Par - publié le 05 août 2008 à 11h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h00 - 0 commentaire(s)
Miracle Mile repose sur le suspens (quelle est la nature de la menace?) tandis que Cloverfield confronte immédiatement à la catastrophe (un monstre gigantesque). C'est la différence entre ce que l'on montre et ce que l'on ne montre pas. Dans les deux cas, on ne sait pas ce qui risque de se produire après. Et dans les deux cas, ce sont des prétextes pour raconter des histoires d’amour que l’on peut trouver calibrées sur le moment mais qui en réalité témoignent de la nécessité de se retrouver en période trouble et dans une mégapole déshumanisée (Los Angeles pour Miracle Mile et New York pour Cloverfield). Dans leur déroulement, c’est exactement la même progression: aller chercher la petite amie pour vivre la fin du monde avec elle, se confronter à une population devenue encore plus hostile et agressive, voir des choses que l’on ne voit pas tous les jours et qui donnent un côté surréaliste à la réalité, prendre l’hélicoptère pour s’enfuir le plus loin possible (voir le jeu des captures). Si elle constitue l’une des bonnes raisons qui donne envie d’en savoir davantage, la résolution de l’énigme dans Cloverfield et Miracle Mile est aussi intéressante que la progression dramatique. S’ils sont présents, les effets pyrotechniques passent cependant après la psychologie de personnages habilement caractérisés. La séduction de Cloverfield réside également dans le refus des explications. Le spectateur ne sait pas - et ne saura jamais - d’où provient cette menace. Idem pour Miracle Mile.




Le chaos urbain : des villes en plein tumulte


Certaines séquences (la destruction du pont de Brooklyn, le métro désert, la ville détruite perçue du point de vue d’un hélicoptère) glacent tellement l’échine qu’elles donnent immédiatement envie d’être revues, une fois sorti de la projection. C’est d’autant plus redoutable d’efficacité que le film fait mine de privilégier le direct tout en respectant les codes du genre (découverte progressive de la bête, intrigue sentimentale) et la contamination d’un univers hyper concret par le fantastique. Il suffit de voir des badauds excités qui prennent la tête décapitée de la Statue de la Liberté en photo avec leur portable pour comprendre que le monde est désormais assujetti à de nouveaux systèmes de communication en oubliant souvent qu’un rien peut ébranler ce réseau performant et que le connecting people ne sert plus à rien (le personnage de Denise Crosby dans Miracle Mile préfigurait déjà ça).



Le souterrain : la solution envisagée, en opposition à l'hélicoptère


Dans Miracle Mile, ça se résume à une simple cabine téléphonique. On peut en cela considérer Cloverfield comme un jeu vidéo désespéré où les personnages ne sont plus qu’animation et le game over prend tout son sens tragique. Une manière comme une autre de suggérer la futilité de nos relations modernes et la déshumanisation de la société. Aussi, ce sont deux films à voir en couple pour savourer leur noirceur romantique. A la différence que l’un vient de paraître en DVD (Cloverfield) et que l’autre continue de prendre la poussière (Miracle Mile). Celui qui sort n’est pas nécessairement le meilleur des deux.
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