Forte d'un succès estimable aux Etats-Unis, la série
Ugly Betty débarque très prochainement en France. Raison suffisante pour s'intéresser de plus près à son pilote.
Dès l'intro, le ton est donné: Betty, appareil dentaire et tignasse impossible, est une jeune fille bigleuse et disgraciée à qui la nature n'a pas fait de cadeau. Et surtout, à qui les portes de la gloire se ferment automatiquement. La pauvre Betty qui voulait postuler dans un magazine de mode n'a plus qu'à rester cloîtrée sur son fauteuil le restant de ses jours à regarder des sitcoms sirupeuses (mise en abyme parodique de télénovelas avec la productrice Salma Hayek, rappelant au passage que
Ugly Betty est l'adaptation américaine d'une série mexicaine). Oui mais voilà, il y a de la justice en ce bas monde et dieu sait si la morale plaît beaucoup à la ménagère de moins de cinquante ans. Témoin du renvoi de Betty, tellement maladroite qu'elle a eu le temps de se prendre les pieds dans les escaliers, le PDG fondateur du prestigieux magazine
Mode profite du subterfuge Betty pour jouer un mauvais tour à son fils huppé et arrogant: il en a tellement marre que ce dernier couche avec toutes ses secrétaires qu'il décide de virer celle à quatre pattes sous son bureau pour engager un laideron incapable d'éveiller les pulsions sexuelles du fiston. Au moins, il ne sera pas tenté.

Toute contente d'être embauchée alors qu'elle n'y croyait plus, Betty dont la bravitude confine à la niaiserie devient un poil à gratter involontaire. Elle est tellement inadéquate pour le monde élégant de la mode que tous les bobos qui bossent dans la boîte se retournent de honte et la dévisagent en se demandant comment un énergumène pareil a pu pénétrer dans ces hautes sphères. Heureusement, au moment de la pause déjeuner, elle tombe sur une collègue super sympa qui, elle, ne se soucie pas des ragots et du mauvais goût vestimentaire de Betty. La bonne camarade volubile qui s'incruste dans ta vie sans que tu l'aies demandé et qui ressemble à un ange tombé du ciel. Comprenez par là qu'elle voit à travers les apparences et qu'elle saisit le cœur d'or qui émane de Betty.