Star du cinéma asiatique, Michelle Yeoh s'impose dans un tout autre registre en incarnant Aung San Suu Kyi dans le nouveau film de Luc Besson, The Lady. Passionnée par la pacifiste birmane, Michelle Yeoh est à l'origine de ce projet d'adaptation de la vie d'Aung San Suu Kyi, qu'elle incarne parfaitement à l'écran.
Propos recueillis et traduits par Amélie ERMENAULT
D'après Luc Besson, Aung San Suu Kyi est une veritable icône pour vous...
Je suis définitivement très inspirée par Aung San Suu Kyi. D'une manière générale, elle symbolise l'espoir pour de nombreuses personnes, surtout en Asie. Quand j'ai eu le script entre les mains, j'ai tout de suite su que personne d'autre que moi ne pourrait jouer mon héroïne.
Au-delà de la ressemblance physique, qu'avez-vous en commun avec Aung San Suu Kyi ?
Au début, je n'ai pas du tout réalisé que je pouvais lui ressembler. D'ailleurs, je ne pense pas vraiment lui ressembler, parce qu'Aung San Suu Kyi est tellement sublime. Mais les stylistes, coiffeurs et maquilleurs ont joué un rôle capital dans ma transformation. J'ai aussi perdu 5 kilos après avoir rencontré Kim, le fils d'Aung San Suu Kyi qui m'avait fait remarquer que sa mère était beaucoup plus mince que moi !
En dehors de ces transformations, comment vous êtes-vous préparée pour le rôle ?
Incarner un rôle comme celui-ci demande forcément de la préparation. J'ai fait énormément de recherches sur Aung San Suu Kyi, j'ai lu des quantités de livres ou d'articles qui parlaient d'elle. Et sur les dernières années, comme il était plus difficile d'avoir des informations la concernant puisqu'elle était assignée à résidence, je me suis vraiment intéressée à l'histoire d'amour qui la liait à son mari.
Pourquoi avoir privilégié l'histoire d'amour plutôt que le combat politique d'Aung San Suu Kyi ?
Le but d'un film comme The Lady n'est pas forcément d'amener les gens à réaliser la situation politique qui existe dans un pays, ça, la télé le fait tous les jours. Pour faire un film dramatique, qui fait voyager le spectateur, il faut de l'amour, c'est quelque chose d'universel.
Pourquoi avez-vous confié la réalisation de The Lady à Luc Besson ?
J'ai été sa plus grande fan depuis Le Grand Bleu ! J'avais une confiance absolue en sa vision de cette histoire d'amour entre Aung San Suu Kyi et Michael Aris. Et puis, comme pour beaucoup de gens, c'était pour lui un moyen de découvrir tout un pan de la vie d'Aung San Suu Kyi qu'il n'avaitpas imaginé.
Comprenez-vous les sacrifices qu'Aung San Suu Kyi a du faire dans sa vie ?
Après avoir passé quelques temps dans sa peau, j'ai réussi à la comprendre oui. Et j'arrive même à la croire lorsqu'elle dit elle-même qu'elle n'a jamais considéré tout ça comme un sacrifice. Elle a fait des choix. Avec son mari, ils savaient dans quoi ils s'engageaient et à quel prix elle devrait payer sa liberté. En réalité, il n'y a pas tant de différence que ça par rapport à un soldat qui part en guerre en laissant sa famille derrière lui. Aung San Suu Kyi était la mère de deux enfants, elle est devenue la mère d'une nation toute entière.
Ce rôle a-t-il changé votre vie ?
Je suis peut-être une meilleure personne que je ne l'étais depuis ce rôle. Enfin je l'espère ! Et j'espère surtout qu'il continuera à m'inspirer et à m'enrichir. Aung San Suu Kyi fait partie de ces rôles que j'ai envie de garder avec moi.

