Dans la catégorie meilleur film : 20 Coups de gueule... de 1928 à 2008 ! Les Oscar prennent cette année un sacré coup de vieux ! En effet, la cérémonie souffle les bougies de son 80ème anniversaire, soit bientôt un siècle de récompenses, d’émotions, de surprises et de joie... Mais les Oscar, c’est aussi des injustices, des cinéastes oubliés et des films mis sur le carreau. Bref, le bonheur des uns fait toujours le malheur des autres. Cependant, avec la distance que nous avons aujourd’hui sur ces 80 ans de palmarès, nous pouvons désormais nous reposer la question de la légitimité de certaines victoires. Nous n’allons pas refaire les cérémonies de ces 80 dernières années mais tentons de déterminer ce qui aurait pu être évité et ce qui a renforcé l’identité et le prestige des Oscar. Année par année, dans la catégorie meilleur film, retour sur l’Histoire du cinéma à travers le prisme d’une petite statuette en or. Flashback...
1941 : Que se passe-t-il ?
Le Faucon Maltais repart bredouille face à
Qu’elle était verte ma vallée de John Ford... Injustice totale ? Sûrement. D’ailleurs tout le monde a quasiment oublié cette production 20th Century Fox. Les puristes crient quotidiennement au scandale et montent des autodafés du DVD du film de John Ford. Les autres s’en sont remis et vivent paisiblement. Tout de même, un faucon qui se fait chourrer l’oscar par une famille du Pays de Galles, c’est peu commun. Notre directeur de publication, lui, cherche toujours à assassiner l’intégralité des votants de cette année...
1951 : Un Américain à Paris, comédie musicale un brin choucroutée qui ne vaut que pour son tableau final l’emporte haut la main face à
Un tramway nommé Désir, adapté de Tennessee Williams. Le film de Vincente Minnelli ne se prête pas forcément à la discrétion et aux sentiments subtils mais plus à un étalage lourdingue de numéros musicaux efficaces mais trop longs. Face au film d’Elia Kazan, monument d’intelligence, sexy, brutal et proprement fascinant, on se demande si les votants n’ont pas été aveuglés par le technicolor de Minnelli !
1958 : Une belle fournée que cette année 1958 ! C’est bien simple, les titres les plus prestigieux sont déchirés entre cinq films (
Le pont de la rivière Kwaï, 12 hommes en colère, Les plaisirs de l’enfer, Sayonara et
Témoin à charge) et finalement malgré la qualité plus qu’évidente des autres concurrents seul le film de David Lean partira avec quelques statuettes. Il y a un demi siècle déjà le comité préférait encenser un seul film à la place de se retrouver avec plusieurs favoris… Non pas que
Le pont… ne mérite pas ses titres (Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur) mais rater Sidney Lumet qui se contentera d‘un oscar d’honneur en 2005, ça fait tâche…