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Avatar Opus 2 : L'anciennetÉ Du Projet [page 3]

Par Rafik Djoumi - publié le 20 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 20 octobre 2009 à 19h06 - 0 commentaire(s)
Fin 1997, alors que Titanic s’apprête à sortir sur les écrans (et que 95% des médias l’annoncent comme probablement le plus grand bide de la décennie), James Cameron entame sa tournée promotionnelle. En France, deux journalistes du magazine CinéLive souhaitent en savoir plus sur le projet Avatar et lui demandent : « Mais Avatar ne fait appel qu’à des acteurs digitaux ? ». « Non, non, non… » leur répond Cameron avec insistance. « Avatar sera hybride. Et même les personnages virtuels seront créés à partir de vrais acteurs, qui insuffleront leur personnalité à leur personnage (…) En fait, dans Avatar, on voit les personnages synthétiques, mais aussi les vrais acteurs qui… Non, je ne peux pas en dire plus. Ou alors je fais verrouiller cette pièce et je ne vous laisserai partir qu’après un lavage de cerveau ! ».



Ce que Cameron ne peut pas révéler aux journalistes ne tient pas dans l’histoire du film Avatar. Cette même année, ceux qui savent utiliser ce nouveau média qu’on nomme Internet n’ont aucun mal à mettre la main sur le traitement de 80 pages d’Avatar, disponible sur plusieurs plateformes cinéphiles. Les geeks de la planète savent déjà tout des Na’vi et du monde de Pandora. Ce qu’ils ignorent, c’est que Cameron est aux premières loges de la mutation technologique initiée en 1993. Sur Titanic, il a pu tester à la fois les méthodes les plus avancées de compositing (qui consiste à regrouper numériquement des éléments séparés –acteurs, décors, maquettes, eau, feu etc.- en un tout harmonieux et éclairé de façon cohérente) et il a rempli les arrières-plans de son film d’acteurs entièrement synthétiques et motion-capturés (cette dame qui fait marcher son bébé, là, sur le pont), sans parler des doublures numériques durant le naufrage. Encore une fois, Cameron voit au-delà de l’effet spécial et aperçoit surtout une méthodologie future, une façon même de tourner le film et d’en organiser les plans. Le mot qui compte, dans sa réponse aux journalistes, c’est le mot « hybride ». Mais comment expliquer, surtout en 1997, que les aliens synthétiques du film Avatar seront « présents » sur le plateau, qu’ils donneront la réplique aux comédiens humains en temps réel ? Même en 2009, il n’est pas dit que la chose soit comprise…

En 1999, James Cameron propose un devis qui lui permettrait de livrer Avatar tel qu’il l’a visionné dans sa tête. Ceci nécessite la création complète de structures de tournage, de matériels de prise de vue et de post-production divers, dont aucun n’existe dans le commerce. La facture s’élève à 400 millions de dollars. Le studio décline.

Comme prévu, les années 2000 vont donner raison aux prophéties de Cameron. Les techniques de compositing, et ce qu’elles permettent en termes de mise en scène, seront au cœur de la création des sagas Seigneur des anneaux et Matrix. Quant aux acteurs synthétisés, ils seront le cœur, aujourd’hui encore incompris, du bouleversement apporté par la Performance capture, technique et surtout méthodologie développée par Robert Zemeckis, Ken Ralston et Jerome Chen sur les films Polar Express, Monster House et Beowulf (qui sont donc, répétons-le une 8000ème fois par prudence, des films avec des acteurs, et non pas des dessins animés). Tout en suivant de très près ces développements, qui faisaient d’ailleurs partie de son devis, James Cameron ira développer de son côté d’autres éléments relatifs à ces multiples avancées technologiques. Avec ses précieux collaborateurs John Bruno et Jon Landau, il créera, pour les documentaires Les Fantômes du Titanic et Alien of the Deep, un système inédit de prise de vue 3D Imax composé de deux caméras haute-définition couplées en un seul appareil (et capable de filmer sous l’eau avec une pression de malade… hein… tant qu’à faire dans l’impossible !). Durant ces années-là, à plus d’une reprise, il fait connaître son intention prochaine d’adapter à l’écran le manga Battle Angel Alita (Gunnm en France), sachant que l’avancée du compositing lui offre dorénavant cette possibilité.
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