Asia Argento n’aime pas que les films de son père. Elle avoue ne jamais s’être remise de
Out of the blue, de
Dennis Hopper, manifeste punk dont le titre ne vient pas d'un album d'Electric Light Orchestra mais d'un morceau de Neil Young intitulé "Hey hey my my" en hommage à Johnny Rotten. La musique et le cinéma sont ses deux centres d’intérêt : lorsqu’elle ne tourne pas, elle mixe. Au prochain festival de Cannes, elle compte parmi les membres du jury.
Son itinéraire est connu de tous, mais il est toujours amusant de le reconstruire avec un regard actuel. Fille unique de Dario Argento, réalisateur italien des frissons de l’angoisse, Asia commence dans
Demons 2, de Lamberto Bava à seulement 11 ans. Après, son père l'engage dans ses propres films, la façonne comme une muse inspiratrice. On ne la retrouve pas nécessairement dans la meilleure période du père (
Trauma,
Le fantôme de l'opéra) même si elle est présente dans
Le syndrome de Stendhal, l'un de ses plus beaux derniers films. C’est ce sens de la famille qui lui a donné envie de participer à
Mother of tears, la conclusion d’une trilogie commencée avec Suspiria et Inferno qui ne vaudrait rien sans sa valeur affective (les présences de
Udo Kier et de sa mère Daria Nicolodi.