Suspiria – 1977Toute une cinéphilie s’est formée autour de
Suspiria, et on comprend pourquoi, tant l’œuvre est encore aujourd’hui novatrice, atypique, extrême, maîtrisée de bout en bout. Voilà une œuvre qui développe une ambiance unique qui ne peut se décrire que comme un cauchemar sur pellicule. Véritable symphonie onirique, le film divisa lors de sa sortie en France. On le trouva putassier et vulgaire, à tel point que pour un de ses films suivants, un critique de Télérama suggéra dans un de ses papiers qu’il fallait dire à Argento qu’il n’était pas fait pour être réalisateur. Une aberration lorsque l’on se retrouve 30 ans après devant cette pierre angulaire du cinéma, mélangeant avec un talent indéniable film populaire et œuvre intellectuelle et noble. C’est à dire qu’il peut être à la fois vécu et analysé en même temps, mais jamais vu de manière neutre.
On ne peut pas voir
Suspiria et rester indifférent à ces jets de couleurs baroques et enivrants. Il est pour beaucoup la découverte d’une culture alternative : le cinéma bis dont il est le porte étendard, l’argument à un cinéma différent et véritablement viscéral, mais néanmoins underground. Il s’inscrit comme le premier opus de la trilogie des Trois Mères dont le second opus les Inferno et le dernier,
La Terza Madre ne devrait pas tarder à sortir en Italie. SP
Zombie – 1978Référence ultime du film de mort-vivants,
Zombie voit son réalisateur George A. Romero au sommet de son art. Suite de son classique La nuit des morts-vivants datant de 1968, le réalisateur sublime son postulat de départ (la terre est tout à coup hantée par d’innombrables zombies) en y apportant une critique acerbe de la société de consommation et de l’humanité toute entière. Filmant ces êtres vides de toute conscience arpentant par réflexe les alentours d’un centre commercial, montrant le désarroi des infrastructures officielles face à l’ampleur de la catastrophe et dépeignant crûment l’inconscience, l’égoïsme et la bêtise crasse de certains personnages, Romero arrive à placer son audience dans un huis clos mental terriblement oppressant (il ne reste nulle part où aller) où la seule perspective d’échappatoire reste le suicide ou la réclusion. Peinture savante (tant thématique que visuelle) d’une humanité perdue amputée de son oxygène réflexif,
Zombie est tout simplement ce qui a été fait de mieux dans le genre. DB
Halloween – 1978Le film de John Carpenter a marqué les esprits. Terriblement ambitieux dans sa forme, ce film d’horreur se permet d’en montrer un minimum et de nous mettre une frousse comme c’est pas permis. Le premier plan, en vision subjective est d’une intensité remarquable et à elle seule, bien plus efficace que le remake très moyen de Rob Zombie. Jamie Lee Curtis réinvente le mythe de la reine du cri et nous sert une prestation particulièrement éprouvante d’une jeune demoiselle en proie à un boogeyman véritablement terrifiant. Précurseur de films comme Scream vingt ans avant leur création, ce slasher est une référence du genre et n’a pas pris une seule ride. La mise en scène minimaliste de Carpenter ainsi que sa composition musicale restent aujourd’hui des must et ont offert au cinéma d’horreur un nouveau souffle que tous cherchent désormais à reproduire. Depuis ce film, impossible de passer un soir d’Halloween tranquillement. C’est bien simple, Michael Myers n’est jamais loin... Et ne meurt jamais. KD