Avoir un bon copain, c'est essentiel. Mais à l'instar d'un vrai couple, certaines de ces "relations" peuvent parfois battre de l'aile, et ce, quelle qu'en soit la raison. Le Septième Art a toujours raffolé de ces histoires de potes, souvent terribles, accentuant alors la drôlerie, la tendresse ou même la cruauté propre à une situation aussi complexe et finalement connue de tous. Cette semaine, à l'occasion de la sortie en salles du premier film réalisé par Julien Rambaldi, Les Meilleurs amis du monde, voici un Top 10 de ces fâcheries, parmi les plus célèbres du cinéma.
- 1. Les Bronzés / Les Bronzés font du ski / Les Bronzés 3, amis pour la vie
Ou comment de simples vacances entre copains partent en live total ! Mauvaises blagues, cocufiages, désaccords quelconques... Tout y passe. En 1974, date de sortie du premier opus, l'équipe du Splendid réalise ses vrais débuts au cinéma. Leur pièce cartonne au théâtre, mais leurs visages demeurent encore bien peu familiers du grand public. A tel point que le producteur de l'époque, Yves Rousset Rouard, envisagea de remplacer le casting initial par des noms hautement plus célèbres, à l'image de Jean Rochefort ou Jean-Pierre Marielle par exemple ! Finalement, les auteurs conservent leurs rôles d'origine, et le film se tourne sous la direction d'un Patrice Leconte encore tout jeunot, lequel sort d'un bide terrible, Les vécés étaient fermés de l'intérieur, avec Coluche et le même Rochefort. Rencontrant un joli succès d'estime, Les Bronzés donne d'abord lieu à une première suite, Les Bronzés font du ski, avant de laisser rapidement entendre qu'un troisième épisode pourrait également voir le jour, se déroulant cette fois-ci à New-York. Mais l'équipe se sépare, et chacun s'occupe de gérer sa propre carrière en solo. Vingt sept ans plus tard, le remord les gagne néanmoins, et découvrant un public dépressif, triste et anéanti de ne plus les voir ensemble, tous finissent par céder sous leur terrible « menace ». Partant sur l'idée de nous offrir un improbable Père Noël est une ordure 2, l'équipe se rabat finalement sur un troisième opus mettant en scène les aventures de Gigi, Jérôme, Popeye, Nathalie, Gérard et bien évidemment Jean-Claude Dusse. Fidèles à leurs personnages, la bande nous offre un vrai film nostalgique, parfois drôle et souvent tendre. Souffrant d'un scénario bancal (quelques engueulades, de nombreux secrets éclatant enfin au grand jour...), et s'apparentant bien plus à une succession de sketches dont la qualité varie, le film permet avant tout de revoir une nouvelle (et dernière fois ?) l'équipe au grand complet, symbole d'une époque aujourd'hui tristement révolue...

- 2. Un éléphant, ça trompe énormément / Nous irons tous au Paradis
- L'histoire d'une bande d'amis, restés de grands enfants malgré l'approche de la quarantaine. Parmi eux, Etienne, admirablement interprété par Jean Rochefort, Bouli (Victor Lanoux), Simon (Guy Bedos) et Daniel (Claude Brasseur). Au delà de leur âge et de leur vie familiale souvent contraignante (certains sont mariés, d'autres subissent encore la pression de leur mère), ils ont su rester extrêmement proches. Ils jouent régulièrement au tennis ensemble, s'offrent quelques virées le soir et n'hésitent pas à s'acheter une maison de campagne. Mais parfois, les langues se délient, chacun balance ses quatre vérités et les règlements de compte affluent donc, aussi bien verbalement que physiquement : disputes, coups de boule, séparation temporaire, isolements... Au final, et parce que l'amitié demeure plus fort que tout, les liens se reserrent. Sous la plume de Jean-Loup Dabadie et devant la caméra d'Yves Robert, le thème de la camaraderie, avec ses hauts et ses bas, n'aura jamais été aussi sublimé. Deux films intemporels.

