C'est désormais notre rendez-vous du week-end. Le nôtre et le vôtre. Le principe est simple: un film et un DVD pour le week-end. Les rédacteurs les plus actifs du site, aux goûts extrêmement différents les uns des autres, vous donnent leurs conseils, avant de partager leurs avis chiffrés, grande tradition de DVDRAMA, où les critiques notent de 0 (nul) à 10 (chef-d'oeuvre) les films actuellement dans les salles. En attendant vos avis dans les forums sur le DVD et le film à recommander pour le week-end.
UN FILM, UN DVD
ROMAIN LE VERNUn film:
Lumière Silencieuse, de Carlos Reygadas
Un DVD:
Steak (StudioCanal)
LAURENT TITYUn film:
American Gangster, de Ridley Scott
Un DVD: Coffret Jean-Marie Poiré (5 DVD)(Gaumont Video).
JEAN-PHILIPPE GUERANDUn film:
La visite de la fanfare, de Eran Kolirin
Un DVD: "Big Love", saison 1 (Warner Home Video)
ALEX MASSONUn film:
Shotgun Stories Un DVD: Coffret Guitry (GCTHV)
STANISLAS BERNARDUn film:
La légende de BeowulfUn DVD: The Bourne Ultimatum en HDDVD
KEVIN DUTOTUn film:
Je suis une légende de Francis Lawrence
Un DVD: L'intégrale de la série Twin Peaks ça occupe !
AVIS CHIFFRESLes rédacteurs éminents du site (dans l’ordre, Romain Le Vern, Laurent Tity, Jean-Philippe Guérand, Alex Masson, Stanislas Bernard et Kevin Dutot) donnent leurs avis éclairés sur les films toujours visibles en salles pour le week-end et/ou ceux qui arriveront dès les semaines prochaines, histoire de vous faire saliver avant mercredi. A vous de faire le choix.
TOP 3 DU WEEK-END
1. JE SUIS UN CYBORG (8)
Park Chan-Wook réalise pour sa fille. Le résultat? Unique.
2. EX AEQUO L'ILE (7)
Pavel Lounguine a une crise de foi mystique.
2. EX AEQUO LUST, CAUTION (7)
Ang Lee oublie les cow-boys pour les portiers de nuit
Retrouvez dans les pages suivantes les résumés et mini-avis critiques des films sélectionnés dans le tableau30 JOURS DE NUIT
Alaska, de nos jours. Au coeur de l'hiver, les habitants de la paisible ville de Barrow s'apprêtent à passer, comme tous les ans, un mois sans soleil. A la suite d'une série d'évènements étranges, Eben et Stella, les deux shérifs locaux, vont découvrir l'invraisemblable vérité. Un gang de vampires a investi la ville pour l'éradiquer de tous ses habitants. Eben et Stella vont organiser la riposte, mais peut on tuer ce qui est déjà mort ?Et si on revenait aux basiques ? Ces derniers temps, les vampires au cinéma avaient pris le mauvais pli de n’incarner que des métaphores d’un genre contemporain troublé. Les états d’âme ne vont pas forcément mal à Dracula et consorts mais à force de psychologiser on avait fini par se demander s’ils n’allaient pas y laisser leurs crocs plantés dans des canapés de psy. Dans
30 jours de nuit, les vampires reviennent à leur substantifique moelle : se rassasier de sang humain. Point.
