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2009 : Rétrospective de janvier à juin

Par Nicolas HOUGUET - publié le 29 décembre 2009 à 16h49
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A peine remis des grandes émotions de 2008 (Into the wild, There will be blood et Two Lovers pour en citer quelques unes), notre rédaction héroïque partait à l'assaut de l'année suivante en espérant qu'elle lui réserve autant de belles surprises.

 

Janvier

En janvier, on était tenté de suivre Che Guevara dans Che : l'Argentin de Steven Soderbergh avant de se raviser et de ravaler nos ardeurs révolutionnaires devant Che : Guerilla. Mais le mois fut surtout marqué par une autre rébellion, magnifique et intimiste, orchestrée par Sam Mendes et réunissant un couple légendaire, Leonardo DiCaprio et Kate Winslet dans Les Noces rebelles. On ne pouvait s'empêcher d'y voir une continuité, si le couple échevelé de Titanic avait survécu et qu'il s'était trouvé enfermé dans le conformisme d'une banlieue américaine et d'un bonheur standard. On en ressortait bouleversé (certains étant confortés dans leur célibat forcené). Enfin sortait Slumdog Millionaire, qui allait tout rafler aux Oscars et changeait littéralement votre regard sur l'Inde contemporaine, et accessoirement sur « Qui veut gagner des millions ? ». Le grand Bébel revenait à l'affiche. Espion(s) divisa. Certains saluèrent l'effort et d'autres s'y ennuyèrent. Los Bastardos était quant à lui un uppercut de violence impressionnant. On éprouvait un plaisir coupable à retrouver l'univers de l'auteur de Fight Club avec Choke. On pataugeait dans les bons sentiments avec Sept vies (avec un plaisir aussi déviant). Les jeunes filles en fleurs s'émoustillaient devant les vampires édulcorés de Twilight : chapitre 1: Fascination. Maïwenn organisait son Bal des actrices et imposait sa voix singulière. Tom Cruise tentait de tuer Hitler avant Tarantino dans un film assez académique, Walkyrie, où l'on célébrait l'excellence des grands acteurs anglais (de Kenneth Brannagh à Terence Stamp).
 

Février

Février arriva donc, avec sa saison de récompenses et de cérémonies interminables... euh, glamour! L'Etrange histoire de Benjamin Button faisait parler de lui, les uns célébrant le talent de conteur de David Fincher (et son utilisation virtuose des effets spéciaux), les autres déplorant le classicisme du film. Nicolas Houguet but des litres de café pour tenir le coup devant la cérémonie des Oscars qu'il était chargé de relater. On attendait d'y voir couronné Mickey Rourke pour son merveilleux come-back, ce fut finalement le non moins remarquable Sean Penn qui reçut la statuette. Romain Le Vern trouvait une belle image en évoquant Clint Eastwood dans Gran Torino (« un vieux requin blanc ») et donnait à chacun l'envie de le découvrir. Les vampires de Morse électrisaient notre rédaction, où se côtoient pas mal de sanguinaires assoiffés. On se désolait dans le même temps devant Cyprien. Beaucoup parlaient de The Wrestler la voix encore tremblante d'émotion, écoutant la merveilleuse chanson de Springsteen en écrasant une larme. Ce film rare de Darren Aronofsky demeure dans le souvenir comme un chef d'oeuvre et surtout comme un coup au coeur, l'un des plus grands chocs de l'année.  
  gran_torino_7

 

Mars

Mars fut assurément dominé par la sortie de Watchmen : Les gardiens de Zack Snyder. Beaucoup de fans de la B.D y virent une adaptation méticuleuse et fidèle. On avait une furieuse envie de se passer son merveilleux générique en boucle (sur fond de « The time, they are a changin' » de Bob Dylan).  Soudainement nous prenait l'envie irrépressible de nous tricoter un masque aux tâches changeantes, de prendre une voix très grave et de faire part de nos observations misanthropiques. Dans un autre genre, la vie de Harvey Milk et son combat pour la tolérance étaient enfin projetés  sur nos écrans et Sean Penn y était en effet surprenant et magistral. Kim Basinger réapparaissait dans le film de Guillermo Arriaga, Loin de la terre brûlée, et nous rappelait son inaltérable beauté (sans botox ajouté). Un trombinoscope extatique lui fut alors consacré. Julia Roberts croisait Clive Owen dans Duplicity, sur le mode de « on s'est connus, on s'est reconnus, on s'est perdus de vue... » chez les espions. Un peu convenu certes mais le couple était étincelant. Plus inattendu était Marley et moi, chronique réussie de la vie d'un couple (Jennifer Aniston et Owen Wilson), vue par le prisme de leur turbulent labrador. La comédie romantique attendue finissait par émouvoir par surprise. Une famille brésilienne de Walter Salles et Daniela Thomas dressait le portrait émouvant, sensible et profond d'une jeunesse bataillant pour faire valoir ses espoirs et pour gagner un avenir malgré un quotidien violent et noir. Enfin les sans papiers étaient évoqués par Welcome, film défendu par un Vincent Lindon exemplaire et engagé. Parfois le cinéma peut influer sur la vie et pointer efficacement les travers inhumains de certaines lois. 
 

