La télévision a fait de lui une star (L'Enfer du devoir, Demain à la une, Friday Night Lights) et le cinéma reconnaît depuis peu son immense talent. Après King Kong, Kyle Chandler est de retour face à un monstre mais cette fois en père blessé et shérif d'une petite ville dans Super 8. Un rôle à la mesure de cet acteur au charme paternel et à la voix de crooner. Interview.
Propos recueillis et traduits par Nicolas SCHIAVI
Vous avez joué dans King Kong, Le Jour où la terre s'arrêta et maintenant Super 8. Etes-vous particulièrement attaché au fantastique et à la science-fiction ?
Kyle Chandler) Je suis attaché au fait de travailler ! Je me sens simplement chanceux de bosser avec des réalisateurs comme JJ Abrams. Associé à Steven Spileberg, cela fait une très bonne combinaison. Faire King Kong avec Peter Jackson fut formidable. Tous ces artistes ont plusieurs choses en commun : ils sont tous extrêmement à l'écoute. Il en fallait beaucoup pour Super 8 avec tous ces jeunes acteurs.
En parlant de ces jeunes acteurs et de Joel Courtney en particulier (son fils dans le film, ndlr) , comment avez-vous travaillé avec eux, sachant que pour la plupart, Super 8 était leur premier film ?
KC) Dans Super 8, mon fils et moi ne sommes pas proches. Mon personnage fait le deuil de sa femme qu'il vient de perdre. Mon fils fait celui d'une mère et il se sent perdu. Cela étant dit, quand vous êtes sur un plateau de tournage avec de jeunes gens qui arrivent à Hollywood pour faire un long-métrage, il faut faire attention. Je ne sais pas combien de pesonnes leur ont dit : "Attention, c'est un énorme blockbuster, un film très important..." J'ai essayé de ne pas interférer avec leur propre processus, celui qu'ils devaient apprendre par eux-mêmes. J'ai laissé JJ Abrams les faire grandir sur le tournage. Sur Friday Night Lights, je faisais quelque chose de très simple lorsque qu"un nouvel acteur arrivait. Je tapais à la porte de sa caravane pour le saluer et lui demander s'il avait des idées, des suggestions... Pour Super 8, l'histoire est différente mais ce sentiment était présent sur le plateau. "Tu as une idée ? Parles en !" Certaines ont d'ailleurs été utilisées...
Au début du film, votre personnage est totalement immergé dans son travail. Il ne pense qu'à ça. Pensez-vous que c'est sa façon de faire son deuil ?
KC) A un moment du film, il est à un virage où il doit accepter les évènements. On doit tous le faire à un moment ou à un autre. La scène où je suis en voiture avec celui qui est en partie responsable de la mort de ma femme est cruciale. Il est immergé dans son travail mais il lui reste son fils. Il comprend que recréer un lien avec lui permettra d'accepter la disparition de la femme qu'il a aimé. Tous deux doivent tourner la page et se reconstruire ensemble. La séquence dont je vous parle est importante car il fait un choix à ce moment là...
Au final, quel a été le plus gros défi à relever ?
KC) Le plus difficile n'a rien à voir avec le tournage. C'est le fait d'être éloigné de ma famille. En tant qu'acteur, cela me pose toujours problème.
JJ Abrams est un directeur d'acteurs visiblement très apprécié...
KC) C'est très ennuyeux de travailler avec lui. Il n'y pas de cris, pas de tensions, pas d'égo. C'est une collaboration d'artistes et de gens travaillant ensemble. Il y a beaucoup d'humanité. La performance des jeunes acteurs de Super 8 est incroyable. JJ est un créateur. Le développement de ses personnages et la façon dont ils ont de grandir est exceptionnel. Vous ne vous sentez pas floués car ils sont il y a de l'honnêteté dans l'écriture. C'est le noyau de ce film. Le reste n'est qu'aventure et divertissement.