David Slade leur rétrocède un statut d’authentiques créatures à sang froid. Au point de cruellement jouer à cache-cache avec leur garde-manger† : les 150 habitants de Barrow, coin perdu d’Alaska où vient de tomber la nuit polaire (voilà pour l’explication du titre). Et c’est parti pour deux heures de survival entre un petit groupe mené par l’irréductible shérif du coin et les suceurs de sang féroces au delà du raisonnable. Pas de place pour une lecture romantico-érotique du mythe vampirique. La psychologie se pratique ici à coups d’instruments très contendants. AM
A LA CROISEE DES MONDES
Dans un monde parallèle, la jeune Lyra, en possession de la dernière boussole d’or, part pour le Pôle accompagné de son daemon, son âme matérialisée en animal, afin de découvrir les mystères de la Poussière et sauver les enfants disparus. Après Le Seigneur des Anneaux, voilà enfin la nouvelle saga d’aventures épique produite par New Line s’étalant sur plusieurs épisodes lors des fêtes de fin d’année. Premier épisode de cette saga dont le prochain volet devrait sortir en 2009, le film de Chris Weitz a donc la lourde tâche d’introduire cet univers magique au spectateur, de présenter les très nombreux personnages et de condenser puis poser les enjeux dramatiques pour les films à venir, tout en proposant suffisamment de matière et de rebondissements pour cette
Croisée des mondes. Le pari était presque impossible et le réalisateur s’en tire avec les honneurs, mais non sans quelques revers. SB
ACTRICES
Après Il est plus facile pour un chameau, oeuvre très maladroite mais intéressante, Valeria Bruni-Tedeschi retourne derrière la caméra pour mettre en scène sa mise en scène... Dans
Actrices, elle devient Marcelline, comédienne talentueuse qui se pose des questions sur son métier, son désir d’être mère et l’amour qu’elle ne trouve pas. A première vue, le film semble prétentieux, égocentriste et une fois de plus bourré de maladresses. En creusant un peu plus, on y trouve une oeuvre attachante, intelligente, drôle et parfois émouvante... Un long-métrage qui convainc malgré ses défauts et une cinéaste qui pourrait, peu à peu, tendre à s’imposer. KD
BEE MOVIE
Tout juste diplômé, Barry B. Benson doit incorporer, comme toute abeille qui se respecte, la fabrique de miel de la ruche. Mais il ne se voit pas faire le même travail répétitif toute sa vie et sort de la ruche avec la patrouille des « Apollons du pollen », élite des abeilles récoltant le nectar. Après sa découverte de New York et de Central Park, Barry tombe accidentellement sur une jeune femme qui lui sauve la vie et rompt la règle des abeilles : ne pas parler aux humains. A cause de cette amitié naissante, Barry découvre que les humains volent le miel des abeilles… A l’origine du film se trouve une vanne de Jerry Seinfeld lançant lors d’un dîner avec Spielberg qu’il aimerait faire un « B Movie », jeu de mots entre « Bee Movie » (film avec des abeilles) et « B movie » (film de série B). Si l’anecdote est assez drôle quant à la façon dont un film peut naître, la vanne a bien failli être prémonitoire au film (dans le second sens), et du moins a énormément servi pour l’humour du film. En version originale, nombre de jeux de mots tournent ainsi autour de l’onomatopée « Bee » (« bi » en français) renvoyant à la dénomination de l’abeille et à son bourdonnement, à commencer par le nom du protagoniste tout en allitération en « B », Barry B. Benson. Côté humour, c’est donc Jerry Seinfeld qui s’y est collé, signant en dehors de la production, le scénario et la voix originale de Barry l’abeille. Et indéniablement, le ton et l’humour du comique new-yorkais apportent un goût différent par rapport aux autres films d’animation du studio DreamWorks, et par extension aux autres films des studios concurrents. La vraie réussite du film tient donc à cet humour décalé qui évite les habituelles parodies second degré et les relâchements régressifs à base de flatulences, pour un humour dans la lignée de sa série télévisée « Seinfeld » (dont on retrouve d’ailleurs Patrick Warburton dans le rôle du copain de Vanessa dans
Bee Movie en VO). SB
CALIFORNIA DREAMIN
Le film s'inspire d'un évènement qui s'est déroulé durant la guerre du Kosovo en 1999. Un train transportant des équipements militaires envoyés par l'OTAN est totalement bloqué par un chef de gare dans un village reculé en pleine Roumanie. Son équipage, en majorité des militaires américains et roumains, ne comprend pas l'obstination de l'homme, car l'accord verbal du président roumain a été donné pour que le convoi emprunte les voies ferrées du pays. Les militaires sont préoccupés par le nombre de vies mises en péril par une décision si absurde à leurs yeux. Mais Doriaru, le chef de gare, n'en démord pas et veut absolument voir de ses yeux les papiers en bonne et due forme, arguant qu'il ne fait "que son métier". Au fond ce n'est qu'un prétexte pour narguer les soldats américains qui, pour lui, se croient tout permis.
