10. THE DARK KNIGHT
Qu'il marche seul face à la caméra comme un Dandy craspec, les épaules voûtées et le pas désinvolte, après avoir généré une explosion monstrueuse derrière lui; qu'il agresse les convives de Bruce Wayne lors d'une soirée mondaine sans faire de valse KimBasingerienne ou qu'il explique le pourquoi de son sourire béant qui le rend si fascinant, Heath Ledger confère une dimension ludique et hallucinante entre Lee Bermejo et The Crow, donne des allures de clown psycho, de diable impoli et déchu errant dans un écrin inerte et angoissé. Il insuffle le mouvement, apporte le degré de folie nécessaire d'un Alan Moore (The Killing Joke, référence revendiquée), provoque d'incroyables ruptures de ton et fait oublier Nicholson. Il contamine Gotham City et contamine le film nimbé dans un étrange état de stagnation, englué dans une torpeur poisseuse. Pour Nolan, c'est lui l'anti-héros de The Dark Knight. Celui qu'il aime sans pouvoir l'avouer parce qu'on ne peut pas célébrer un badguy terroriste et terrorisant dans une grosse production Hollywoodienne. Nul doute que beaucoup compareront le tour de piste du nemesis du Chevalier de Gotham avec les derniers pas de danse d'un des acteurs les plus prometteurs de sa génération. R.I.P. Health et va rejoindre River Phoenix.