Non, The Green Hornet n'est ni l'adaptation d'un comic, ni d'une série télé ! Le super-héros est d'abord issu d'une émission radiophonique, à qui ses créateurs Georges W. Trendle et Fran Striker, aussi papas du Lone Ranger, donnèrent une voix de 1936 à 1952. Mais si le personnage fait des apparitions dans divers médias (en comics, et même au cinéma dans deux sérials des années 40), c'est bien la série des années 60 qui est son incarnation la plus populaire aujourd'hui. Pourtant, lorsque le show est lancé en 1966 grâce au succès de Batman, c'est loin d'être un triomphe et il est annulé au bout d'une petite saison. C'est uniquement à la mort de Bruce Lee en 1973 que la série devient culte, notamment grâce à un film montant des scènes avec Kato, le personnage qu'incarne l'icône. Lorsque Seth Rogen et Michel Gondry reprennent le personnage, ils se mesurent alors surtout à la série des années 60. Leur vision est-elle à la hauteur de celle-ci ?
Une piqure de rappel de la série
Contant les aventures de Britt Reid, patron du quotidien de Los Angeles le Daily Sentinel le jour et super-héros le Frelon vert la nuit, la série retient surtout l'attention du spectateur de 2011 grâce à deux choses : sa musique et Bruce Lee. Gondry ne manque pas de rendre hommage à ces deux éléments incontournables : il reprend le célèbre thème frénétiquement jazzy de Al Hirt (popularisé à nouveau depuis que DJ Tarantino l'a recyclé dans Kill Bill) à la fin du film, et glisse une brève allusion à Bruce Lee, que Jay Chou, le Kato 2011, dessine dans son carnet de croquis.
Voilà surtout la manière dont le film se réfère à la série : en en reprenant les grandes lignes mythologiques (on retrouve ainsi les célèbres masques et costumes de justiciers, ou le fameux véhicule : l'indestructible Black Beauty), ou à travers quelques clins d'œil. Clairement comique là où la série est d'un sérieux parfois un peu guindé, The Green Hornet s'amuse ainsi à détourner des références aux matériaux antérieurs à des fins humoristiques. Seth Rogen reprend par exemple l'accroche du show (« un autre chalenge pour le Frelon vert, et son acolyte Kato ») pour vanner son ami (« un autre chalenge pour le Frelon vert, et son sidekick sans nom »). D'autres blagues, en apparence grossières, sont plus subtiles lorsque l'on considère l'origine du personnage. Lorsque Kato dit venir de Shanghai et que Britt lui répond qu'il adore le Japon, la boutade rappelle ainsi, outre la crétinerie du personnage, que Kato fut japonais pour la radio, avant d'être nationalisé chinois par la télévision (il fut même Philippin après les bombardements de Pearl Harbor).
The Black (Edwards) Beauty
La grosse différence entre le film et la série est ainsi leur genre : Le Frelon vert était une série de super-héros très classique, The Green Hornet est une comédie matinée de film d'action super-héroïque. C'est même plus au Cato de La Panthère rose qu'à Bruce Lee que l'on pense lorsqu'il commence à se battre avec Britt, cassant tout sur leur passage comme l'inspecteur Clouseau avec son serviteur chinois dans les films de Blake Edwards. Malgré cet esprit très différent, le film ne trahit pas la série, et va jusqu'à mettre en scène des situations identiques. De Britt Reid qui doit être tué par le Frelon vert (épisode 5) au coup de la blessure par balle à l'épaule camouflé en attentat contre Reid (épisode 21), l'amateur de la série retrouvera dans le film des scènes qu'il connait bien ! L'identité du méchant du film correspond aussi aux ambitions de la création de Georges W. Trendle et Fran Striker, qui voulaient stigmatiser la corruption et le banditisme en costumes respectables.
Ce n'est certes pas très sérieux dans le film, mais l'est-ce vraiment dans la série ? Car il faut avouer que son côté pince sans rire fait gentiment sourire aujourd'hui, sans atteindre les délires pop du Batman de la même période. En se réappropriant le personnage, Seth Rogen (scénariste du film et acteur qui fait oublier le bien fade Van Williams) et Michel Gondry donne l'impression de signer une relecture rigolarde, écrite en regardant la série d'origine une bière à la main. Cet esprit bon enfant fait le charme du film, et ce nouveau chalenge pour le Green Hornet est donc réussi haut la main !
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L'histoire : Britt Reid est un playboy richissime dont la vie prend enfin un sens lorsqu'il hérite du Daily Sentinel, un journal que tenait son père et se faisant […]