LA CHAMBRE 1408
Le pitch est simpliste et c'est ce qui fait sa force...sur le papier. L'incrédule blasé, John Cusack qui va être confronté à une heure - quasiment en temps réel - d'horreur absolue. En relevant le défi de la chambre 1408, notre romancier spécialiste du paranormal devra affronter ses pires peurs et ses anciens traumas : la mort de sa fille et la déchéance familiale qui en a découlé. Mais cette heure d'horreur où la chambre maudite mène une danse du diable effrénée a bien du mal à tenir le spectateur en haleine tant elle ressemble à un pot-pourri des nombreuses histoires de maisons hantées qui l'ont précédées. Tout y passe : les fantômes surgis de nulle part, le réveil qui fonctionne sans électricité (et sans pile, on a vérifié - sinon cela ne ferait pas peur), la fille qui revient des mort, la télé qui s'affole, les fenêtres qui se ferment toutes seules, l'évier qui fuit, la climatisation qui part en vrille, le double maléfique qui lui fait coucou, les tableaux qui prennent humidement vie, le frigo qui contient un petit Samuel L. Jackson en guise de goûter...
DANTE 01
Un homme (Lambert Wilson) arrive fraîchement dans un container cryogénique à la station pénitentiaire Dante 01. Un satellite artificiel justement nommé car en orbite géostationnaire autour de l’enfer volcanique que constitue la planète Dante damnée au fin fond de l’espace. Rapidement nommé Saint-Georges par l’un des prisonniers, l’illuminé Raspoutine qui le considère d’emblée comme un grand libérateur, le personnage est accueilli par un équipage restreint, la station se révélant être une base d’expérimentations médicales sur des condamnés à mort volontaires. 7 prisonniers, 3 gardes et 2 scientifiques. Voilà le compte d’âmes restreint qui va permettre d’instaurer rapidement un climat intimiste à l’aventure. Ou presque. Allez-y, à vos risques et périls... RLV
DEATH NOTE
Le
death note est un cahier maléfique volontairement égaré par Ryuuku, un dieu de la mort désoeuvré. Pour quiconque tombe dessus, c’est une joie et une souffrance. Les règles, simples, évoquent l’univers de Lovecraft: il suffit d’écrire sur ses pages le nom d'une personne que l’on souhaite liquider pour que celle-ci disparaisse en quarante secondes, le plus souvent par crise cardiaque. En exploitant un fantasme collectif inavouable, les créateurs Takeshi Obata et Ôba Tsugumi ont ouvert la porte à toutes les divagations possibles et créé un univers excitant en 12 tomes et 108 chapitres. Depuis une parution il y a trois ans dans le magazine
Shônen Jump édité par Shueisha, le manga est devenu un succès colossal: il s’est vendu à des dizaines de millions d’exemplaires au Japon. Une bonne nouvelle qui a autorisé plusieurs variations: une série animée, des jeux vidéo et surtout deux adaptations cinématographiques dont la première débarque dans l’Hexagone avec du retard par rapport à sa sortie Japonaise. Le phénomène
Death Note s’est remarquablement exporté: aujourd’hui il ne se résume pas à un événement au pays du Soleil Levant. En France, il a contaminé des lecteurs passionnés – plus de 400 000 exemplaires déjà soldés – qui découvrent les tomes de manière décalée (le septième ne sort qu’en décembre, toujours aux éditions Manga Kana). En Belgique, la petite histoire veut qu'un tueur toqué du manga ait déposé dans un parc un tronc humain avec deux cuisses en ayant pris le soin de déposer un message sans équivoque:
