Alors que
Mission Alcatraz sort en Blu-Ray et fait figure de première édition française de l’un des films de la star dans ce format, Dvdrama a décidé de combler un manque certain dans ces portraits en approchant un peu plus le parcours de l’un des champions du film bis, l’inégalable Steven Seagal! Retour sur le parcours incroyable de l’un des acteurs les plus sous estimés du cinéma.

Difficile d’appréhender un acteur tel que Steven Seagal en gardant son sérieux tant la vision de l’un de ses films peut sembler périlleuse si on est point affranchi au rudiment de son cinéma et déjà acquis à la cause du gros bourrin du film d’action. En effet, cet acteur est avant tout connu pour ses films aux tendances ultra violentes et véritablement sans concessions, à la gratuité d’exception et à l’anti-héroïsme flagrant. Malgré tout, il serait dommage de ne pas se pencher sur une carrière aux allures surprenantes et aux péripéties improbables qui mériteraient à elles seules, la biopic de l’acteur. Steven Seagal est donc né à Lansing, capitale du Michigan, le 10 avril 1951. Suivant ses parents dans la petite ville de Fullertown, il commença à s’exercer aux arts martiaux dès l’age de trois ans et ce dans l’école de Fumio Demura qui lui apprit les rudiments du shito-ryu et de l’aïkido, le jeune Steven faisant de réels progrès de jour en jour et se voyant bientôt proposé l’enseignement de Rod Kobayashi, président de la fédération d’aïkido des États de l’Ouest. Alors qu’il est tout jeune adolescent, Seagal obtient sa quatrième dan de karaté et commence à se faire connaître dans le milieu: on fait appel à lui pour faire des démonstrations pour la prestigieuse école Demura et il est même obligé de déménager en Californie. Suivant des études à l’université de Buena Park, il continue tout de même les entrainements et devient septième dan, ce qui lui permet de se lancer dans un nouvel art martial, le Shin shin Toitsu Aïkido. En 1971, il quitte les Etats-Unis pour aller se faire connaître comme combattant au Japon où il rencontrera de grands maîtres zen et bouddhistes qui amélioreront sa formation. En 1975, il épouse Miyako Fujitani et reçoit comme dote le dojo de son beau-père mais aussi un nouveau titre, celui de Take Shigemichi. Restant près de dix sept ans au pays du soleil levant, il perfectionnera ses techniques, apprenant de nouveaux arts et de nouvelles techniques et l’asseyant comme un adversaire et un maître valeureux.

Durant cette période passée au japon, très peu d’informations circulent puisque le futur acteur culte aurait eu une vie mouvementée voir même dangereuse. Actif dans la lutte pour le Tibet libre, taupe pour la CIA, protecteur pour les opposants au régime chinois, Seagal ne fera que très peu de déclarations sur sa vie avant sa carrière d’actionner. Sa femme lui donne deux enfants mais il divorce en 1987. Décidant de rentrer au pays, il contacte l’un de ses élèves américains, Craig Dunn, avec qui il avait monté un dojo à Taos, au Nouveau Mexique. Malheureusement, celui-ci refuse et Seagal s’associe avec Haruo Matsuka pour en ouvrir un nouveau consacré au aïkido et situé dans la banlieue de Los Angeles à Burbank. Plus tard, il en ouvre un second, le Ten Shin Dojo, en plein West Hollywood et où il officiera en tant qu’entraîneur de star comme Sean Connery ou encore Toshiro Mifune (
Les sept samouraïs, Le château de l’araignée…) qu’il avait déjà rencontré plus tôt sur le tournage de The Challenge avec Scott Glenn. Ami de Mifune et de Connery, il devient coordinateur des cascades sur des films comme
Jamais plus Jamais et profite de son premier pas dans le milieu pour devenir garde du corps de célébrités mais aussi de personnalités comme Reagan. Alors qu’il s’occupe de la protection de l’agent des stars Michael Ovitz, celui-ci lui propose de lui produire un film plus ou moins inspiré de quelques uns des déboires qu’il avait connu lorsqu’il fricotait vaguement avec la mafia italienne.