- 3. Tout ce qui brille
Banlieusardes, Ely et Lila sont amies. Mais elles pourraient tout aussi bien être soeurs. Elles se connaissent depuis l'enfance et ne se cachent jamais rien. Elles sortent chaque soir, rêvant alors d'une vie meilleure. Mais rien ne se passe. Jusqu'à ce qu'une succession de délires les amènent à mentir et s'embarquer ainsi dans un monde très différent du leur. Au final, ce qui les unissait les sépare désormais. L'une vit à 200% ses utopies de jeune fille (l'inévitable thématique de la princesse), tandis que l'autre conserve les pieds sur Terre. Leur mésentente atteint même une tension dramatique particulièrement élevée, Lila allant jusqu'à dénoncer Ely d'un vol qu'elle n'a pas commis, simplement pour se déculpabiliser. A tort, bien entendu. 
- 4. Spider-man 1, 2 et 3
On connait tous l'histoire de Peter Parker, ce jeune étudiant qui, un jour, se retrouve mordu par une araignée génétiquement modifiée. Dès lors, le voilà doté de pouvoirs surnaturels, l'amenant ainsi à devenir un super-héros du nom de Spider-man. Mais comme le dit si bien l'Oncle Ben, « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités »... En mettant fin aux agissements de Norman Osborn, alias le Bouffon Vert, Peter se brouille avec Harry, l'unique fiston du riche industriel, et qui, par le plus grand des « hasards », n'est autre que son meilleur ami. Spider-man n'a hélas pas le temps de s'expliquer correctement, surtout lorsqu'il doit gérer l'attaque successive du docteur Otto Octavius, de Venom ou de l'Homme-Sable, ainsi que ses sentiments envers la charmante Mary Jane. Ils leur faudra alors pas moins de trois épisodes avant d'arriver à se pardonner mutuellement... 
- 5. Mes meilleurs copains
Enième histoire de potes, lesquels se réunissent ici le temps d'un week end, dans une maison de campagne, se rappelant de bons souvenirs tout en en fabriquant de nouveaux. A cela s'ajoutent quelques vérités et autres règlements de compte, typique au sein d'une relation amicale comme nous l'avons déjà vus précédemment... Ce film, qui pourrait s'apparenter à la saga des célèbres Bronzés, la beauferie en moins, se présente comme une pure merveille d'humour et d'émotion, écrite avec sincérité pour ne pas dire intelligence. Quelques années plus tard, Marc Esposito s'en inspirera d'ailleurs lourdement pour Le coeur des hommes, 1 et 2. Mes Meilleurs copains apparaît au final comme la plus grande réussite de Jean-Marie Poiré en tant que cinéaste. A juste titre. Mais le public, lors de sa sortie, en jugea autrement, puisque le long-métrage connait un échec retentissant. Dommage.

- 6. Disjoncté
Un cas à part, mais le film méritait vraiment sa place au sein du top. Rien ne va plus entre Chip Douglas et Steven Kovacs. En effet, le premier envahit peu à peu la vie du second. Le soucis, c'est qu'ils ne sont pas amis. Jeune architecte, Steven emménage dans un tout nouvel appartement. Le jour où il reçoit la visite du « cable guy », celui-ci lui propose l'installation de certains programmes, sans aucune contre-partie en échange. Du moins, c'est ce que Steven pensait. Chip s'imagine en fait avoir trouvé l'ami rêvé. Mais devant le refus de Steven, la folie le gagne et leur relation devient alors extrêmement dangereuse... Réalisé par Ben Stiller en 1996, Disjoncté oppose le génialissime Jim Carrey au toujours trop discret Matthew Broderick. L'amitié fantasmée, surrenchérie d'une extraordinaire satire télévisuelle. La naissance d'un bon metteur en scène, avant la confirmation Zoolander et Tonnerre sous les Tropiques.
