A l'occasion de la sortie de "La Comtesse" de et avec Julie Delpy, retour sur les dix pires garces de l'histoire du cinéma. Sharon Stone, Glenn Close, Megan Fox vous attendent.

Par La Rédaction - publié le 19 avril 2010 à 15h23 ,
MAJ le 24 mai 2011 à 15h23 - 0 commentaire(s)

A l'occasion de la sortie de La Comtesse de et avec Julie Delpy, retour sur les dix pires garces de l'histoire du cinéma. Sharon Stone, Glenn Close, Megan Fox vous attendent.

 

 

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1. LIAISON FATALE (Glenn Close)

Adrian Lyne, tout juste sortie de la passion dévorante de ses deux personnages de Neuf semaines et demi, se replonge dans une histoire sulfureuse avec Liaison Fatale. Il continue de soigner sa mise en scène et sa lumière au service d'une intrigue traitant de l'adultère qui aurait pu être ennuyeuse et redondante. C'était sans compter sans le talent de ses deux comédiens principaux. Michael Douglas campe un personnage de victime dont les "instinct basic" avant l'heure l'entraînent inexorablement dans les griffes d'une Glenn Close terrifiante. Ce qui commençait comme une banale liaison extra conjugale pour l'un, se transforme rapidement pour l'autre en passion dévastatrice pour les deux. En dépit d'un scénario un peu réactionnaire et légèrement puritain, en forme de "Si tu trompes ta femme, tu vas en prendre plein les miches", le film réserve néanmoins quelques bons moment et rappelle en passant que Gleen a été la reine des méchantes au cinéma. Comme on les aime.

 

 

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2. BASIC INSTINCT (Sharon Stone)

Thriller classique en apparence, Basic Instinct se déroule intégralement du côté des ''méchants'' et l'on cherchera en vain (mis à part le sympathique coéquipier de Nick joué par George Dzundza) un héros digne de ce nom. Dès lors, on se fiche pas mal de savoir qui est le coupable du crime initial, Verhoeven nous signifiant d'ailleurs, par une pirouette finale, que ce ''McGuffin'' Hitchockien ne sert plus à rien dès lors que la mécanique du couple central est résolue. Car Basic Instinct s'articule tout entier autour d'une histoire d'amour intensément sexuelle (mais pas seulement), limpide dès lors qu'on la débarasse des oripaux du polar. Affinités, séduction, sexe, clarification de leur relation et de la nature exacte de leurs sentiments respectfs balisent tout le récit et en font, d'abord et avant tout, une affaire de couple. Et lorsque le rideau tombe, seul subsiste le mystère le plus insoluble qui soit : au-delà du rapport de domination charnel et d'autodestruction prôclamée symbolisé par la très sacrificielle scène de baise, comment ces deux-êtres individualistes et fous pourront-ils former un couple idéal comme les affectionne l'American Way of Life ? Un peu comme si ces ''basic instincts'', depuis longtemps assimilés par une société où sexe et violence sont les deux fers de lance de la communication moderne, n'étaient là que pour cacher une réalité beaucoup plus complexe, celle des sentiments humains, que Verhoeven s'amuse à dissimuler à la dernière seconde. La reine de cette édifice, c'est Sharon Stone, blonde, perverse, inoubliable, tellement attachée à son personnage de vamp maléfique qu'elle reprendra son personnage dans une suite piteuse des années plus tard...

 

3. HARCELEMENT (Demi Moore)

Seattle. Marié et père de deux enfants, Tom Sanders est responsable de la division 'Produits avancés' de la société informatique DigiCom, qui s'apprête à fusionner avec le groupe Conley. Après dix ans de bons et loyaux services, Tom attend avec sérénité sa prochaine nomination au poste de vice-président de l'entreprise. Mais à la surprise générale, le P.D.G., Bob Garvin, lui préfère l'ambitieuse et séduisante Meredith Johnson. Celle-ci est une ancienne petite amie de Tom, auquel elle ne tarde pas à faire des avances... Ce film médiocre de Barry Levinson rappelle que Michael Douglas est la proie idéale des salopes. D'ailleurs, si on regarde bien, il figure dans notre top 3, avec à chaque fois des scènes de sexe hot, marquées par les années 90. Aujourd'hui, on imagine moins le vieux Michael réitérer ses pirouettes...

