 décembre 2009 à 15h10
0 commentaire(s)

Dans le futur, le territoire des Etats-Unis a été ravagé par une catastrophe indéterminée ayant fait fuir la population des grandes villes. Pire encore, les survivants ont constaté l'apparition d'un nouveau virus transformant les leurs en créatures assoiffées de sang, n'en rendant leur perpétuel combat pour la survie que plus difficile encore. Un petit groupe d'humains décide alors de rejoindre coûte que coûte la frontière canadienne, loin de la "terre des pieux", et embarque pour un long voyage où l'horreur ne cessera de croiser leur chemin... A la lecture de ce synopsis ambitieux (mais aussi plutôt classique), vous pensez que Stake Land est le nouveau blockbuster post-apocalypse que s'apprête à lâcher Hollywood dans nos salles ? Détrompez-vous, il s'agit en fait d'une toute petite production indépendante, avec un budget aussi large qu'un string de stripteaseuse. Faut-il alors s'attendre à une improbable série Z aux forts relents de pur nanar ? Rien de moins sûr...

 

Photo Stake Land de Jim Mickle


 
Car, derrière la caméra de ce film, nous retrouvons Jim Mickle. Un nom encore inconnu du grand public mais dont les fans de cinoche horrifique ont pu entendre parler, le jeune réalisateur ayant livré un Mulberry Street sorti il y a quelques mois chez nous en DVD. Déjà une histoire de mutation due à une pandémie inconnue, les personnes mordues par des rats y évoluant en rongeurs monstrueux et cannibales, mais sérieusement fauchée comme les blés. Qu'importe, Mickle y fait montre d'un joli talent pour contourner ce problème en jouant sur la suggestion, nous éprouvant avec le siège que tiennent dans un appartement une bande de non-infectés tandis qu'une des leurs essaye de les rejoindre. Un traitement malin et une réalisation efficace qui le placèrent donc immédiatement dans la liste des cinéastes à suivre, son aptitude à tirer le meilleur de conditions difficiles pouvant aboutir à quelques surprises. Néanmoins, avec le bien plus ambitieux Stake Land, il n'était plus envisageable de se contenter d'un simple appartement et Mickle dût donc trouver les partenaires qui l'aideraient à concrétiser cette nouvelle folie.
 
Il ne pouvait alors mieux tomber car son projet rejoint l'escarcelle de Glass Eye Pix (I Sell the Dead, The House of the Devil), une petite société de production passionnée du genre et prête à aider pour de bon ses réalisateurs, sans exercer de pression sur eux. Mais cette collaboration n'est pas le fruit du hasard car l'acteur/réalisateur/producteur Larry Fessenden, propriétaire de la compagnie, avait déjà fait une petite apparition dans le précédent effort de Mickle et tenait particulièrement à re-travailler avec lui. "Je voulais bosser avec Jim Mickle depuis que j'ai vu ses courts-métrages, il y a quelques années. Mon enthousiasme pour son approche du genre a encore grandi avec Mulberry Street et donc, quand j'ai passé un accord pour plusieurs longs-métrages avec le distributeur Dark Sky Films, il était sur la petite liste de réalisateurs que je voulais. Je suis sûr qu'avec celui-là, il va gagner des légions de fans". Une confiance aveugle dans ses poulains qui réussit plutôt bien à Fessenden, lui ayant permis entre autres de révéler au monde le très bon Ti West, et il en faut quand on a des collaborateurs avec pareilles velléités. Ainsi, pour Mickle, la chose est claire : il s'agit avec Stake Land "de faire pour les suceurs de sang ce que 'Mulberry' avait fait pour les zombies, c'est à dire les réinventer dans un contexte urbain et cradingue". 

 

Photo Stake Land de Jim Mickle


Durant août et septembre de cette année, entre New York et la Pennsylvanie, la réalisateur s'est donc immergé dans le tournage pour remplir son objectif, accompagné d'un casting légèrement moins anonyme que lors de son premier métrage. Ainsi, même s'il retrouve Nick Damici pour lui confier le rôle du leader badass des survivants, il s'adjoint en plus les services du jeune Connor Paolo (Gossip Girl) pour interpréter son protégé et de Michael Cerveris, qui campait un inquiétant Mr Tiny dans L'Assitant du vampire. Mais ce sont les rôles féminins qui tirent leur épingle du jeu avec pour commencer la présence de la craquante Danielle Harris, qui a par quatre fois affronté Michael Myers (volets 4 et 5 et les deux de Rob Zombie) et semble désormais plus qu'enthousiaste de botter le cul aux vampires. "C'est comme une espèce d'antithèse de tous les films de vampires que j'ai pu voir. C'est méchant, c'est sale, c'est réaliste et l'histoire s'étale sur toute une année. En fait, on pourrait le définir comme une sorte de road-movie vampirico-post-apocalyptique". Convaincue par ses critiques positives, la jeune actrice jeta un oeil à Mulberry Street et voulut absolument participer au prochain film de son réalisateur. En revanche, il fallut courtiser la comédienne pour l'autre rôle féminin principal puisque c'est vers Kelly McGillis que se tourne Mickle. Oui, la copine de Tom Cruise dans Top Gun, qui accepte donc l'invitation et endosse les loques de "Sister", une religieuse traversant une crise de foi et rejoignant le groupe des survivants au cours de leur odyssée. Un rôle que l'on nous promet comme "unique et intense" et qui vaudra toujours mieux que sa participation au mal-fichu téléfilm Supergator, l'une de ses dernières apparitions.
 
Attendu pour une sortie américaine courant 2010, Stake Land possède alors tous les atouts pour devenir une de ces bonnes petites claques cinématographiques qui font du bien par là où elles passent. Et la preuve qu'un budget conséquent ne fait pas tout, vous la trouverez -si besoin est- dans le premier teaser du film, qui ne dévoile presque rien mais nous plonge déjà dans une sacrée ambiance. Vous verrez, ça fait son petit effet et promet beaucoup pour la suite !


Vos réactions


logAudience