Avril

Les remakes sont habituellement décevants, pourtant la reprise de La Dernière maison sur la gauche en a convaincu plus d'un. L'espion le plus con jamais créé au cinéma était de retour. Il revenait plus stupide que jamais dans OSS117, Rio ne répond plus, opus bourré de répliques savoureuses et d'une scène où ce brave espion bien de chez nous est initié à la culture hippie et à la libération sexuelle de manière approfondie. Enfin, les trentenaires nostalgiques se préparaient avec une hâte fébrile à Dragonball Evolution et grande fut leur déception. Wolverine montrait de nouveau ses griffes mais, elles étaient un tantinet émoussées. Nicolas Cage revenait à l'affiche de Prédictions d'Alex Proyas... « Coiffé comment ? » s'inquiétaient ses fans. C'est Ron Howard qui livrait l'un des meilleurs films de ce mois là avec Frost Nixon. Un film sur une interview ? Pas de quoi s'exciter, direz vous, mécréants. Cependant, le journaliste doit ici déjouer toutes les ruses d'un grand manipulateur et leur face à face devient aussi fascinant qu'un duel de western avec un Frank Langella impressionnant dans le rôle du président déchu. Zac Efron excitait les nymphettes dans 17 ans encore... Cécile de France émoustillait un peu moins en Soeur sourire mais composait un beau rôle. Plus élégante était Audrey Tautou dans Coco avant Chanel. Enfin, on s'aventurait avec Bertrand Tavernier Dans la Brume électrique et sa Louisiane, poisseuse et fascinante. Cannes préparait sa croisette. La pression montait. 
 

Mai

Déroulez tapis rouge, sonnez trompettes. Chacun taillait ses crayons et autres plumes d'oie (on travaille à l'ancienne) en vue de la quinzaine cannoise et de sa douce euphorie. On détaillait fiévreusement le jury autour de la présidente Huppert, on faisait des pronostics, on tirait des plans sur la comète. Scandale, fascination et controverse après la projection d'Antichrist de Lars Von Trier. Bientôt, un délirium inquiétant allait s'emparer de Romain Le Vern qui allait voir des renards qui parlent partout (murmurant encore des mois plus tard « chaos reigns » et fredonnant à l'occasion une chanson du Robin des bois de Disney). On découvrait notre Johnny national dans Vengeance d'un autre Johnnie. Pic d'activité pour nos journalistes qui livraient critiques et portraits à tour de bras. On se souvient des éditos sur le vif de notre bien-aimée Sophie Wittmer (qui attend toujours Brad Pitt, mais pourquoi n'est-il pas venu ?). Palme controversée pour Le Ruban blanc de Michael Haneke. Au milieu de cette effervescence, sortait Anges et Démons, nouvelle incursion plus incisive de Ron Howard dans l'univers de Dan Brown (après un Da Vinci Code un peu mou)... Il se passe décidément des choses pas très catholiques au Vatican... Par ailleurs, Marie-Josée Croze était sublime dans Je l'aimais. J.J Abrams livrait une relecture efficace de Star Trek, donnant même aux néophytes le désir de s'initier au Klingon. On avait une furieuse envie de s'embarquer sur le bateau de Good Morning England et de s'étourdir de bon vieux rock n'roll. Et l'on se surprenait aussi à désirer un ami imaginaire prestigieux, comme Eric Cantona dans Looking for Eric de Ken Loach. Almodovar déclinait de belles Etreintes brisées, continuant de célébrer sa muse Penelope.  

 Charlotte Gainsbourg, Antichrist

 

Juin

Quand un nouveau développement d'une mythologie cinématographique se profile, l'espoir renaît. C'était le cas avec Terminator Renaissance de McG. Le résultat fit pourtant long feu. Un Christian Bale figé, une ambiance martiale et un contexte bourrin... James Cameron, réveille-toi, ils sont devenus fous... Enfin sortait Antichrist, auréolé de sa sulfureuse réputation et confirmant l'avènement d'une immense actrice, justement récompensée à Cannes, Charlotte Gainsbourg. Sa prestation est étonnante, à couper le souffle, choquante (et pas mal d'autres adjectifs admiratifs). On ressortait troublé, déboussolé, totalement bouleversé. Pour décompresser, les boutonneux ingrats que nous fûmes, tous s'identifièrent aux jeunes gens tourmentés par leurs hormones dans Les Beaux gosses. Cela rappela à certains l'impressionnante collection de râteaux entamée en leur cruelle adolescence. Grâce à ce film, ils purent en rire. Dans Ne te retourne pas de Marina de Van, Sophie Marceau se transformait en Monica Bellucci, ce qui a pu faire fantasmer les ados attardés précités, mais laissa un peu les amateurs de frissons sur leur faim. Blood the last vampire, oeuvre d'animation d'anthologie, ratait sa transposition au cinéma. Michael Bay donnait une suite à Transformers, le bien nommé Transformers 2 : la revanche, avec la finesse qui le caractérise, misant tout sur le spectaculaire et oubliant le reste. Mais pour citer un Vincent Martini clément : « C'est un film popcorn, on sait ce qu'on va voir ». Enfin il y eut Home, oeuvre écologique de Yann Arthus Bertrand. Le message était certes d'utilité publique cependant... l'aspect excessivement pédagogique et le commentaire lénifiant de la chose ramenait aux pires moments de notre scolarité, lorsqu'un prof nous incitait à regarder une vidéo très instructive... et qu'il faisait beau dehors. On préférait se joindre à un Very bad Trip, à Las Vegas, l'une des villes qui consomme des monceaux d'électricité et où les climatisations marchent en permanence.


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