Il est parfois de ces séries dont la popularité et la précieuse réussite tient principalement dans la peinture parfois iconique, parfois touchante et réaliste d'un personnage central autour duquel tout évolue.
The Closer, nouvelle série policière diffusée l'année dernière sur France 3 et dont la première saison nous arrive ce mois-ci en DVD est de celles-ci.
Car même si le ton de la série, sobre, posé et sans esbroufes, fait fortement contraste avec la ribambelle de séries scientifiques qui pullulent sur les ondes hertziennes ces dernières années, c'est surtout la personnalité de Brenda Leigh Johnson qui fait toute l'originalité et le charme de ce petit bijou télévisuel. Officier formée à la CIA, elle est parachutée de Atlanta à Los Angeles pour mener une section spéciale créée pour régler en urgence des affaires sensibles touchant d'importantes personnalités. Elle est brillante, n'hésite jamais à sortir des sentiers battus pour fouiller, décortiquer, analyser, puis finalement acculer les coupables et les pousser à avouer d'eux-mêmes leurs crimes et leurs bas instincts. Les scénaristes ne ratent ainsi jamais leur coup quand il s'agit de faire tourner le spectateur en bourrique, de lui dévoiler une résolution d'intrigue bluffante et essayer de résoudre l'énigme avant que celle-ci ne soit résolue est un jeu où l'on perd toujours, pour notre plus grand plaisir.

Mais encore une fois, c'est surtout la personnalité de Brenda Leigh, avec ses sourires en coin, sa maladresse ou sa timidité lorsqu'il s'agit de sa famille ou de ses affaires de coeur qui font qu'on est rapidement conquis par ces trop courtes saisons. Sa manière de dire merci à chaque fois qu'elle demande quelque chose, son accent totalement craquant de fille du sud (en Vo s'il vous plait), son attendrissement pour un gros chat débile et fainéant laissé par le précédent locataire de son appartement, son sens de l'orientation inexistant ainsi que la tentation constante de consommer des aliments sucrés pour seul repas... Tant de détails récurrents, si humains, toujours drôles et complices qui, comme des pochettes surprises, nous attendent à chaque coin de scène. Cela est d'autant plus frappant et rafraîchissant que l'ensemble marque un contraste net avec le ton des enquêtes, souvent dur et sombre, reflet d'un humanité parfois désenchantée et perdue, capable des pires atrocités (le classicisme de la réalisation et les partitions musicales sont à ce titre, exemplaires).

De même, les rapports qu'elle entretient avec ses collègues ne manquent pas de piquant. Ainsi, en arrivant directement à la place de chef de police et envoyant aux oubliettes l'avancement de policiers déjà sur place, elle part déjà du mauvais pied et se met à dos la totalité de ses futurs collègues qui demandent une mutation avant même de l'avoir rencontrée. Venue remplir ces fonctions à la demande du chef Pope, un ancien ami de la CIA dont elle fut la maîtresse à une époque, elle a tout quitté pour assumer ce rôle, vendu sa maison et même refusé un avancement au FBI. Elle se voit donc forcée de s'imposer et de se faire respecter parmi eux. Entre les avances sous jacentes de Pope, les piques du capitaine Taylor qui voit son avancement lui passer sous le nez et qui parasite les enquêtes, la partie n'est pas gagnée d'avance.
Cependant, malgré leurs réticences, les collègues de Brenda et plus particulièrement de l'équipe mise à sa disposition, font preuve d'un professionnalisme sans faille, même s'ils traînent les pieds. On citera pour exemple le lieutenant détective Provenza, magnifiquement interprété par G.W. Baley qui interprétait le capitaine Harris dans les
Police Academy : jamais à court d'une blague foireuse, d'un avis républicain d'un autre âge ou d'un vocabulaire d'une beauferie sans nom ("Un séminaire de sensibilité pour avoir dit le mot gouine ? Encore ? C'est pas comme ça qu'on dit alors ?"), il campe un personnage haut en couleurs dont on attend les interventions avec trépignement.
Evidement, le personnage de Brenda Leigh ne serait pas aussi convaincant sans l'extraordinaire performance de Kyra Sedgwick. Née le 19 Août 1965 à New York et actrice depuis ses 16 ans, c'est à elle que l'on doit tout le charme de Brenda. Compagne de Kevin Bacon à la ville, elle est une actrice accomplie dont le talent et l'étendue du jeu ne sont plus à démontrer. De
Né un 4 juillet où elle est apparue aux cotés de Tom Cruise, au fabuleux
Personal Velocity encore inédit chez nous, en passant par
Phénomène aux cotés de John Travolta, Kyra à un parcours hors du commun que nombre d'actrices lui envieraient. C'est donc avec mérite qu'elle fut nommée de nombreuses fois en tant que meilleure actrice, titre qu'elle emporta aux Golden Globes, aux Saturn Awards (cérémonie de reconnaissance par les journalistes) ainsi qu'aux Gracie Allen Awards (qui récompensent les peintures réalistes de femmes à l'écran), le tout pour son rôle dans cette série.
Alors si vous ne connaissez pas encore
The Closer : Enquêtes prioritaires, Brenda Leigh et sa bouille inimitable, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
The Closer – Saison 1 : sortie le 18 Avril 2007 (disponible)
The Closer – Saison 2 : sortie le 29 Juillet 2007