Par Arnaud Mangin - publié le 16 mai 2006 à 10h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h55 - 9 commentaire(s)
A la veille du festival de la croisette où se croiseront justement cinéastes de tous poils et stars en goguette, nous nous devions de revenir sur les œuvres majeures ayant marqué l'histoire de la palme. Et finalement non, puisque toujours aussi boute-en-train Romain Le Vern passe ses douces soirées de printemps à envoyer des vidéos rigolotes à ses collègues histoire d'amuser la galerie. Il est parvenu cette fois avec Undefeatable à faire l'unanimité pour que l'auteur de ces lignes abandonne son dossier sur le cinéma tchèque anti-propagande des années 20 pour quelques chose d'un peu plus léger. Vous ne connaissez sans doute pas doute Undefeatable, Cui Ha Kuang Mo de son titre original, pour la simple et bonne raison que vous êtes également peut-être passé à coté de Cynthia RothRock. Petite leçon d'histoire.


Top Actrice !

Qui est Cynthia Rothrock ? Une véritable dessoudeuse de mâchoire du cinéma Z, que les plus chanceux d'entre vous auront peut-être découvert au détour d'un téléfilm d'action sur TF1 un samedi après-midi parce qu'ils étaient malades. On aurait aimé la comparer avec Michelle Yeoh qui fut sa partenaire de débuts, voire avec un Robin Chou, ou un Christophe Lambert - fascinant fond de tiroir malgré lui - mais elle ne peut être considérée que comme un pendant féminin de Lorenzo Lamas, voire d'un Daniel Bernhardt - qui lui est quand même parvenu à s'incruster sur le tournage de Matrix 2, petit malin. Et à la question "Qui est Daniel Bernhardt ?", ce serait un nouveau et beaucoup trop long dossier qui s'ouvrirait pour que nous ayons la place et le temps de nous attarder sur lui aujourd'hui.


Les maîtres de l'univers revus et corrigés par Cynthia

Cynthia Rothrock pousse donc des hurlements en envoyant des kicks à tout va dans des tronches de cake bien conciliantes, pour se sentir l'espace de quelques minutes "femme des années 80, femme jusqu'au bout des poings" ! Pour l'amalgame de l'autorité et du charme, nous repasserons, parce que la "belle" a construit sa filmographie dans un cinéma formaté pour les fans de tuning, son aspect croupée s'imposant tout de même comme une sympathique incongruité dans ce monde de bastonneurs. Si Cynthia aime la bagarre c'est parce qu'elle s'est tout même imposée comme une véritable adepte des arts martiaux depuis ses treize ans, gagnant coup sur coup des ceintures noires avant de devenir ni plus ni moins championne du monde de Karaté en 1981.


Un combat mortel à mains nues mortelles… Mais avec des flingues quand même !

Cynthia déchire tellement qu'on lui propose fatalement de faire comme tous ceux qui savent se battre dans la vie : devenir héroïne de film d'action et de pousser des "Yi et des "Ya" du haut de son mètre soixante pour mettre KO des bad boys aux cheveux longs de 130 kilos. Oh, la belle carrière que voilà, et c'est au pays du soleil levant qu'elle trouvera ses plus belles prestations dans le rôle de la blanche blonde de service, même si elle ne pige pas un traître mot des dialogues qu'on lui impose de déblatérer. Et puis elle sera bien obligée d'apprendre pour s'offrir carrément des premiers rôles avant de signer un retour perdant vers les États-Unis où elle n'aura jamais de rôles équivalents à ceux de son idole de toujours, Steven Seagal.


Bousculade aux séances de dédicace

Ambassadrice du Z d'action bien beauf pour remplir les rayons de Video Futur, Cynthia nous avait jusqu'ici totalement laissés de marbre, mais sa prestation dans Undefeatable remet les pendules à l'heure l'espace de quelques secondes.


Top séquence !

L'histoire d'Undefeatable ne se résume qu'à quelques bourre-pifs bien sentis certes, mais sa séquence forte justifie à elle seule l'existence de la vidéo en streaming sur internet. Une scène de baston à trois mains qui ferait pâlir de jalousie les interminables empoignades de Invasion Los Angeles, puisque si elle ne s'étale pas sur la durée, elle fait preuve d'une originalité à tout casser. On imagine aisément l'ambiance lors des réunions de préproduction :
"- Dis-moi Jean-Claude, je lui arracherais bien un œil au méchant là !
- Pas de problème, on va lui envoyer la tête dans le mur, et lorsqu'il la retirera, son œil restera coincé dans le plâtre. Une bonne occasion de le faire grogner.
- Génial ! Et pour Cynthia, comment la faire paraître vulnérable ? Tout le monde sait que c'est la meilleure du monde.
- T'inquiète, on va lui casser le bras et le mettre en bandeau. Ca rendra ses saltos arrières plus impressionnants.
- Wow ! Tu cartonnes Jean-Claude ! "



Un méchant très méchant qui lèche son couteau pour montrer qu'il a pas peur…


…Mais qui a quand même des faux airs de Rufus Sewell

Car ici on ne philosophe pas, ni avec la sauvagerie, ni avec le non-sens, et encore moins avec le ridicule. Trois éléments clés sans lequel le film n'aurait probablement jamais gagné ses galons de nanar. Et ce, malgré l'hilarante musique de jeu vidéo proposée sur la bataille qui nous intéresse. Pourtant Undefeatable ne cache pas ses ambitions profondes car, à la surprise générale, il semble être la principale inspiration de la trilogie Matrix et ses discours théologiques. Les plus observateurs reconnaîtront un coup de poing au ralenti contre une mâchoire bien baveuse, repris au plan près dans Matrix Revolutions. Et oui ! Par ailleurs la tenue des personnages traduit sans le moindre doute possible la confrontation entre l'intellect (le méchant et sa blouse de scientifique) face au citoyen lambada, comme si l'extraordinaire chorégraphie des combats symbolisait une lutte des cerveaux, ou une lutte sociale. La sécurité sociale (irons-nous jusqu'à dire) en regardant le bras de la valeureuse Cynthia.


Notez la métaphore sur la lutte des classes.


Et là, ça va ièch !

En bref, la séquence visionnable sur le lien ci-dessous en impose assurément en matière de cinéma multi thématique, alliant les allégories multiples – splendide aliénation des dialogues par quelques meuglements primaires, comme si la vie n'était qu'un inutile blabla – à travers un cinéma de genre, même si ici il s'agit surtout de sous-genre. La séquence ici présentée demeure sans doute la plus hallucinante jamais vue à ce jour, et il aurait été criminel de ne pas vous en faire profiter. Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous, le volume allumé, et laisser les zygomatiques faire le reste…

> SCENE CHOC AVEC CYNTHIA ROTHROCK !
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