A l'occasion de la prochaine cérémonie des Oscars, la rédaction d'EXCESSIF a remis les Oscars des Oscars. Un top 10 de ceux qui ont été récompensés par un Oscar du meilleur film. Un top 10 du meilleur du cinéma américain.

Par La Rédaction - publié le 03 mars 2010 à 18h53 ,
MAJ le 04 mars 2010 à 12h08 - 7 commentaire(s)

A l'occasion de la prochaine cérémonie des Oscars, la rédaction d'EXCESSIF a remis les Oscars des Oscars. Un top 10 de ceux qui ont été récompensés par un Oscar du meilleur film. Un top 10 du meilleur du cinéma américain. Vous aussi, exprimez-vous : on attend les vôtres dans les forums. 
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1. LE PARRAIN (Francis Ford Coppola, 1972)
 
On connait toutes les difficultés qu'a eues Francis Ford Coppola à imposer sa vision du best seller de Mario Puzo. Il a dû se battre pour tout, jusqu'au choix de ses acteurs (notamment pour imposer Marlon Brando et Al Pacino aux studios). Ainsi, le tournage fut difficile et le jeune réalisateur sous une tension permanente. Lorsqu'il sort en 1972, le premier volet n'est pas seulement un film de gangsters mais une véritable tragédie classique, au souffle impressionnant, présentant une famille au destin dominé par la fatalité et le mal. L'oeuvre a l'ampleur d'un grand opéra et d'un chef d'œuvre définitif qui se déclinera en deux suites toute aussi belles et récoltant moisson d'Oscars.
 
deerhunterz2coll142. VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER (Michael Cimino, 1978)
 
Voyage au bout de l'enfer est une fresque sidérante qui, sur presque trois heures, décrit avec une intensité tripale inouïe les destins âpres de trois américains moyens pendant la guerre du Vietnam. Un voyage qui ne s'oublie pas et qu'on n'a pas oublié. La première partie correspond à une longue exposition qui introduit les personnages (a priori en liesse) et tissent leurs liens. Et sous les sourires complices, Cimino capte les sourires tristes, les regards mélancoliques d'hommes qui ont peur de mourir demain à la guerre. La seconde plonge dans le chaos délétère de la guerre du Vietnam et dépeint le cauchemar sans ostentation. La troisième (et dernière) montre les conséquences de la barbarie sur les trois protagonistes. Voyage au bout de l'enfer, film qui glana à l'époque pas moins de cinq Oscars, ne se résume (évidemment) pas à une formule. De la même façon que La porte du paradis, film suivant et four monstrueux, court-circuite avec une ardeur confondante les codes du western, Voyage au bout de l'enfer aborde la guerre du Vietnam en hachant les conventions, en misant sur l'humain avant de céder au spectaculaire... La conjonction d'une interprétation d'ensemble hors pair, d'une mise en scène ultra-précise et d'un scénario poignant comme l'enfer achève de faire de ce voyage au bout de nos entrailles, de nos peurs et de nos capacités à surmonter une épreuve un objet de cinéma d'une perfection éblouissante.  


volaudessusnidcoucou_13. VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU (Milos Forman, 1975)
 
Film éminemment contestataire adapté du roman éponyme, Vol au-dessus d'un nid de coucou est le second film de Milos Forman tourné aux Etats-Unis. Quatre statuettes ont récompensé le film, notamment celle du meilleur acteur pour Jack Nicholson en voyou rebelle et celle de la meilleure actrice pour Louise Fletcher dans le rôle de l'infirmière sadique. Film d'une grande intensité et d'une grande sensibilité, Milos Forman ausculte l'hôpital psychiatrique à la loupe pour proposer une métaphore plus globale de la société américaine d'alors, une société aliénante qui en a oublié comment elle fut fondée sur un génocide, figuré ici par le personnage de L'Indien. Une œuvre troublante et marquante. 
 
amadeus_24. AMADEUS (Milos Forman, 1984)
 
« Pardonne Mozart ! Pardonne à ton assassin » C'est sur ces mots que s'ouvre Amadeus. Le film de Milos Forman fait la part belle à Antonio Salieri, musicien jaloux, présenté par la légende comme étant l'assassin de Mozart. L'originalité  du biopic tient d'ailleurs au focus initial sur ce vieil homme rongé par le remord, dont les souvenirs nous permettent de revivre certains moments de la vie de Mozart. Si le réalisateur à choisi de prendre quelques libertés avec les faits historiques, l'ensemble du long métrage souligne néanmoins avec précision la virtuosité précoce du jeune musicien et donne quelques clés pour appréhender l'œuvre de Mozart.


