Mercredi sera incontestablement marqué par la sortie en salles du très bon
Prédictions, nouveau film de Alex Proyas. Artiste rare, Proyas possède cette incroyable et improbable réputation de réalisateur culte, titre qu’il doit à une filmographie sommaire mais riche de titres prestigieux. Il faut dire qu’en espaçant ses escapades hollywoodiennes et en aérant sa cadence de production, son nom est devenu synonyme de métrages léchés et de qualité. Une fois n’est pas coutume, cette nouvelle aventure apocalyptique ayant pour vedette
Nicolas Cage est une vraie réussite et nous donne l’occasion de dresser brièvement le portrait d’un génial cinéaste.

Outre le fait qu’un film de Proyas est reconnaissable entre mille autres de par ses réminiscences mythologiques ou la maestria visuelle qui hante sa pellicule, on ne pourra qu’apprécier le réalisateur pour la sagesse dont il fait preuve : quand bien même il déchaînerait le box-office en livrant une transposition de comics devenue culte bien avant sa sortie ou une adaptation d’une nouvelle d’Asimov, Alex Proyas charme pour la fraîcheur de ses films mais surtout pour l’entrain qu’il met dans chacun de ses projets. D’où une certaine singularité, les autres de sa génération préférant généralement profiter d’un filon plutôt que de laisser reposer pour mieux se consacrer à une nouvelle aventure. Et même quand la fringale de tourner se révèle inapaisable, il préférera s’investir dans une œuvre mineure, rupture parfaite et moment propice au ressourcement. Car contrairement à ce que l’on pourrait penser, Proyas est un vrai boulimique de travail, un de ceux qui savent se faire discrets mais qui ne cesse jamais de réfléchir à un nouveau concept ou de mettre en boîte quelques images délirantes… Une habitude prise tôt et qui finalement ne semble pas l’avoir lâché depuis qu’il est à la tête des projets les plus palpitants d’Hollywood.

Né de parents grecs, Alexander Proyas voit le jour le 23 septembre 1963 en Egypte. A peine âgé de trois ans, il part avec sa famille pour l’Australie, pays dans lequel ses parents finiront par s’établir. Toujours passionnés par l’Orient, ils lui font découvrir très jeune
Lawrence d'Arabie, film légendaire qui le fascinera au point de vouloir, quelques années plus tard, reconstituer quelques séquences par ses propres moyens ! Ainsi, dès ses dix ans, il commence à réaliser quelques petits films. Intégrant à dix-sept ans l’Australian Film Television & Radio School de Sidney, il en profite pour mettre en application tous les délires sur lesquels il fantasmait plus jeune. A ses côtés, Jane Campion et Jocelyn Moorhouse qui toutes deux partagent cette même passion. Bien que la réalisatrice de
La leçon de Piano connaîtra une reconnaissance publique bien plus tôt que Proyas, ce sera pourtant lui qui sautera le pas en premier. Mélomane averti, il réalise tout d’abord un clip musical nommé
Neon. D’une durée de quatre minutes, la bande lui permet de s’échauffer et de mieux se lancer dans
Groping, court-métrage de huit minutes réalisé la même année (1980) et pour lequel le jeune homme use de tous les moyens : obsédé par la construction esthétique, il ose et mélange la réalisation en prise réelle et les séquences en stop motion. Présentant son bébé tourné en 35 mm dans différents festivals, il commence à se faire remarquer,
Groping recevant quelques prix dans des festivals de Sidney et de Londres.