Pour ceux qui ne connaissent pas le roman de Dennis Lehane et qui veulent avoir quelques pistes sur le prochain film de Martin Scorsese sans subir les affres de spoilers intempestifs, la cinéphilie sans fin du réalisateur pourrait permettre d’y voir un peu plus clair. Cédric Brelet von Sydow a été pendant deux semaines un invité privilégié du cinéaste. Histoire de déceler quelques indices, voici la deuxième partie de 15 jours avec Scorsese, sur les influences de Shutter Island.
« Que ce soit de la fiction ou du documentaire, Scorsese regarde tout. », Cédric Brelet von Sydow
Martin Scorsese est fidèle à sa légende et Cédric Brelet von Sydow dit de lui qu’il est « réellement une encyclopédie du cinéma. Dès qu’il voit que quelqu’un est réceptif, il explique qu’il a déjà fait ce plan dans un de ses précédents films ou que l’on peut retrouver tel autre dans tel long-métrage. Chaque semaine, il invite son équipe à une séance de cinéma pour la projection d’un vieux film qu’il a fait restaurer et qui peut avoir un rapport avec leur travail en cours... Quand j’y étais, il nous a montré The Haunting en 35mm et par chance je l’avais vu une semaine avant en DVD ! J’ai donc pu discuter avec lui plus facilement, établir une connexion. C’est d’ailleurs grâce à cela qu’il m’a donné l’autorisation de rester quinze jours à côté de lui avec ma caméra. Il a senti que quelque chose était passé. Il y avait une grande générosité dans ce qu’il me disait et ce qu’il me laissait filmer. » Pourquoi ce film de Robert Wise datant de 1963 ? Une seule raison, qui prouve le perfectionnisme acharné du réalisateur : « la maison dans laquelle l’équipe a tourné début 2008 ressemblait étrangement à celle de The Haunting. Il voulait ce point de vue esthétique, il est toujours à la recherche d’une atmosphère… Son premier assistant et Sir Ben Kingsley étaient présents dans la salle de projection...»

