Par La rédaction - publié le 13 août 2004 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h08 - 0 commentaire(s)
Petit problème logistique chez dvdrama : trois semaines après la sortie d'Atomik Circus, qui ne s'est pas illustré par un succès flamboyant dans les salles c'est le moins qu'on puisse dire, voici notre interview fleuve des deux réalisateurs derrière ce projet complètement fou qui s'explique sur ses origines et ses démêlés avec la maison de production...

Attention, interview sans langue de bois !

Comment définiriez vous votre film ?
Didier Poiraud : C'est une comédie comics, de la bande dessiné, bourré de références que l'on a depuis notre enfance, provenant de séries TV ou de films à grands spectacles.
Thierry Poiraud : C'est un grand show. Un grand spectacle dans une ambiance complètement science fiction et série B. Il y a une trame, mais ce n'est presque pas le plus important.
D.P. : En fait tu prends Les Envahisseurs mais tu mets John Belushi dans le rôle de David Vincent, et… ça ne donne pas vraiment Atomik Circus mais presque…
T.P. : En fait c'est l'histoire d'un héros, James Bataille, qui tombe amoureux d'une fille de village, Conccia, et foutu par le père de la belle en prison. Il s'évade au début du film, alors qu'au même moment débute une invasion extra-terrestre. Toujours au même moment, un imprésario (Benoît Poelvoorde) arrive en ville et vient pervertir le village, comme les aliens. Le héros va "essayer" de sauver le village, il a les emmerdes collées au cul, mais en fait arrive en retard pour tout, même la fin.
D.P. : En fait les aliens piquent l'impresario au cul et c'est pour ça que tout part en couille.



En gros c'est une histoire qui part en couille.
D.P. : C'est ça : c'est une histoire traditionnelle du même type que n'importe quel film fantastique, une histoire d'invasion extra-terrestre américaine classique, mais revue et corrigée par nous et donc tout part de travers car rien ne se passe comme dans les films classiques. C'est notre vision à nous du genre…
T.P. : Attention, ce n'est pas une parodie. Nous restons sérieux, on croit en nos monstres, enfin comme on peut y croire dans une série B. On n'est pas là pour se foutre de la gueule de ce type de films.

Justement, ne serait-ce que par les extraits, on a l'impression que le film épouse un délire visuel du style de ceux d'Ed Wood…
T.P. : Exactement ! Et c'est fait avec sincérité…
D.P. : En fait on a tout copié sur Coppola… mais on est du niveau d'Ed Wood. (rires)
T.P. : C'est comme Ed Wood qui voulait faire Citizen Kane, mais ce n'est pas raté, c'est un style.
D.P. : C'est du raté qui sent bon en fait.



Vous venez du milieu de la pub…
T.P. : Non, avant tout nous venons de Nantes… et on a essayé de faire du cinéma. On a fait quelques courts-métrages. Pour gagner un peu notre vie, on s'est dirigé vers la pub, et comme les nôtres ont été plutôt remarquées, l'idée de réaliser un premier film s'est imposée d'elle-même. Enfin ce ne fût pas si simple de réunir l'argent car Atomik Circus est avant tout une série B débile, et que les gens n'aiment pas mettre de l'argent dans les séries B débiles. Mais ils se sont dit qu'on allait faire notre film comme nos publicités, que ce serait plus une blague qu'autre chose. Et à leur surprise, non : on a vraiment fait une série B débile.
D.P. : On est un peu fans des films de Sam Raimi, des frères Coen, des choses un peu exotiques, indépendantes ou moins, comme les Cry Baby, John Waters, …
T.P. : On est pas mal influencés par les films américains, mais en même temps on aime bien les espagnols, les italiens, les films français des années 70, …
D.P. : Et aussi les séries tv comme Cosmos 1999, Clair de Lune, …
T.P. : Ah oui Clair de Lune, j'y pensais encore hier soir. C'est une série incroyable qui pour l'histoire a lancé Bruce Willis…
D.P. : Happy Days, Fonzy, … Voilà un large panel de nos références. Bref pas vraiment La soupe aux choux ou Le gendarme de St Tropez (rires)



Vous pensez avoir digéré ces références ?
T.P. : On n'est vraiment pas là pour les imiter.
D.P : C'est pas un nouveau genre, on veut juste qu'il continue d'exister, et même je dirais qu'il "apparaisse" en France. Ce style a sa place, et le public français peut l'accepter sans problème. Les amateurs aujourd'hui sont malheureusement encore trop peu nombreux : lorsque Evil Dead ressort en France, il fait cinquante entrées. Peut-être qu'Atomik Circusen fera tout autant, mais on espère au moins que les gens qui aiment ce genre de films l'apprécieront. Même s'il n'y en a que 20.000, on sera avec eux. L'idéal serait évidemment qu'il y en ait plus, que l'on puisse continuer à leur faire des films bien sûr ! Mais si on cherche à plaire au plus grand nombre de gens, on risque de faire une grosse bouse. Donc là on s'est ciblé un truc bien précis.
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