Dans True Legend, Su Can, interprété par Vincent Zhao (aka Chiu Man-cheuk), voit son style de combat évoluer d'un kung-fu « classique » à une maîtrise parfaite de la boxe de l'homme ivre, également appelée zui quan. Une transformation radicale opérée par un maître du combat, le réalisateur et chorégraphe Yuen Woo-ping. Il n'y a pas plus belle occasion pour revenir sur différentes techniques et différents styles de kung-fu qui ont participé à bâtir la réputation du cinéma d'action hong-kongais depuis les années 60.

Le wing chun
Englobé sous le terme kung-fu en occident, après que Bruce Lee l'eut quelque peu modifié pour l'adapter à la stature de ses opposants américains, le wing chun est un style de combat extrêmement répandu dans le cinéma d'arts martiaux depuis des lustres. Assez peu spectaculaire, avant que le petit dragon formé rigoureusement ne le pervertisse quelque peu, le wing chun est essentiellement reconnaissable par le style combat assez proche (si pratiqué sans armes de type bâton ou couteaux papillons) et une économie de mouvement afin d'utiliser la force de l'adversaire contre lui. Le wing chun est au centre de Ip Man et Ip Man 2, tous deux réalisés par Wilson Yip et qui traitent justement d'un des plus grands noms de la discipline et maître de Bruce Lee, Yip Man. Et si Donnie Yen excelle dans la pratique de ce style, il est venu mettre son nom sur une liste des plus glorieuse car avant lui s'est par exemple frottée à l'exercice une certaine Michelle Yeoh dans le célèbre Wing Chun de Yuen Woo-ping qui mariait cette technique de combat à des chorégraphies virevoltantes. Mais les plus belles démonstrations de wing chun sont à mettre à l'actif de Sammo Hung, à la fois devant et derrière la caméra sur Warriors Two et Prodigal Son. En remontant le temps, de nombreux titres de la Shaw Brothers sont également placés sous le signe du wing chun, à commencer par le classique La 36ème chambre de Shaolin.
Pour l'anecdote, Jean-Claude Van Damme pratique également du wing chun dans l'inénarrable Karaté Tiger de Corey Yuen.

Les techniques animalières
Aucun rapport direct avec Kung Fu Panda, on entre là dans le folklore. Ces styles qui ont rendu le film de kung-fu si flamboyant, parfois ouvertement ridicule. De l'époque de la Shaw Brothers jusqu'à aujourd'hui, les techniques de combat adaptées de mouvements d'animaux ne manquent pas. Ainsi il convient de citer le classique La Mante religieuse de Liu Chia-liang et ses séquences d'apprentissage inoubliables ou encore une fois Warriors Two de Sammo Hung qui laissait une place à la technique de la mante religieuse. De par la présence importante du roi-singe dans la mythologie chinoise, le kung-fu du singe a également occupé une place importante, notamment dans les adaptations du Voyage en occident telles que Le Roi singe de Jeffrey Lau et avec Stephen Chow. On a pu apercevoir Jet Li s'adonner à cette technique dans le récent Le Royaume interdit de Rob Minkhoff. Et si ces styles de combats animaliers ont souvent associés à la découverte des techniques en question dans les classiques, ils se retrouvent tous dans les premiers films de Yuen Woo-ping et en particulier Le Maître chinois avec Jackie Chan. Dans ce film aujourd'hui pasé à la postérité et aux scènes d'entraînement inoubliables, il fait état de tout un panel de techniques, du serpent à la grue en passant par le tigre. De quoi établir quelques bases pour les reconnaître ensuite.

La boxe de l'homme ivre
Point culminant de True Legend, la boxe de l'homme ivre, ou zui quan, est sans doute la trouvaille la plus folle. Héritée d'une légende de huit immortels, cette technique en apparence hasardeuse permet à la fois une désinhibition totale et donc des coups portés encore plus brutalement, mais également une certaine agilité dans le déséquilibre. Dans l'ivresse ou dans une sensation d'ivresse provoquée volontairement, la boxe de l'homme ivre représente à elle-seule la folie du cinéma de kung-fu. Pour voir la technique à l'œuvre, Jet Li la pratique dans Claws of Steel mais c'est Jackie Chan qui en est le spécialiste. Dans Le Royaume interdit il en refaisait une démonstration en souvenir du bon vieux temps, à savoir Le Maître chinois, définitivement film-somme sur les différentes techniques, mais également sa suite qui n'est autre qu'un des plus grand films de kung-fu de tous les temps, Combats de maître 2. Les titres anglais de ces deux films, Drunken Master 1 & 2, sont sans équivoque.

À cette liste loin d'être exhaustive s'ajoute True Legend et les différentes techniques de kung-fu qu'il illustre. Le film sort le 31 janvier 2012 en DVD et Blu-ray.

L'histoire : Général réputé de la dynastie Qing, Su Chan met fin à sa carrière militaire pour réaliser son rêve : fonder une famille et sa propre école d'arts ma[…]
