Tom Hardy dévore son adversaire de frère sur un ring dans Warrior. Il y est au moins aussi époustouflant que dans Bronson. De révélation, il devient confirmation.

Par - publié le 14 septembre 2011 à 00h43 ,
MAJ le 14 septembre 2011 à 11h29 - 0 commentaire(s)

On avait repéré Tom Hardy en ours moustachu tragicomique qui n'arrive pas à danser sur un morceau des Pet Shop Boys dans l'excellent Bronson (Nicolas Winding Refn, 2009). En attendant de le retrouver chez Tomas Alfredson (La Taupe), John Hillcoat (The Wettest County in the world), George Miller (Mad Max 4) ou encore Christopher Nolan (The Dark Knight Rises) - peu après Inception -, l'acteur a bouffé du lion dans Warrior, où il règle les problèmes familiaux sur le ring et affronte une autre star en devenir, l'Australien Joel Edgerton. Interview K.O. numéro 2.

Warrior de Gavin O' Connor

 

Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire Warrior?
Pour être honnête, je voulais jouer dans un film américain et je voulais tester le public, un peu comme un taureau qui entre dans une arène. Ce rôle réclamait une vraie transformation physique et il faut croire que je suis habitué à ça après Bronson. Enfin, j'y voyais l'opportunité de jouer comme je ne l'avais jamais fait auparavant. Ce qui est sûr, c'est que j'aime me battre au cinéma et Dieu sait si j'ai eu ma dose avec Warrior : le tournage m'a beaucoup fatigué. Je ne suis pas un athlète ; entre les prises, j'aime jouer à la X-Box.

 

Vous êtes en train de vous construire une filmographie de rêve.
Oui, alors que je ne connais pas nécessairement les films des cinéastes avec lesquels je tourne. Par exemple, Christopher Nolan, je n'ai découvert son cinéma que pendant et après le tournage d'Inception. En même temps, je devais être sur Mars parce que ses films sont hyper connus. Pour Nicolas Winding Refn, dont j'ai très envie de découvrir le nouveau Drive, c'est différent. Je connaissais la trilogie Pusher. Mais Bronson était différent de ce qu'il avait fait auparavant que je ne pouvais rien préméditer. En même temps, Nicolas est imprévisible. Manipulateur aussi, mais ça fait partie du jeu. Parfois, il lui arrive de passer à côté d'un acteur. Comme dans Inside Job qui était une purge sans nom - même si je respecte Nicolas en tant que réalisateur. John Turturro est bon mais il n'y avait aucune alchimie entre Nicolas et lui.


Et pour Gavin O'Connor?

J'avais vu Le prix de la Loyauté, un film classe, simple et efficace. Instantanément, quand je l'ai vu, j'ai pensé à Narc, de Joe Carnahan dont les vingt premières minutes m'avaient époustouflé. On sent que le mec derrière la caméra aime le cinéma américain des années 70 et qu'il aime s'entourer d'acteurs emblématiques genre James Caan ou Robert de Niro. Je retrouve cette énergie-là chez lui.

 

Faut-il aimer les tournois d'arts martiaux pour aimer Warrior?
Je ne pense pas. Au contraire et je serai vraiment curieux de savoir ce que le public féminin pensera de ce film. Ou même ceux qui se foutent des combats au cinéma - un genre en soi, on aime ou on n'aime pas. Warrior n'est pas seulement un film avec deux mecs qui se fightent, c'est aussi un drame social. C'est aussi une bonne introduction à la MMA (mixed martial arts). Il n'y a pas de malaise si on ne connaît pas. Moi-même, je ne maîtrisais pas du tout les arts martiaux avant le tournage. Ce sport m'a tout de suite plu et bien préparé (et sauvé) pour The Dark Knight Rises.

Propos recueillis par Romain Le Vern


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