Une semaine après Massive Attack, c'est au tour du groupe Zero 7 de noircir nos colonnes. Les deux Londoniens sont revenus cette année avec un nouvel album, Yeah Ghost, avec encore plus de musique pour le cinéma.

Par - publié le 18 février 2010 à 12h05 ,
MAJ le 11 avril 2011 à 18h58 - 0 commentaire(s)

Quelques semaines avant Massive Attack, Zero 7 est un autre groupe de la scène trip-hop à avoir fait son come-back avec un nouvel album, Yeah Ghost, après trois ans de silence. En essayant toutefois d'orienter leur style vers la pop et moins de poésie aérienne. Le résultat peut déconcerter, surtout pour ceux qui les soutiennent depuis le début, en même temps qu'il témoigne d'une évolution passionnante.

 

Zero 7

 

Si, par définition, la mélancolie correspond à la joie d'être triste, alors Zero 7 en est l'illustration la plus classe. Impossible de ne pas avoir au moins une fois succomber à l'une de leurs mélodies qui retranscrivent avec une douce ferveur tout ce qui circule dans la tête d'un post-adolescent paumé dans un monde adulte. Ce genre d'abîme qui fait poser les pieds sur terre en laissant la tête dans les nuages. Un peu comme si on écoutait l'introduction du Climbatize des Prodigy, en boucle, sans pouvoir l'arrêter. Zero 7, ce sont deux Londoniens: Henry Binns et Sam Hardaker, qui ont commencé à se faire un nom, en référence à un club du Honduras ("Zero Siete"), grâce à leur remix du Climbing up the Walls de Radiohead. Leur style, aussi apaisant qu'un rayon de soleil après la pluie, profond derrière la légèreté des notes, peut les rapprocher des Versaillais de Air. En fait, c'est plus complexe. Pour comprendre la fascination que le groupe peut provoquer depuis des années chez de nombreux toqués, il faut absolument redécouvrir quelques uns de leurs standards, comme The Pageant of the Bizarre (disponible dans l'album The Garden) ou encore This World et In the waiting line (dans l'album Simple things). Ces morceaux que tout-le-monde-a-déjà-entendu-une-fois-sans-savoir-qui-c'est doivent également aux choristes. C'est notamment grâce à ce groupe que l'on doit la découverte de Sia Fuller qui, depuis, mène une carrière en solo et reste célèbre pour avoir signé le morceau Breathe Me qui colle aux dernières images (inoubliables) de la série Six Feet Under.

 

sixfeetunders402

 

En 2001, Zero 7 a sorti un premier album, Simple Things, qui rivalise de morceaux inusables : le lancinant In the waiting line (qui figure sur la BOF de Garden State), le suave Destiny, l'orgasmique This World, le poignant Distractions, l'angoissé Simple Things, l'ambiant Red Dust. Tous ces titres plongent dans une hypnose maladive qui ne pourra être guérie que si on les écoute à répétition, comme pour adoucir une blessure. L'année suivante, Binns et Hardaker ont sorti un album mixé pour la collection Another Late Night d'Azuli Records regroupant des sons hip-hop et chill-out, triturant les bases indistinctes du trip-hop et proposant d'incroyables fulgurances désabusées. Mais c'est avec la sortie du très beau When it falls, en 2004, qu'ils confirment tout le bien que l'on pensait d'eux. Over our heads ressemble à This World et provoque la même puissance émotionnelle. Warm sound joue avec les instruments de nos têtes et Speed Dial No. 2 murmure une déchirante confession. Sur cette bonne lancée, Zero 7 revient deux ans plus tard avec The Garden, leur avant-dernier album, qui avec le recul préfigure le changement de registre. Quelques indispensables, servis par la voix de Sia : The Pageant of the bizarre, qui enroule dans sa noirceur - du moins, dans les deux premiers tiers, ou encore Dreaming qui prend de la valeur au fur et à mesure qu'il avance. Pas de Sia en revanche dans le dernier album Yeah Ghost, à la fois commercial (plus accessible) et expérimental (très différent des précédents), qui par son mélange des genres, devrait flatter un public plus large.

 

 Garden state

 

ZERO 7 AU CINEMA... ET A LA TV.

Contrairement aux apparences, Zero 7 n'a pas été souvent exploité au cinéma. La preuve.


"In the waiting line" (bande originale de Garden State de Zach Braff et dans la série House


"Distractions" (bande originale Le Cœur des hommes de Marc Esposito).


"Destiny" (Blue Crush)


"Distractions"  (Six Feet Under)


"Polaris" et "In The Waiting Line" (Sex and the City)


"When It Falls" (À la Maison Blanche)


"End Theme" (Les Experts)


"Sommersault" et "Passing By" (Newport Beach)


"In The Waiting Line (Dorfmeister Con Madrid De Los Austrias Dub)" (Confidence)


"Look Up" (Goal!)


"Throw It All Away" dans la série Studio 60 on the Sunset Strip


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