Nico marquera la première collaboration de Seagal avec Andrew Davis et le posera quasiment instantanément son statut de star. Le style violent et résolument nerveux de Seagal fait des émules dans les rangs des amateurs d’action qui voient en lui une alternative aux actionners softs que sont Stallone ou Schwarzenegger. L’acteur va alors commencer une longue carrière hollywoodienne dont les maîtres mots seront expéditif et sans concession.
Enchaînant les rôles d’une violence rare, Steven Seagal va se voir offrir une pléiade de films tous à sa gloire et dont l’unique but est de faire un film d’action brut de décoffrage dans lequel l’acteur pourra faire des démonstrations de ses techniques acquises lors de ses formations. Abandonnant son dojo pour s’impliquer totalement dans le domaine du divertissement, l’acteur va alors être de plus en plus sous les feux des projecteurs avec des films tels que
Échec et Mort en 1990,
Désigné pour Mourir la même année,
Justice Sauvage en 1991 et enfin
Piège en Haute Mer en 1992 qui marquera son apogée. Cartonnant au box-office, Seagal commence à perdre son self control au fur et à mesure que sa cote monte et qu’il est reconnaissable. Bientôt persuadé que ses anciens ennemis veulent sa peau, il entre dans une phase de paranoïa intense et perd complètement les pédales. Réalisant en 1994 son
Terrain Miné, un film à tendance écolo, il s’affirme comme acteur au grand cœur, image totalement aux antipodes de celle qu’il incarne dans ses films précédents.
Piège à grande vitesse (en 1996) n’étant pas à la hauteur des espérances commerciales, les budgets qui lui sont alloués sont amoindris, ce qui pousse le karatéka à s’auto-produire. Tentant toujours de se renouveler en insufflant un peu de légèreté dans ses films, il ne parviendra tout de même pas à se rehausser au niveau de popularité qui l’avait fait connaître. Surtout qu’il devient de plus en plus mégalo et qu’il enchaîne les propos affligeants.
Faisant pourtant preuve d’autodérision, il accepte de se faire dessouder en 1996 dès les premières minutes de l’
Ultime Décision aux cotés de Kurt Russell mais hélas le public n’est pas au rendez-vous. L’ombre Blanche la même année appuiera le fait que Seagal est, à l’instar de son rival JCVD avec qui il se chamaille sans cesse lors de soirées trop arrosées, has-been et qu’il n’a peut être plus sa place dans le système commercial. Malgré tout, il s’obstine et signe pour des films pas toujours à la hauteurs de ce qu’il faisait avant:
Menace Toxique en 1997,
Piège à Haut Risque l’année d’après. En 2000, il est à la tête du sympathique
Hors Limites mais enchaîne directement avec le nanar
Explosion Imminente. Les films s’accumulent, toujours un peu plus mauvais (
L’affaire Van Haken et
Un aller pour l’enfer en 2003...) éclipsant des essais amusants comme
Mission Alcatraz. Hélas le public décroche de plus en plus, surtout que ses films atterrissent directement dans les vidéoclubs.
En 2004, il tente un véritable come-back en sortant successivement deux films -
Clementine et
Hors de Portée- et un disque de musique country, révélant ainsi ses talents de musiciens. La rumeur voulant qu’il doit énormément d’argent à la mafia, celui qui serait le tulku, la réincarnation du grand Lama tibétain, se lance dans une série de mauvais films censés lui apporter les fonds nécessaires pour rembourser ses créanciers: en 2005, il tourne dans Into the Sun -dont il est le scénariste-,
Piège en Eaux Profondes,
Double Riposte et Black Dawn - Derniers Recours-, films dans lesquels il finit par se parodier et se caricaturer. De plus en plus tracassé par les relances, il fuit en Europe de l’est pour tourner d’autres nanars, des gardes du corps le protégeant et une arme étant en permanence sur lui. Seagal continuera d’augmenter la liste de rôles terribles à son palmarès dans des œuvres telles que
Mercenary,
Vol d’enfer ou encore
Attack Force en 2006 mais également
Urban Justice et
Jeu Fatal en 2007. A l’heure qu’il est Steven Seagal tourne toujours…