le_retour_du_roi_25. LE SEIGNEUR DES ANNEAUX : LE RETOUR DU ROI (Peter Jackson, 2003)
Il est difficile de ne parler que du Retour du Roi : le Seigneur des Anneaux a été envisagé par le génie J. R. R. Tolkien comme une œuvre littéraire unie, et séparée en plusieurs volumes pour des raisons commerciales. Il en va de même pour la trilogie cinématographique de Peter Jackson : les films forment un tout qui ne peut être réellement séparé. L'Oscar du Meilleur Film attribué au Retour du Roi, dernier volet de la saga, vient en réalité récompenser un cycle riche, puissant, émotionnel, captivant et époustouflant. Peter Jackson est le premier réalisateur qui réussit ce pari fou et incroyable, pendant longtemps considéré comme impossible : donner vie à l'incroyable Terre du Milieu, tout en réussissant à retranscrire avec une passion et un amour absolus la très complexe mythologie créée par Tolkien. Rares sont les grosses productions ayant réussi à atteindre un tel niveau de perfection et d'intelligence.


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6. LAWRENCE D'ARABIE (David Lean, 1962)
 
Œuvre grandiose filmée par David Lean en cinémascope en 1962, le film remporte pas moins de sept statuettes parmi les catégories les plus prestigieuses. Adaptation de l'autobiographie d'Edward Lawrence, Les sept piliers de la sagesse, ce long-métrage de toute beauté est tout d'abord un récit d'évasion avec le désert comme personnage principal. Peter O'Toole, tout en sobriété et noblesse, fait face au non moins charismatique Omar Sharif. Habitué des superproductions, David Lean marque avec ce film une référence incontestable du cinéma hollywoodien et aura largement mérité les Oscars du meilleur film et de la meilleure réalisation.
 
leparrain_27. LE PARRAIN 2 (Francis Ford Coppola, 1975)

Alors que Francis Ford Coppola rendait un film incroyable en 1972 avec le premier opus du Parrain, il relance l'aventure 3 ans plus tard en continuant l'adaptation du livre de Mario Puzo. Un certain adage dit que les suites sont souvent "casse gueule". Le Parrain 2 ne rentre pas dans cette catégorie et reste pour beaucoup le meilleur épisode de la saga. Avec des flash-back retraçant la vie de Vito Corleone, Coppola intègre à la perfection le passé du Don de la mafia. Robert De Niro reprend le personnage laissé par Marlon Brando dans le 1. Il transcende le parrain et lui donne davantage de matière pour sublimer le charisme de cet icône des années 70. Mise en scène parfaite, raccords d'époque orchestrés avec la précision d'un horloger, jeu d'acteur fantastique, jamais suite n'aura autant mérité ses six Oscars dont meilleur film, réalisateur, scénario et De Niro... meilleur second rôle pardon.
 
casablanca_78. CASABLANCA (Michael Curtiz, 1942)
 
En ces temps cinéphiliques où la saturation des couleurs nous explose en tout 3D; il est bon de se rappeler que 60 ans plus tôt, les spectateurs payaient pour voir une monochromie sur grand écran. En 1942 sortait Casablanca, une histoire sentimentale située elle aussi dans une terre éloignée aux portes de la guerre. L'histoire est connue : Rick est un tenancier irascible à cause d'un amour perdu qui ose revenir dans son bar, accompagnée d'un héros de la résistance. Quel camp Rick va-t-il choisir : celui de son propre égoïsme ou celui des tourtereaux ? L'histoire veut que jusqu'au dernier jour de tournage, les scénaristes eux-mêmes n'avaient pas la réponse à ces questions. Au final, Casablanca obtiendra l'oscar du meilleur film en 1944 et restera un chef d'œuvre intemporel du cinéma « As time goes by ! ».
 
impitoyable_sc89. IMPITOYABLE (Clint Eastwood, 1993)
 
Qui aurait pu penser en 1993 qu'un auteur peu considéré comme Clint Eastwood serait consacré avec un genre tombé en désuétude ? Personne. Seul un cinéaste de cette trempe pouvait réussir ce défi : convaincre ses pairs grâce à un western crépusculaire, peuplé par les spectres d'une période cinématographique révolue. En contant l'histoire de William Munny, un hors-la-loi repenti qui reprend du service, il s'interroge sur notre conception du bien et du mal au regard de la notion de rédemption. Impitoyable, œuvre noire et mélancolique, jouant admirablement avec les figures filmiques, obtint quatre oscars mérités, qui permirent de reconnaître le talent du maître américain à sa juste valeur. 
 
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10. DANSE AVEC LES LOUPS (Kevin Costner, 1991)
 
Pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître. Kevin Costner, pour son premier long-métrage, pouvait en effet difficilement faire mieux que cet immense western humaniste de près de quatre heures (en version longue), traversé par un souffle épique rare. Dans la lignée de Jeremiah Johnson, Costner pose un regard neuf et respectueux sur les Amérindiens, représentés ici par le peuple Sioux, dont il montre le mode de vie et les traditions au cœur de paysages à la pureté inoubliable. Violent, âpre, émouvant et mystique, Danse avec les loups est un concentré d'émotions brutes dont l'ampleur et le classicisme rappellent le Clint Eastwood des grands jours.


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