Envie d'une bonne enquête (policière, intérieure, secrète, paranoïaque) dans les tréfonds d'une asile psy ? Allez voir Shutter Island ou revoyez les 10 films de notre top.

Par La REDACTION - publié le 24 février 2010 à 12h46
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A l'occasion de la sortie de Shutter Island, de Martin Scorsese, on vous propose un petit retour (subjectif, forcément) sur les 10 meilleurs films se déroulant dans des hôpitaux psy. Tremblez !

 

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1. L'ARMEE DES DOUZE SINGES

En 2035, l'humanité est quasiment éteinte suite à une épidémie mortelle qui s'est déclenchée en 1996. James Cole (Bruce Willis), est un survivant, mais surtout un prisonnier. Pour cette raison, il est choisi pour une expérience scientifique inédite : voyager dans le temps pour déjouer le complot ayant entrainé la destruction de la race humaine. La science étant ce qu'elle est, il se retrouve catapulté en 1992 (au lieu de 1996). Et, forcément, quand il tente d'expliquer sa mission, il est pris pour un fou : direction l'asile psychiatrique ! La scène la plus importante de l'asile se situe dans la salle commune. James y est amené, et visite les lieux en compagnie de Jeffrey. Le contraste entre les deux personnages est saisissant : James est drogué, apathique, quasiment un légume. Jeffrey est interprété par un Brad Pitt survolté, bourré de tics, incapable de tenir en place, au discours totalement halluciné et révolutionnaire. L'acteur doit encore en avoir mal au crâne. Mais Terry Gilliam réussit surtout à retranscrire de façon admirable l'ambiance flippante de l'endroit. Cet asile ressemble à une cave. Les gens semblent enterrés, emprisonnés derrières des grillages. C'est une prison où règne la folie. La télé passe des cartoons, dans lesquels les personnages, aux comportements caricaturaux, sont eux-mêmes complètement fous : ils sautent partout, se cognent la tête contre un arbre... La caméra de Terry Gilliam est toujours désaxée, comme si elle-même avait perdu le sens de l'orientation et se retrouvait dégénérée. Avec de simples moyens, Terry Gilliam réussit à retranscrire toute la folie ambiante du lieu. Efficace et flippant. La folie imprègne aussi le reste du film : James Cole doute constamment de sa santé mentale, les autres le prennent pour un fou. On recroise un Jeffrey toujours aussi cinglé mais en liberté, et on apprend qu'un homme veut exterminer la race humaine. Finalement, les fous ne sont pas ceux que l'on croit, mais ils sont parmi nous, et ont bien l'intention d'aller jusqu'au bout de leurs actions...

 

 

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2. VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU

Une expression vient à l'esprit à l'évocation de ce film de 1975: les fous ont pris le contrôle de l'asile. Sous la houlette d'un turbulent -forcément- Jack Nicholson, et contre l'avis d'une très rigoureuse directrice (glaçante Louise Fletcher),  l'hôpital psychiatrique se transforme peu à peu en tripot où l'on joue au poker, où l'on fait venir des filles faciles, où l'on organise d'improbables évasions. Plus dure sera la chute, mais dans l'intervalle, avant le châtiment, Milos Forman aura créé une oeuvre libertaire et irrévérencieuse, où la nature de chacun aura pu se révéler grâce à l'insoumission du malicieux McMurphy. Sa mauvaise conduite est salutaire et transfigure littéralement tous ses compagnons de chambrée: mieux qu'aucune règle, l'anarchie demeure la meilleure des thérapies. 

 

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3. L'ECHELLE DE JACOB

L'une des séquences marquantes du film nous entraine au fin fond d'un asile aux traitements peu orthodoxes. Le personnage de Tim Robbins est immobilisé sur un brancard et assiste impuissant aux tristes spectacles environnants. L'oeil est frappé par certaines images chocs à l'image des grilles au plafond laissant voir des maniaques bien excités, d'un patient se frappant longuement la tête contre une vitre. Le voyage pour l'enfer laisse apparaitre des corps démembrés au sol avant d'atteindre une salle d'opération à l'hygiène douteuse.
Le clou du décadent spectacle s'achève sur un homme sans yeux injectant une seringue à notre tourmenté héros. Cette influence glauque n'ayant rien à envier à Francis Bacon influencera joliment la saga vidéoludique Silent Hill et le film signé Christophe Gans. L'Echelle de Jacob est un film de Adrian Lyne injustement méconnu qui mérite d'être ré-évalué. Avis aux amateurs !

