A l'occasion du cinquième anniversaire de la collection des Introuvables édités par Wild Side Video, retour sur la période "Films Noirs" du réalisateur Anthony Mann.
Bien avant de devenir le plus grand réalisateur de péplums jamais connu (soyons clairs, en terme de mise en scène,
Le Cid, La Chute de l’Empire romain et les premières séquences de
Spartacus enterrent toute concurrence…
ever !) Anthony Mann avait déjà amplement prouvé ses aptitudes exceptionnelles sur deux des genres les plus emblématiques et les plus exigeants de l’histoire hollywoodienne, à savoir le Western et le Film noir.
Né le 30 juin 1906 ou 1907 (on ne sait pas exactement) dans le calme de San Diego, en Californie, Emil Anton Bundmann, dit ‘Anthony’, déménage très tôt en compagnie de ses parents enseignants, traverse le pays et s’installe dans l’effervescente New York. Attiré par les planches dès l’âge de dix ans, il traîne autour des théâtres, devient acteur à 16 ans et effectue des tournées à travers les Etats-Unis. Touche à tout et extrêmement travailleur, il se hisse vite au poste de régisseur du futur cinéaste Rouben Mamoulian, et apprend à ses côtés les rudiments de la direction d’acteur et le travail du texte.
Profitant du programme fédéral qui finance un théâtre militant dans les années 30, Bundmann fonde la Stock Company à 26 ans et parraine les débuts du jeune James Stewart. Habitué à flairer les talents en traînant dans les salles de théâtre new-yorkaises, le grand producteur David O’Selznick le débauche en 1938 et l’entraîne dans sa compagnie, la Selznick International Pictures, où Anthony dirige les tests filmés de casting sur
Autant en emporte le vent, Rebecca, Les Aventures de Tom Sawyer et quelques autres. A cette époque, il offre également sa polyvalence à la télévision balbutiante, et dirige un programme en direct intitulé
Streets of New York. Se sentant vite à l’étroit, il quitte Selznick pour la Paramount et devient l’assistant de Preston Sturges sur son chef-d’œuvre
Les Voyages de Sullivan (le film auquel les frères Coen on rendu hommage 486 fois). Il y est omniprésent, à la fois sur le plateau et sur le banc de montage, où il va apprendre auprès de son mentor l’essentiel du talent narratif, la façon délicate d’ordonner les évènements pour atteindre à la fois la simplicité et la subtilité.
La Brigade du suicideRéalisant son talent, Sturges lui conseille de se lancer au plus vite dans la réalisation, et un coup du destin va effectivement lancer Mann dans cette voie. Mac Donald Carey, ancien acteur de la troupe de la Stock Company, décroche en 1942 le rôle principal d’une comédie intitulée
Dr Broadway, et impose au producteur Sol Siegel son ancien directeur Anthony Mann. Pour ce dernier, pressé par des délais impossibles et un budget inconséquent, l’expérience n’est que frustration. Mais il persévère et réalise plusieurs commandes, des séries pour les petits studios d’époque tels que Republic, RKO ou Universal.