- 7. Mon meilleur ami
Encore une histoire d'amitié faussée. Victime d'un pari idiot, au terme duquel François Coste a pour obligation de présenter son « best friend », l'homme se lance alors à la recherche désespérée d'une âme charitable. Problème, il ne sait pas comment s'y prendre. Et pour cause, il n'a pas d'ami. Il n'en a jamais eu. Jusqu'au jour où il fait la connaissance de Bruno, un chauffeur de taxi extrêmement cultivé et dont le visage transpire la bonté. Ni une, ni deux, il finit par le séduire et, de ce fait, nouer une véritable relation. Du moins, avant que Bruno ne découvre le pot-aux-roses et par la même occasion, l'insensibilité de François. Oeuvre mineure dans l'éblouissante carrière de Patrice Leconte, Mon meilleur ami a néanmoins pour qualité de faire référence à son Temps. Le film se clôt par un épisode du célèbre jeu télévisé Qui veut gagner des millions ?, présenté par Jean-Pierre Foucault. Face au doute, Bruno décide d'utiliser un joker, le fameux « Appel à un ami », permettant un début de réconciliation avec François. Tout est bien qui finit bien...
- 8. OSS 117 : Le Caire, nid d'espions
Hubert Bonisseur de la Bath, dit OSS 117, est le meilleur agent secret de sa génération. Toutefois, il demeure inséparable de son fidèle complice Jack Jefferson. Mais à la suite d'une mission hautement périlleuse, Jack disparaît. OSS 117 se retrouve donc seul et poursuit ses aventures, non sans nostalgie. Il nous fait ainsi part de nombreux flashs-back, où nous les redécouvrons généralement riant aux éclats. En partance pour le Caire, véritable nid d'espions, Hubert, devra non seulement faire face aux Anglais, Français, Soviétiques, ainsi qu'au Roi Farouk, aujourd'hui déchu et une secte prénommée les Aigles de Kheops, mais découvrira également par la suite que Jack est loin d'être mort. Celui-ci prépare en fait depuis plusieurs années sa terrible vengeance, réponse aux nombreuses humiliations faites par son ex-coéquipier...
- 9. Cuisine et dépendances
Jacques et Martine invitent à dîner un ami qu'ils n'ont pas revu depuis des années. Or, entre temps, celui-ci est devenu un célèbre présentateur télévisé. D'autres convives, en la personne de Fred (Jean-Pierre Darroussin) et de Georges (Jean-Pierre Bacri), émettent des doutes quant à ce rapprochement soudain... Amitié sincère ? Ou intéressée... Chacun y va donc de son point de vue et ls vrais visages tombent. On croit généralement connaître ses amis. Mais parfois, certains évènements nous amènent à les redécouvrir. Brillante pièce écrite par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, adaptée ici devant la caméra de Philippe Muyl. Un joli succès.
- 10. La copine de mon meilleur ami
Vous n'en pouvez plus des comédies « gnan-gnan » en provenance directe des USA ? De ce romantisme dégoulinant et de cet humour généralement situé en-dessous de la ceinture ? Alors approchez ! La copine de mon meilleur ami est fait pour vous. La particularité de ce film est d'avoir su détourner, à l'intérieur-même du script, les principaux codes du genre, dans la mesure où, ici, l'homme a pour rôle de dégoûter et non de séduire la femme. Ce n'est pas une parodie, juste une nouvelle approche. Et le changement se révèle particulièrement bénéfique, excepté une fin toujours aussi prévisible. Malgré tout, le résultat s'adresse prioritairement à la gente masculine, le machisme et la misogynie y détenant une place assez importante. Le dénommé Tank est régulièrement appelé par divers garçons, lesquels le payent pour passer une soirée avec leur ex et leur faire vivre un véritable enfer. L'objectif : les inciter à retourner vers leur ancien amour. Tout ce passait pour le mieux jusqu'au jour où le meilleur ami de Tank a besoin de son aide. Car cette fois-ci, Tank hésite entre son envie réelle de conquérir la jeune femme et l'amitié qu'il entretient avec Dustin... A redécouvrir.
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