Par Christophe Berthemin - publié le 15 novembre 2006 à 11h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h17 - 0 commentaire(s)
Quand il réalisa 2000 Maniacs il y a maintenant plus de quarante ans, HG Lewis, qui proposait ainsi sa version redneck du Brigadoon de Minnelli, ne savait peut-être pas que son film allait devenir un classique du cinéma gore et que lui aussi serait un jour revisité par la génération suivante. De galères en galères, le cinéaste Tim Sullivan aura mis des années pour que 2001 Maniacs voie le jour. La sortie française du film en DVD ce mois-ci est enfin l’occasion de revenir avec le réalisateur sur cette très bonne surprise qui comblera tous les amateurs du genre.


Tim Sullivan, réalisateur de 2001 MANIACS

Comment êtes vous arrivé sur ce projet qui est aussi la première production de Raw Nerve (ndr - la société de production de Eli Roth) ?
Après avoir produit Detroit Rock City, j’en avais marre d’être une remorque qui ramène le paquebot des autres sur la terre ferme. Au départ, je me suis dit que si je pouvais mettre toute mon énergie dans ma propre carrière de réalisateur comme je l’avais fait pour les films des autres, peut-être que cela donnerait quelque chose de bien. Donc, j’ai commencé à chercher un projet sur lequel me faire les dents. A l’époque, c’était en 2000, Robert Zemeckis faisait des remakes des films de William Castle et cette mouvance de remake commençait à peine. Un jour, un type qui s’appelle Chris Kobin est venu dans mon bureau et m’a dit qu’il possédait les droits de remake des films de H.G Lewis. Une lanterne s’est éclairée au dessus de ma tête et peu de temps après, Kobin et moi, deux parfaits inconnus, étions compagnons de route pour l’aventure 2001 Maniacs et l’avons co-écrit tous les deux. Nous avons toujours voulu Robert Englund depuis le premier jour pour le rôle principal. Le script avait été écrit pour lui, et en fait, avec ce script, un bon story-board et Robert de notre côté, nous n’avions plus qu’à faire le tour des producteurs. Nous en avons trouvé deux mais ils se sont avérés être des charlatans. Quatre ans après avoir écrit le script, j’ai enfin rencontré Chris Tuffin de BloodWorks. Il a tout de suite aimé le projet et nous assurait la sécurité de la moitié du financement. A ce moment là, John Landis m’a présenté à Eli Roth, avec qui j’ai tout de suite accroché, parce que nous sommes tous deux des geeks de films d’horreur. Cabin Fever, qui venait juste de sortir, cartonnait et Eli allait lancer sa propre société de films d’horreur, Raw Nerve, avec Scotty Spiegel et Boaz Yakin. Il savait qu’un remake d’un film de H.G Lewis avec Robert Englund allait le faire, donc il a assuré l’autre moitié du financement avec ses partenaires. Je me suis ainsi retrouvé dans le fauteuil de réalisateur d’un projet produit par BloodWorks mais qui était aussi la première production de Raw Nerve.


Tim Sullivan, réalisateur de 2001 MANIACS, sur le tournage

Vous vous souvenez de la première fois où vous avez vu le film?
La première fois que j’ai vu 2000 Maniacs, c’était en 1980 en double programme avec La Colline a des yeux, dans un cinéma d’exploitation de la 42ème rue de New-York. J’avais beaucoup entendu parler du style personnel des films d’horreur de Lewis, et je dois admettre que j’étais ravi par la nature subversive du film. Je n’imagine même pas ce que les gens ont pu ressentir quand il est sorti dans les Drive-In à l’époque des Beach Blanket Bingo et autres Quatre garçons dans le vent. J’étais parfaitement conscient des imperfections cinématographiques du film, parce qu’il faut bien le dire, ce n’est pas non plus L’Exorciste, mais il y avait une telle audace et un esprit si rebelle que je l’ai beaucoup aimé. Je n’en pouvais plus d’attendre qu’il arrive en vidéo pour le montrer enfin à mes amis.


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