Avec Thor, Kenneth Branagh est aux commandes d'une mythologie qui a réunit des millions de fans en plusieurs décennies. Rien qui ne lui fasse peur.

Par - publié le 27 avril 2011 à 08h00 ,
MAJ le 27 avril 2011 à 11h03 - 2 commentaire(s)

Bien sûr, Kenneth Branagh est plus connu pour ces adaptations cinématographiques des oeuvres de William Shakespeare. Le voir aux commandes d'un des plus gros blockbusters américains de l'année lui a permis de retrouver ses thématiques fétiches en s'appuyant sur un casting ad hoc et une direction artistique de grande envergure. Avec le poids de son expérience et ses talents de directeur d'acteurs, Kenneth Branagh est le nouveau Dieu d'Asgard.

La 3D a-t-elle eu une influence majeure sur votre mise en scène ?

Kenneth Branagh) Oui, tout à fait. Nous voulions immerger le public dans cette expérience. Cela a affecté les scènes d'action et les mouvements de caméra. Nous ne voulions pas d'une 3D qui heurte l'oeil. Nous avons donc tourné en 3D avant de convertir les effets numériques avec une société française. Nous avons tenté d'adoucir la profondeur de champ pour que l'image ne saute pas aux yeux des spectateurs. Nous voulions que Thor échappe aux marteaux volant en direction du public ou ce genre d'effets. Nous avons pensé en 3D dans tous les plans que nous avons tourné.

 

Pouvez-vous nous parler de votre travail avec le compositeur Patrick Doyle ?

KB) Nous nous connaissons depuis 1987 et il a écrit la musique de mon premier film, Henri V. Lorsque nous enregistrions la partition de Thor en studio, je lui ai demandé s'il faisait toujours la même musique et s'il pensait que je faisais toujours le même film. Nous voilà, en train de réaliser Thor, plus de vingt ans après notre rencontre : le Dieu d'Asgard nous fait beaucoup penser au jeune roi Henry V qui doit lui aussi apprendre l'humilité. Il apprend à travers le sacrifice, la perte de ses amis et de son pouvoir pour devenir le roi qu'il devrait être. Nous ne faisons pas le même film mais nous nous intéressons aux mêmes thèmes. Patrick a été passionné par le sujet, surtout par la relation entre le père et le fils. Son prore fils allait quitter la maison et il y a un thème émotionnellement fort pour eux.

Comment avez-vous géré les scènes d'action et l'aspect spectaculaire de Thor ?

KB) Je vais une nouvelle fois me référer à Henry V. A l'époque, j'avais discuté avec le réalisateur de la deuxième équipe, Vic Armstrong. Il a  fait plusieurs films James Bond et a réalisé les cascades des longs-métrages de Steven Spielberg. C'est le roi dans le métier. C'est lui qui m'a aidé lors des scènes d'action, des storyboards aux répétitions avec les figurants. Et ce, depuis le premier jour. Nous avons anticipé ensemble les mouvements possibles, les effets spéciaux numériques. La première séquence qui se déroule sur le planète de glace avec les géants a été filmée comme dans Henry V. Nous voulions propulser les personnages au sein même de l'action en évitant de faire trop de plans aériens comme dans Le Seigneur des Anneaux. Nous voulions créer le sentiment de panique, d'urgence et de laideur.

 

Quel est le principal défi quand il s'agit de réaliser un film dont l'histoire est déjà connue par des millions de fans ?

KB) C'est un gros challenge mais ceci m'est familier grâce à William Shakespeare. Quand vous adaptez Shakespeare, vous savez que votre film va être vu par des puristes qui ont leur propre opinion et leurs propres envies sur ces personnages qu'ils connaissent bien. Pour Thor, je n'avais jamais rencontré des gens aussi attentifs et connaisseurs des histoires. Nous avons fait très attention de ne pas trahir leur passion. Le défi consiste à faire de cette histoire la vôtre. Il faut écouter les fans sans être trop influencé par eux. Thor est un film et il doit être différent des comics. On doit faire ce saut. Comme le dit Polonius dans Hamlet : "Donne à tous ton oreille ; à tres peu ta voix. Prend l'avis de chacun, mais réserve le tien." Vous devez écouter puis suivre votre instinct.

 

Chris Hemsworth fait un très bon travail dans la peau de Thor...

KB) Nous avions besoin d'un acteur, pas seulement d'un physique. Chris est intervenu très tôt dans le projet et nous avons parlé de ce que nous souhaitions pour le rôle. Tout de suite, nous avons trouvé qu'il pouvait très bien jouer l'arrogance et que d'un autre côté, il pouvait être drôle. L'humour était crucial. Pour moi, Chris Hemsworth est un star née. Il a un véritable don. Le premier jour, j'ai demandé au producteur Kevin Feige ce dont il voulait qu'on discute. Il m'a répondu le casting de Thor : c'est la seule chose qui importe.

 

Propos recueillis et traduits par Nicolas SCHIAVI.

Remerciements à Audrey Layris-Vergès.


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