1. >
  2. >
  3. >
  4. >Avis Du Jour : Le Parfum [page 1]

Avis Du Jour : Le Parfum [page 1]

Par Tib20011 - publié le 08 novembre 2006 à 03h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h16 - 0 commentaire(s)
L'Avis du Jour met en avant l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Le Parfum passe aujourd'hui sous la plume d'un habitué de la "Rubrique des lecteurs", Tib20011.



15 ans. C'est le temps qu'il a fallu à un studio d'acheter les droits d'adaptation du roman "Le Parfum", écrit par Patrick Süskind. Une durée légendaire où les plus grands cinéastes se sont penchés sur la question : Martin Scorsese, Ridley Scott, Tim Burton, Milos Forman. Le seul cinéaste choisi par Süskind, Stanley Kubrick, a refusé de porter le roman à l'écran. Finalement, après tout ce temps, c'est Bernd Eichinger (également co-scénariste) et la compagnie Constantin Films qui a récupéré les droits, en collaboration directe avec Samuel Hadida (à travers Davis Films et Metropolitan Film Export). Son choix se porte sur Tom Tykwer, réalisateur dynamique du film culte COURS LOLA COURS, du sous-estimé HEAVEN ou encore d'un segment de PARIS JE T'AIME. Petit à petit, l'adaptation de ce best-seller s'est fait beaucoup attendre: un Paris reconstitué, un casting alléchant, une bande-annonce très prometteuse et des hordes de lecteurs en état de grâce. Le résultat est étonnant pour ceux qui, comme moi, ont seulement feuilleté le livre, et ont attendu la sortie de l'adaptation avec une certaine impatience: LE PARFUM sur grand écran est un "magnifique" film, possédant des charmes inattendus.

France, XVIIIème siècle. Le film suit donc le parcours étrange et fascinant de Jean-Baptiste Grenouille, orphelin abandonné par sa mère dès sa naissance. Au fil de ses mésaventures, il découvre son don exceptionnel: son odorat surdéveloppé, qui lui permet d'analyser toutes sortes d'odeurs dans chacun des lieux qu'il visite, et il apprend ainsi à maîtriser son don. Du moins c'est ce qu'il pense jusqu'à ce qu'il se retrouve fasciné par le monde des parfums et leur création au contact d'un maître parfumeur à Paris. Un monde qui va l'entraîner dans la quête du parfum ultime, celui qui mettra le monde à ses genoux. Et il va trouver ses éléments en puisant dans les odeurs naturelles de jeunes filles…



Tout ce que l'on peut dire de la construction du film, en apparence, c'est qu'elle est construite en 2 parties bien distinctes, l'une étant plus développée que l'autre afin de permettre au spectateur de s'habituer à la présence étrange de ce Grenouille, personnage à la fois repoussant mais attirant la pitié jusqu'à ce que sa naïveté laisse place à un désir de tuer dérangeant. La première partie du film représente donc la venue au monde de Grenouille et son apprentissage au sein de ses différentes mésaventures: les premières années de sa vie passée à l'orphelinat où des enfants tentent de le tuer alors qu'il est encore dans son berceau, son arrivée à Paris et sa première victime, son recueil chez Baldini, son apprentissage des différents parfums, son départ pour Grasse et son petit repos dans une grotte où il se rend compte qu'il n'a pas d'âme. En faites, toute cette première partie peut encore durer jusqu'à son arrivée à Grasse et les premiers enfleurements qu'il teste sur des jeunes femmes, tandis que la deuxième commence lorsqu'il ouvre sa boîte spéciale contenant les flacons de parfums afin de constituer le parfum ultime. Une deuxième partie qui s'ouvre sur un magnifique "montage" musical, où nous découvrons les efforts de Grenouille pour attraper les jeunes filles qui lui servent de notes, ainsi que les réactions des habitants de cette bourgade à la fois terrifiés et impuissants face aux actes barbares qui sévie. Personne ne peut d'ailleurs savoir ce qui pousse un meurtrier à enlever des jeunes femmes, toutes bénéficiant d'une certaine beauté, sans les violer ni les massacrer, mais en laissant leur corps nu dans des coins insolites (au bord d'une rivière, au milieu d'un champ, dans les décombres d'un appartement). Le film plonge peu à peu dans une noirceur et une oppression provoquant un étonnement général avant de se retourner contre le spectateur lors du dernier quart d'heure, enchaînant moment de folie intense et poésie totale (la scène d'orgie et de cannibalisme en sont les exemples parfaits, face à la musique et la voix-off entraînante se trouve un spectacle repoussant ou magnifié). On ne s'ennuie pas plus d'une minute durant ces 2h30 parfaitement bien orchestrées par Tom Tykwer, qui a un sens du rythme quelque soit ses enjeux (COURS LOLA COURS et sa tension omniprésente, par exemple).


Vos réactions


logAudience