 

 

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4. UNE VIE VOLEE

1967. Suite à une overdose d'aspirine, Susanna Kaysen, 18 ans, est diagnostiquée comme souffrant d'une personnalité « borderline ».et accepte de se faire soigner entre les murs de l'hôpital psychiatrique Claymoore.  Peut-être parce que cette Vie volée est adaptée d'un récit tout ce qu'il y a de plus autobiographique, James Mangold prend soin d'éviter les nombreux écueils pathos propice à un tel sujet pour dresser un constat sobre mais touchant sur ses personnages comme sur l'époque. Par delà les murs de Claymoore, le film propose en effet une vision peu explorée au cinéma de ces années soixante, sclérosées par un profond malaise générationnel. Au sein même de l'hôpital, les portraits de ces « filles interrompues » (titre original du film) doivent à leurs formidables interprètes (Winona Ryder, Angelina Jolie) leur parfaite crédibilité, même au travers du voile de la maladie mentale. Car la folie, semble dire Mangold, n'est rien de plus qu'une autre facette, une autre caractéristique propre à la condition humaine. Quant à l'institution psychiatrique pas plus diabolisée qu'adoucie, elle semble finalement être en premier lieu ce qu'on en fait. Cette justesse de ton permet de passer outre le coté un peu laborieux d'un film qu'il sera aujourd'hui difficile de revoir sans sentir son cœur se serrer : la jeune Brittany Murphy, récemment décédée, y trouva l'un de ses plus jolis rôles, avec qui elle partagea son destin tragique.

 

 

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5. L'ANTRE DE LA FOLIE
Une idée communément admise veut que seuls les fous soient enfermés dans les asiles. Il est rassurant de penser ainsi car, en plus d'être dangereux pour certains, les fous ont cette fâcheuse tendance à ne pas croire dans ce que nous appelons "réalité", ce quotidien rassurant que leur maladie pourrait contaminer. En commençant alors son film avec un John Trent (Sam Neill) hystérique que l'on interne de force, John Carpenter place le spectateur dans la position de quelqu'un sain d'esprit contemplant un autre n'ayant pas cette chance, et les premières minutes du métrage ne feront que confirmer cette situation entre hallucinations et délires. Mais de la même façon que les écrits de Sutter Cane, le romancier maudit du film, plus nous progressons dans le récit fait par John Trent et plus le fragile tissu du réel se macule de zones d'ombre. Carpenter s'amuse à brouiller la frontière entre réalité et fiction dans l'espace du film mais également dans l'esprit du spectateur, jusqu'à une ultime mise en abîme spécialement perturbante (Trent dans la salle de ciné). Il se révèle alors que le fou ne l'était pas tant que ça, et que c'est notre propre folie qui a permis au monde de devenir cet asile d'horreur que nous redoutions tous.

 

 
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6. JE SUIS UN CYBORG

Comme dans tous les films du maestro sud-coréen, la densité de cette histoire de fou, originellement conçue pour la fille du réalisateur, fondée sur de multiples ramifications scénaristiques et diverses ruptures temporelles, invite le spectateur à voir Je suis un cyborg à répétition. Utilisant des ralentis et des accélérés, la snorry-cam comme le split-screen, Chan-Wook reprend l'esthétique de la violence selon les règles inventées par tonton Peckinpah (les scènes de tuerie fantasmées où l'héroïne, dans un état second, se prend pour le cyborg en question) et peaufine une identité visuelle dont certains effets sont repris de Lady Vengeance (la caméra qui traverse une vitre, ce genre). Cette histoire d'amour follement romantique échappe aux débordements lacrymaux par un trait ironiquement incisif, n'empêchant guère l'émotion de percer au moment où on s'y attend le moins. Progressivement, le film où s'exprime un vrai désir de faire du cinéma dévoile sa troublante nudité : tous les tics visuels deviennent des apparats et s'effacent pour laisser émerger les stigmates d'une maladie et plonger dans les arcanes d'un passé mouvementé. Afin d'assurer l'intensité d'une relation basée sur la compassion et l'amour de l'autre (il s'agit de deux fous qui s'aident mutuellement), il étaie une multitude de personnages secondaires tous claquemurés dans le même asile psychiatrique, auxquels on s'attache selon notre sensibilité, qu'il s'agisse de l'obèse accro à l'électrostatique qui bouffe les plats de miss Cyborg, le jeune homme qui se croit attaché à un élastique ou la demoiselle j-pop rococo qui s'imagine dans des clips tyroliens tournés en Suisse.

