Il plane comme un vent de folie dans le ciel Hollywoodien à l'heure où le cinéma d'action n'en fini plus de se mordre la queue. Entre ceux qui vont piocher leurs idées chez le voisin, et les autres qui tentent désespérément de dénicher le nouveau Bruce Willis, les producteurs ne semblent plus se soucier de ce qui peut faire frémir un public résolument blasé. Elles sont bien loin les années 80, période où Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone se tiraient dans les pattes pour mieux attirer les faveurs des spectateurs sans cesse ravis devant un hallucinant déferlement d'hormones. Les champions du box-office ont inventés à leur façon le cinéma bourrin et on ne peut que les en remercier.
Le retour D'Arny ?Une guéguerre dans les files d'attentes qui n'a jamais empêché une franche camaraderie entre les deux hommes dans la vie qu'ils n'ont jamais dissimulés, bien au-delà de la franchise Planet Hollywood, seule véritable entreprise commune. Les indices ? Nous les retrouverons dans leurs carrières respectives le long desquelles chacun n'a jamais hésité à jouer avec sa propre image, mais aussi avec celle de l'autre. "J'ai épousé Rambo !" s'insurgeait Jamie Lee Curtis dans
True Lies après avoir vu son Arnold de mari désosser quelques terroristes. Un
Rambo qui en prenait également pour son grade dans
Tango et Cash, considéré comme une tapette par Tango, bien évidemment interprété par Stallone.
Last Action Hero
Demolition Man
Demolition Man On ne compte plus alors les très chouettes clins d'œil de Stallone, encore, déjà effaré par la présidence de Schwarzenegger dans
Demolition Man en 1993 après que ce dernier n'ai pas hésité à dire dans
Last Action Hero que le meilleur film de Sly était
Terminator 2, mais aussi dans
Jumeaux où Arnold comparait (en souriant) ses abdos avec ceux de Sly sur l'affiche de
Rambo 3.
Autant de petits chassés croisés entre les deux comédiens qui, loin de l'image de crétins qu'on a bien voulu leur offrir, ont au contraire parfaitement saisi la dualité permettant à chacun de relancer la carrière de l'autre et inversement.
Dès lors Sly et Schwarzy, c'était un peu comme Delon et Belmondo et personne ne peu nier s'être un jour demander pourquoi les deux n'ont jamais fait un film ensemble, un improbable
Borsalino en quelque sorte. Un projet qui n'a jamais vu le jour pour un nombre incalculable de raisons que l'on peut comprendre même s'il avait été grandement question lors de la sortie de
Rambo 3 que le comédien autrichien soit pressenti pour interpréter le grand méchant russe. En revanche, et de triste mémoire, Delon et Bebel se sont retrouvé il y a quelques années seulement dans
Une Chance sur deux de Patrice Leconte dans une histoire d'ego mal placé à l'écran permettant à chacun de se refaire une jeunesse, mais surtout pour réaliser ce qu'on appelle un rêve de cinéphile. Ce rêve, il en est enfin question de l'autre côté de l'atlantique dans un même ordre d'esprit.
Alors oui, voilà sans doute une bonne quinzaine d'années qu'on espérait entendre ce genre de chose mais Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone vont faire équipe dans un seul et unique film d'action. Plus alléchant qu'un
Rocky 6, Rambo 4, ou
Terminator 78, les deux papys du cinéma body-buildé vont laisser de côté cette sempiternelle rivalité pour mieux s'entre aider à reconquérir le cœur des spectateurs main dans la main avec
Brutal Deluxe. Joie, nécessairement (ou alors vous êtes dénué du moindre sentiment) mais il faudra néanmoins patienter un peu le temps que l'un finisse de mettre en chantier les nouvelles aventures de John Rambo, mais surtout que l'autre mette un terme à une carrière politique qui ne fait plus illusion, et dont les chances de réélections sont pratiquement nulles.
Sans réellement savoir si
Brutal Deluxe servira à chacun des deux de porte de sortie ou de génial come-back, il n'en demeure pas moins que le film est à partir de cette seconde même le plus attendu des années à venir (NDLR/ là Arnaud, tu parles en ton nom !). Le plus difficile ? Patienter…