Dans les années 60-70, les Grind House étaient des petits cinémas de quartier qui diffusaient toute la nuit des films d'exploitation (blaxploitation, sexploitation, kungfuxploitation, nunsploitation), certaines compagnies de productions allant jusqu’à faire des double films spécialement pour l’événement. A l’occasion de la sortie du
Boulevard de la mort, première partie du diptyque signée Quentin Tarantino, retour sur une sélection de 100 films de sous culture qui convoquent l’esprit Grindhouse. Seconde partie.

C’est le film préféré de John Waters («le plus beau jamais réalisé» dixit le pape du trash) et pour cause: c’est avec
, le meilleur Russ Meyer. Conspué – comme il se doit pour tout film culte qui se respecte – à sa sortie par les bien-pensants de l’époque, il a été accueilli à bras ouverts par le public des Grindhouse. Le récit qui aurait pu s’appeler «Go-Go Tales» (Abel Ferrara, si tu nous entends) narre les pérégrinations sanguinolentes de trois danseuses de cabaret, maquillées comme des voitures volées. Le regard féministe et fasciné que Meyer jette sur ces icônes transfigurées ajoutent au plaisir: il dépasse les bornes du sexuellement correct en ne montrant pas de nudité et en se contentant de filmer des nanas qui ont un langage de mec et font des allusions lubriques. Inimitable et barré.
Considéré comme une video nasty, ce nazisploitation italien s’intéresse à des résistants qui luttent contre l’occupant germanique. Parallèlement, une doctoresse maléfique (sorte de jumelle de
- on en parle plus loin) crée une sorte de Frankenstein chargé de semer la terreur. Toutes les horreurs sont permises comme les tueries sur des vieilles personnes et des enfants. On note une scène d’anthologie où littéralement des électrodes sont plantées dans un vagin. En Angleterre, ce film est souvent confondu avec
, de Walerian Borowczyk. Qui n'a strictement rien à voir.