 

 

7. FAMILY LIFE

Royaume Uni, les années 1970. Janice Bailden est la dernière enfant de la famille, une jeune femme un peu troublée, au comportement parfois étrange. Cette étrangeté n'est aucunement acceptée par ses parents, qu'inquiète l'image qu'ils se font d'une jeunesse prise dans les tourbillons de la fin des années 1960 et de la libération sexuelle. Mais rien de tout cela ne concerne vraiment Janice. La jeune femme n'a que les problèmes et les particularités de son adolescence, auxquels s'ajoute les difficultés que lui cause ses parents, omniprésents et liberticides. Désemparés, et persuadés que le caractère renfermé et légèrement fantasque de leur fille est d'origine psychiatrique, les parents de Janice décident de la placer dans une institution de traitement par les électrochocs. Ken Loach, à la hauteur de son sujet, retranscrit au mieux l'enfermement mental d'une adolescente face à des parents qui ne la comprennent pas. De bout en bout, le temps semble engourdi comme un dimanche après-midi pluvieux où on s'ennuie. De manière plus générale, le film passe par là où tout ado en révolte contre le système est déjà passé et rappelle qu'on a tous été à deux doigts de finir comme l'héroïne. Parce que ça se termine donc très mal et que ça déchire le cœur.

 

8. LA NEUVIEME CONFIGURATION

Dans un hôpital psychiatrique militaire perdu au fin fond d'une forêt noire, et dont les patients sont des officiers de l'armée Américaine, le colonel Hudson Kane est mandaté par le Pentagone pour déterminer la nature et l'origine des maladies... Décrit comme à mi-chemin entre Shock Corridor et Vol au-dessus d'un nid de coucou, La Neuvième configuration est une curiosité réalisée par William Peter Blatty, le scénariste de L'Exorciste. L'histoire peut évoquer Shutter Island mais le film oublie le paranormal pour se resserrer sur la psychologie en panne de son héros. Un coup de théâtre final inattendu rend au film toute son intensité.

 

 

Shutter Island de Martin Scorsese

 

9. SHUTTER ISLAND

1954, au large de Boston. Teddy Daniels et Chuck Aule débarquent sur une île où se dresse Ashecliffe, un hôpital psychiatrique de haute sécurité enfermant des criminels extrêmement dangeureux. Les deux marshals sont envoyés à la recherche d'une patiente mystérieusement disparue et internée pour le meurtre de ses enfants. Alors qu'une tempête approche, Teddy Daniels est confronté aux mensonges des médecins et à ses propres démons intérieurs.

Après Mystic River et Gone Baby Gone, l'univers de Dennis Lehane est une nouvelle fois adapté pour le grand écran. Cette fois, c'est Shutter Island, bijou gothique écrit en 2003. Aux commandes, Martin Scorsese, grand cinéaste labellisé Oscar qui avait récemment divisé avec son remake d'Infernal Affairs (Les Infiltrés) et s'était permis ensuite une récréation musicale avec Shine a Light. A première vue, ce sujet comporte suffisamment de densité dramatique et de moments hallucinatoires pour trouver dans le talent du cinéaste un parfait complice. Mais Shutter Island suppose aussi une maîtrise rythmique et formelle totale, histoire de faire transparaître l'indicible et les blessures mentales des protagonistes. Au final ? Martin Scorsese réussit son oeuvre la plus intense, la plus fiévreuse, la plus hallucinée depuis A tombeau ouvert.

 

 
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10. K-PAX

Réalisé par Ian Softley, K-Pax raconte l'histoire d'un homme incarné par Kevin Spacey, interné dans un hôpital psychiatrique, et qui affirme venir d'une autre planète. Son psy, Jeff Bridges, jadis Starman, est bien entendu sceptique au début, puis devient sérieusement intrigué. Iain Softley n'en est pas à son coup d'essai : après la Beatlesmania (le sous-estimé Backbeat), les pirates de l'informatique (Hackers) et le drame romantique (Wings of the Dove), le réalisateur, tout en gardant une touche de romantisme, s'attaque au genre parfumé de surnaturel en adaptant merveilleusement le roman de Gene Brewer. Pour parvenir à restituer un univers à part et envoûtant, Softley s'entoure d'une épique technique hors pair : John Mathieson (Gladiator) à la photo, Ed Shearmur à la musique, Craig McCay au montage...Tout cela pour dire que les choses ne sont pas laissées au hasard. Si la technique est au rendez-vous, les deux têtes d'affiche en sont la cerise sur le gâteau. Tout deux sont remarquables de justesse et forment un tandem poignant et vibrant. L'ensemble est magnifiquement orchestré par une réalisation simple mais efficace privilégiant l'aspect poétique à la banalité, et un scénario liant merveilleusement une multiplicité de genre.


Vos réactions


  • Shutter Island

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