 

 

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4. ex-aequo SEXE INTENTIONS (Sarah Michelle Gellar) / LES LIAISONS DANGEREUSES (Gleen Close)

Dans Sexe Intentions, version moderne des "Liaisons Dangereuses", l'intrigante Kathryn Merteuil charge son perfide ami et double masculin, Sebastian Valmont, de séduire la vertueuse Annette Hargrove, dont les régulières déclarations sur les bienfaits de la virginité sont des agressions permanentes au systême de pensée de Mlle Merteuil. Les acteurs sont classes (Sarah Michelle Gellar en biatch, Selma Blair en étudiante neuneu longtemps avant le passage au rouleur compresseur de Todd Solondz), les dialogues, lestes et enlevés, connotés très cul et choquants dans la bouche de jeunes acteurs si vertueux et surtout quelle bande-son magistrale: on entend du Fatboy Slim (la classe) et, encore plus puissant, le morceau Bitter sweet symphony de The Verve qui illustre magistralement la scène finale. Peut-être bien le rôle le plus intense de Sarah Michelle Gellar. Dix ans auparavant, c'est encore une fois Gleen Close qui se fait détester dans Les liaisons dangereuses, de Stephen Frears. Comme quoi, il n'y a pas de fumée sans feu...

 

 

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5. KILL BILL VOL. 1 (Lucy Liu) / KILL BILL VOL. 2 (Daryl Hannah)

Kill Bill et ses deux volumes peuvent sembler imprévisible sur la forme, alors qu'ils sont d'une logique inexorable dans leur mise en place scénaristique. A l'aune du second film, on saisit avec plus de clarté comment Tarantino a construit son univers et les personnages qui s'y affrontent. Chacune des confrontations de la liste des cinq à tuer se fait dans le cadre de l'environnement personnel du protagoniste. Ainsi Vernita Green se bastonne avec The Bride à coups de poêle à frire dans une petite maison 'bourgeoise", sous les yeux d'une gamine de 4 ans, puisque c'est la vie qu'elle a choisie de mener. Si avant de croiser le Katana avec O-Ren Ishii, The Bride doit massacrer 88 bandits masqués dans un restaurant cossu de Tokyo, c'est parce que Lucy Liu incarne une reine de la pègre sino-americano japonaise, qu'elle évolue dans l'univers surréaliste et fantasmé du manga. Si le volume 2 peut paraître être un changement esthétique radical voire opposable au premier volume, ce n'est que parce que The Bride change d'ennemi et va sur son terrain pour l'affronter. On quitte la petite maison sympathique et le jardin d'hiver d'un restaurant asiatique du volume 1, pour se retrouver dans une caravane insalubre paumée au milieu du désert du volume 2. Car c'est là que Budd, le frère de Bill, a choisi de prendre sa "retraite anticipée". Ce sont les rapports entres les personnages qui définissent la forme stylistique du film. De même que c'est de leurs personnalités respectives que découlent les références cinématographiques de Kill Bill. The Bride est une fan de Bruce Lee, Budd de Charles Bronson (l'affiche de Mr Majestyk est fièrement affiché dans sa caravane)... C'est leur passé et leur façon de percevoir The Bride qui impliquent l'endroit de l'affrontement, la nature du combat qui les oppose, et leur fin plus ou moins tragique. Vernita Green est lâche. Elle propose un contrat qu'elle dénonce aussitôt en tirant sur The Bride : elle est exécutée. O-Ren Ishii n'assume pas sa nature de métisse, elle aspire à une pureté illusoire : elle périra scalpée, "mise à nue" par celle qu'elle accusait d'imposture ("petite blonde caucasienne qui s'amuse à être un samouraï"). Dans le volume 2, chaque personnage a fait son choix. Budd a renoncé à sa véritable condition de tueur, Elle Driver ne reconnaît pas à The Bride son statut de guerrière, et Bill s'est laissé gagner par le seul sentiment que son métier ne permet pas : l'amour. Chacun d'eux devra rendre compte devant The Bride de leur faille respective. Si la quête de The Bride se fait autour et par sa relation avec les différents protagonistes du film, elle est aussi guidée par les armes qu'utilisent ses adversaires en général, et leur relation avec les Katanas d'Hattori Hanzo en particulier. Il symbolise l'envie pour O-Ren Ishii, la renonciation pour Budd, la convoitise pour Elle Driver, et pour Bill c'est l'attribut ultime du guerrier.

