Par - publié le 29 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 29 octobre 2009 à 11h16 - 0 commentaire(s)
Mark Neveldine et Brian Taylor se sont déjà fait remarquer avec Hyper tension et Hyper Tension 2. A la fin du premier, le héros Chev Chelios (Jason Statham) chutait d’un hélicoptère et s’écrasait sur le sol. Dans le second, il était ressuscité par des mafieux chinois qui lui greffaient un cœur. Statham utilisait tout (un transfo électrique, un taser, un allume-cigare) pour booster son adrénaline. Mark Neveldine et Brian Taylor exploitaient une nouvelle fois le principe de la course contre la montre avec une énergie dévastatrice et un sens de l’absurde abrasif. Sans surprise, ils ne quittaient pratiquement jamais le point de vue du personnage principal et usaient des codes du jeu vidéo (Statham traversait le récit comme une star des X-Games perdue dans GTA). Un peu plus tard, lors d’un combat titanesque, Chev Chelios se transformait en Godzilla. D’autres éléments appartenant à la pop-culture (présences de Maynard James Keenan, Danny Löhnner et Geri Halliwell ; respectivement Tool, Nine Inch Nails et Spice Girls) venaient secouer le shaker. On retrouve les mêmes bases dans Ultimate Game, leur pari le plus audacieux : dans un futur proche, les hommes – plus précisément des prisonniers – ont remplacé les avatars dans les jeux vidéo et sont dirigés par des gamers. S’ils remportent trente parties, alors ils retrouvent leur liberté. Ce jeu s’appelle «Slayers», qui peut être vu comme un shooter à la première personne. Celui que l’on suit et qui est à trois étapes de la victoire, c’est Kable (Gerard Butler). Au sommet de la pyramide, le responsable de cette dégénérescence technologique (Michael C. Hall) va tout mettre en œuvre pour qu’il échoue. Une œuvre «autre», dans les salles dès aujourd’hui.



GAMER 1


MARK NEVELDINE
Age : 36 ans.
Réalisateur de Hyper tension et de Ultimate Game.
Scénariste de Pathology et du prochain Jonah Hex avec Megan Fox et Michael Fassbender.
Compagnon de l’actrice Alison Lohman – qui joue dans Ultimate Game.



Michael C. Hall : «Brian et moi regardions Dexter au moment où nous écrivions le personnage de Ken Castle. C’était comme une évidence. Lorsque je l’ai rencontré pour la première fois, j’étais tellement nerveux que je lui ai demandé un autographe (rires)»

Amber Valletta : «Elle agit un peu comme une poupée, mais il fallait que le spectateur soit apte à aller au-delà de cette surface. Je voulais également insister sur sa vulnérabilité et elle l’a compris dès la première rencontre. Tous les acteurs à qui nous avons donné un rôle dans Ultimate Game incarnent des personnages aux antipodes des habitudes. Le fait d’avoir des acteurs de cette trempe dans notre délire nous a aussi permis de nous dépasser.»

Prix d’une telle expérience : «Ultimate Game a été réalisé avec peu de moyens. En revanche, nous avions des mecs hyper doués pour nous épauler comme Jerry Fleming, qui a bossé avec nous sur le premier Hyper tension. Il a une capacité incroyable à faire beaucoup avec trois fois rien. Autrement, nous voulions représenter un futur très proche, et nous nous sommes demandés s’il fallait avoir recours à des effets spéciaux pour New York. La réponse a été non. Finalement, nous nous sommes attardés sur d’infimes modifications.»

GAMER 2


BRIAN TAYLOR
Réalisateur de Hyper tension et de Ultimate Game.
Egalement scénariste de Jonah Hex.





Michael C. Hall : «Je n’avais pas vu un seul épisode de Six Feet Under et je ne connaissais Michael que grâce à Dexter. D’ailleurs, la première fois que je l’ai rencontré, je n’ai pas vu Michael, j’ai vu Dexter! Je l’ai trouvé très flippant.»

Amber Valletta : «Comme un ange. Ses yeux reflètent toute son âme et c’est ce que nous voulions pour ce rôle. Ce qu’on lui demandait, c’est-à-dire jouer deux rôles en même temps (c’est-à-dire le personnage que le joueur qui la contrôle veut voir et celle qu’elle est réellement), était tellement compliqué.»

Prix d’une telle expérience : «Nous ne voulions pas utiliser trop d’effets spéciaux pour rester dans une forme de réalisme poisseux. New York y est montrée telle qu’elle est aujourd’hui. Nous avons juste cherché avec des mouvements de caméra un peu bizarres à filmer des lieux connus et familiers pour leur donner un relief inquiétant. Et au lieu de construire une prison futuriste, nous avons tourné dans une mine de gypse désaffectée.»


AUTANT PREVENIR... Ultimate Game est un film si outrancier dans ses partis-pris qu’il ne mettra pas tout le monde d’accord. Les premières images vont immédiatement faire le tri entre les réceptifs et les réfractaires : elles plongent dans un univers où notre esprit est lui-même dominé par une force inconnue. C’est exactement le sujet de ce trip, intégralement tourné dans les studios d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique : la possession physique et métaphysique. Après, tout dépend si on a envie de se laisser prendre au jeu mais on ne peut pas nier que les jeux vidéo deviennent de plus en plus interactifs et qu’il suffit d’envisager leur évolution dans les dix prochaines années pour s’apercevoir que Ultimate Game ne s’éloigne pas des dérives envisageables. Mark Neveldine et Brian Taylor voulaient que les joueurs de «Slayers» bougent comme des personnages de jeux vidéo. Du coup, les acteurs devaient marcher, courir, sortir leurs armes, tourner leur corps. Le résultat est beaucoup moins fluide que des scènes d’action habituelles, mais il donne l’impression du «ping». Neveldine et Taylor ont utilisé des caméras RED, extrêmement légères, pour filmer dans des positions et des angles invraisemblables et obtenir des images de qualité IMAX. L’avantage, c’est qu’elles sont suffisamment légères pour créer des mouvements de caméra fous.

 


Ainsi, Mark Neveldine et Brian Taylor ont eu la possibilité de filmer des scènes en étant sur des patins à roulettes, dans un hélicoptère... C’était essentiel pour créer un vertige sensoriel et déterminer les débordements technologiques (la machine qui prend le pouvoir sur l’homme, c’est notre futur). Les acteurs se perdent avec eux, dans leurs expérimentations. Gérard Butler, qui au départ devait incarner le héros des Hyper tension, avoue : «je veux penser que les projets auxquels je participe apportent quelque chose aux gens. Il peut s’agir d’une nouvelle manière de filmer, de l’émotion que transmet le long-métrage ou tout simplement parce que le scénario est inhabituel. Ultimate Game répondait à ces attentes.» et Michael C. Hall, connu pour ses prestations dans les séries Six Feet Under et Dexter, confesse : «Mon personnage pense qu’il détient la vérité suprême, qu’il est un surhomme. Il ne se voit pas du tout comme quelqu’un de démoniaque. Au fond, il se comporte un peu comme un enfant jouant dans un bac à sable». Un peu comme Neveldine et Taylor...
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