«Watashi wa Kira dess» (Je suis Kira). Entre temps, le premier film live produit par Warner Entertainment Japan a eu le temps de faire le tour des festivals (BIFFF, Sitges) et de connaître de sacrées déceptions de la part des fans hardcore. Pour peu qu’on connaisse l’univers, la transposition du manga au cinéma n’est pas des plus convaincante. Pour peu qu’on ne le connaisse pas, difficile de tout comprendre. RLV
DEATH SENTENCE
Certains lecteurs se diront sans doute en voyant la note accordée à
Death Sentence (
7/10) « quelque chose ne tourne pas rond dans la tête du rédacteur »… En effet, le film ne mérite peut-être pas un 7… Sachez cependant que le point qui lui a été attribué en plus a été longuement médité et fait figure de protestation. Beaucoup l’auront remarqué, le cinéma de genre ne s’est jamais aussi bien porté depuis les années 70 : une sorte de retour aux sources semble s’accomplir et un nombre impressionnant de bandes horrifiques, fantastiques, le retour de figures mythiques que sont
Rambo, Rocky, John McLane (…) réapparaissent et ne sont pas pour déplaire au public. Paradoxalement, alors que la période est des plus propices, les distributeurs et les exploitants de salles semblent volontairement restreindre la diffusion de nos films chéris. Cette censure dont l’incarnation actuelle la plus scandaleuse est le retour du tant redouté « Interdit au moins de 18 ans » accordé à
Saw III mais aussi le manque flagrant de promotion et de copies autour de certains films : dernières victimes en date, le gentiment bancal
Halloween de Rob Zombie et le pourtant très réussi
Dead Silence, déjà de James Wan… Bref, imposer d’emblée une note majorée et retourner dès le 16 janvier voir
Death Sentence, c’est affirmer haut et fort la volonté d’être libre de ses choix cinéphiles et rappeler aussi que qu’il est possible de conserver un libre arbitre face à une violence visuelle et morale… En espérant être suivi par beaucoup d’entre vous dans cette démarche et que
Death Sentence sera mieux accueilli que
Dead Silence dont la carrière ultra ridicule (une semaine dans les salles parisiennes !) ne sera qu’une simple erreur de parcours. FK
EDEN LOG
Un homme reprend conscience au fin fond d'une grotte. Tolbiac n'a pas la moindre idée des raisons qui l'ont amené jusque-là, pas plus qu'il ne sait ce qui est arrivé à l'homme dont il découvre le cadavre à côté de lui. Seule solution pour échapper à la créature qui le poursuit : remonter jusqu'à la surface à travers un réseau aux allures de cimetière et abandonné par une mystérieuse organisation, Eden Log.
FILATURES
Tout d’abord,
Eye in the sky n’est pas cette chanson bien connue d’Alan Parsons Project mais le film policier hongkongais surprise du début d’année 2008. Cru nettement plus convaincant que
Confession of Pain et
Protégé, ce dernier avatar du polar sorti en 2006 nous vient tout droit de nos amis de la province rattachée et il surprend en produisant son petit effet. Déroulant l’histoire d’une jeune femme, Maggie, qu’engage Simon Yam au sein d’une unité secrète de la police, spécialisée dans la filature et l’écoute,
Eye in the Sky nous offre de suivre les braquages d’un groupe de voleurs professionnels très structurés. Ces derniers dévalisent en effet les bijouteries avec une minutie et un professionnalisme n’ayant rien à envier aux héros d’Ocean’s Eleven et de
Yesterday once more et leur démantèlement après maintes péripéties, par cette section d’élite qui opère dans l’ombre, ne sera pas de tout repos. Et c’est justement par la manière de rendre cette histoire somme toute classique que
Filatures – son titre Français - va se différencier des autres.