 

6. LA MAIN SUR LE BERCEAU (Rebecca De Mornay)

Le personnage de Julianne Moore dans La main sur le berceau est probablement le seul dans le film qui aurait pu changer l'évolution du récit. Seulement, elle meurt à mi-parcours en recevant des bouts de verre dans le ventre. Faut pas ennuyer Rebecca De Mornay, l'une des plus belles garces des années 90 avec ce film où une femme s'introduit dans le quotidien d'un couple accordé avec l'existence. Belle perf. Aujourd'hui, on n'a plus de nouvelle de Rebecca. Rebecca, reviens bon Dieu, reviens de suite nous faire flipper avec tes couteaux... Raaahhhh... 

 

7. LAST SEDUCTION (Linda Fiorentino)

Encore un nouveau spécimen de salope qui, à la manière de Sharon, utilise ses charmes avantageux pour manipuler et perdre les hommes qu'elle rencontre. Linda Fiorentino est tellement géniale dans ce registre qu'on le retrouvera dans des rôles méchants dans Jade, de William Friedkin, et surtout Happiness, de Todd Solondz.  

 

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8. JENNIFER'S BODY (Megan Fox)

Passé une introduction qui rappelle Ginger Snaps : resurrection, la première partie n'est ni plus ni moins qu'une parodie du cinéma fantastique américain des années 80-90 où une bombe sexy (Megan Fox) et son amie d'enfance (Amanda Seyfield) ne peuvent pas se séparer l'une de l'autre. Les personnages secondaires (le gothique, le leader d'un groupe de rock) renvoient aux archétypes du teenage movie et J.K. Simmons, l'un des acteurs fétiches de Sam Raimi, incarne un professeur intrigant mais pas développé. Avant d'être gore ou trash, le scénario de Diablo Cody décline les passages obligés du genre dans un esprit ironique proche de Wes Craven pour se moquer des personnages mais aussi du public adolescent (Maroon 5 et Wikipédia sont plus connus que The Rocky Horror Picture Show). Certains spectateurs, induits en erreur par la sculpturale actrice des Transformers, auront sans doute l'impression d'avoir été trompés sur la marchandise. Un long baiser lesbien aimerait créer un semblant de provocation. Mais, dans un registre similaire, celui que Sarah Michelle Gellar et Selma Blair s'échangeaient dans Sexe Intentions était bien plus intense. Toutes ces scènes un peu faciles, comme les poses allumeuses de Megan Fox, servent de simulacre.

Soucieuse d'injecter de la profondeur dans cette mécanique, Diablo Cody raconte en réalité une autre histoire en sourdine, plus sombre, où l'on comprend que les reines du lycée ne sont pas celles qui deviendront les plus désirables une fois passé le cap de la vingtaine et que la nature peut prendre sa revanche. On voit où elle veut en venir lorsqu'elle lorgne sans humour vers le fait-divers sataniste et sordide traité comme dans un épisode de Twin Peaks ou lorsqu'elle cherche une poésie fragile déjà à l'épreuve dans All the boys love Mandy Lane sur les fantasmes passés, la cristallisation du désir et les ravages de l'imagination. Mais on n'est pas sûr que tous ceux qui ont travaillé avec elle aient eu envie de la suivre dans ce délire. Ancienne assistante de John Sayles repérée avec Girlfight, Karyn Kusama, qui avait besoin de se racheter une conduite après la débâcle artistique et commerciale de Aeon Flux, filme chaque rebondissement de manière neutre, au premier degré (voir les affreux flashbacks), prenant de plus en plus de distance avec le script qui change de point de vue en cours de route et évolue vers quelque chose de plus grave et mélancolique.

 

 

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9. MISERY (Kathy Bates)

 

10. ROMEO IS BLEEDING (Lena Olin)

Même si la parodie est ici plus discrète, l'ironie est très présente dans la destinée de ce flic corrompu, rattrapé par le trou qu'il s'emploie à remplir de billets verts au fond de son jardin, grâce aux services qu'il rend à la mafia. Il vit alors un véritable cauchemar, mis en position délicate par une femme fatale coriace et très sado-maso campée par Lena Olin. Le pauvre Gary Oldman est ici sur le fil. L'ironie du film ne vient pas de son interprétation, on ressent vraiment la pression que subit ce personnage, engagé dans une voie sans issue. Mais c'est plutôt par le jeu avec la voix-off (celle qu'il entend par moments dans sa tête), que le film prend toute sa saveur et devient une parodie des Film Noir. Le résultat est réjouissant et mélancolique à la fois. La solitude profonde de Oldman, qui ouvre et conclue le film, sa désespérance cachée sous l'ironie est assez touchante.


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