GONE BABY GONE
Cette adaptation d'un roman de Denis Lahane est un véritable coup de maître pour Ben Affleck qui réussit à nous embarquer dans une intrigue policière captivante dans laquelle tous les rebondissements sont permis, pour notre plus grand plaisir ! L'interprétation est au sommet, le montage est bon, le scénario totalement imprévisible (sauf si vous avez lu le livre) et les performances ne manquent pas, notamment dans cette scène de demande de rançon qui prend littéralement à la gorge. Allez-y, vous ne le regrettez pas. Et vous parlerez longtemps de la scène finale ! CR
LA GRAINE ET LE MULET
Contrairement à ce que pourrait laisser croire son titre, le nouveau film du réalisateur de L’Esquive n’est pas vraiment un conte des mille et une nuits, mais plutôt une fable tendre et cruelle sur notre société. La graine, c’est la semoule du couscous ; le mulet, c’est le poisson que ramènent les chalutiers tous les matins dans le port de Sète. L’histoire de ce film repose sur cette association originale dont Slimane Beiji, un ex-ouvrier des chantiers navals condamné au chômage pour sa lenteur, espère faire la recette miraculeuse du restaurant flottant qu’il aimerait ouvrir. Mais pour cela il a besoin de multiples autorisations, prêts et autres formalités administratives. Alors il entreprend d’aménager l’épave flottante qu’il a achetée et d’y organiser un grand dîner où sera servi le fameux couscous de poisson cuisiné par son ex-épouse… JPG
HITMAN
Inspiré d’un célèbre jeu vidéo,
Hitman représente le premier film hollywoodien de Xavier Gens en attendant la sortie de son survival
Frontières. Les différentes attentes étaient donc légitimes : découvrir le long-métrage d’un jeune réalisateur français très intéressant aux commandes d’une adaptation vidéoludique dans un contexte bienveillant où la production audiovisuelle semble enfin prendre plus en considération les œuvres ludiques (comme l'atteste l’exemple de
Silent Hill). L’autre pari est aussi du côté de
EuropaCorp, le studio est en effet en co-production avec
20th Century Fox pour un budget assez important (on parle de 20 millions de dollars) avec en filigrane l’envie de proposer une création franco-américaine ambitieuse et efficace.
Qu’en est-il finalement ? Le pari convainc sur certains points et le film s’avère plaisant à regarder mais il faudra vraisemblablement un autre métrage pour se faire une idée du talent certain du réalisateur. VM
I’M NOT THERE
On l’avait laissé avec un très bel hommage au cinéma de Douglas Sirk (
Loin du paradis) où Julianne Moore tentait de préserver coûte que coûte son American Way of Life, empruntait la voix de Doris Day, mettait le fouloir autour du cou comme Dorothy Malone, découvrait des diktats toujours actuels et tombait amoureuse d’un black. Avant d’échanger des adieux déchirants sur le quai d’une gare. Nouveau projet:
I’m not there, portrait kaléidoscopique de Bob Dylan à travers six acteurs différents dont le principe évoque celui mis en place par Todd Solondz dans
Palindromes. Autant il n’était pas utile de connaître sur le bout des doigts les classiques de Sirk pour apprécier
Loin du Paradis; autant il est préférable de connaître la vie perso et musicale de Bob Dylan pour adhérer à cette bio schizo sur l’identité morcelée d’un artiste. Passionnant et unique. RLV
LA LEGENDE DE BEOWULF
Si
Le Pôle Express était un conte pour enfants,
La Légende de Beowulf semble avoir été pensé dans la même optique mais pour satisfaire un public adulte. Robert Zemeckis semble avoir volontairement accentué l’aspect mature de son film comme pour rétablir une sorte d’équilibre.
La Légende de Beowulf se démarque radicalement de toute la production d’animation américaine de par la technique employée mais aussi par son ton. Cela s’explique en grande partie par les deux scénaristes du film : Neil Gaiman et Roger Avary, deux auteurs pas spécialement réputés pour leur mièvrerie et leur frilosité face au politiquement correct. Robert Zemeckis suit à la lettre leur note d’intention et donne le ton dès la scène d’ouverture avec un banquet où tout le monde carbure à l’hydromel, jure et s’envoie en l’air derrière le moindre recoin. Zemeckis nous plonge dans un monde brutal et décadent, tranchant radicalement avec l’apparence lisse de l’image de synthèse. Mais le film n’est pas pour autant un pendant animé de
Caligula, le réalisateur dissimulant astucieusement les parties des corps pouvant choquer un public un peu trop puritain. De ce côté là pas de révolution,
La Légende de Beowulf étant quand même un gros film de studio, mais avec une facette « brute de décoffrage » des plus plaisantes, nous plongeant avec plus d’ardeur dans cet univers.