L'Avis du Jour met en avant l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Aujourd'hui, c'est Stanislas Berton qui livre une critique des
Brigades du Tigre accompagnée d'une analyse du cinéma d'action populaire français.
Le cinéma français en manque cruellement. Le public français est en manque. De quoi ?
De films peuplés de héros charismatiques et de combats épiques, des films possédant une forte personnalité esthétique sans tomber dans l’exercice de style prétentieux, des films soutenus par une intrigue aux enjeux identifiables, complexe sans être obscure, dans laquelle l’évolution dramatique des personnages se ferait en parallèle avec celle de l’intrigue globale pour aboutir à une résolution finale dans laquelle les deux lignes finiraient par se rejoindre. Des films avec suffisamment de moyens et de vision cinématographique pour plonger le spectateur dans un univers cohérent et impliquant.
Des films populaires au sens noble du terme sans être putassiers.
Des films à grand spectacle de qualité.
Nos parents ont eu les Belmondo (plus ou moins réussis) et dans une moindre mesure les Delon. Et nous qu’avons-nous eu ?
Dans les années 80, nous avons eu les films de James Cameron et de John Mc Tiernan.
Dans les années 90, nous avons eu les films de Luc Besson ce qui était toujours et souvent mieux que rien.
Dans les années 2000, nous avons eu deux tendances, plus une exception.
La première tendance, la pire, est celle des productions Besson. Consistant le plus souvent en un étalage vulgaire, démagogique et clinquant boursouflé de clichés et de tics de mise en scène branchouille soutenu par un « scénario » tenant le plus souvent sur un ticket de métro passé à la machine, ils ne doivent leur succès relatif (entre 500000 et 1 million d’entrées) qu’à :
Hypothèse 1 : La force de la machine marketing est promotionnelle qui soutient leur lancement.
Hypothèse 2 : L’absence totale d’exigence, de référence ou de goût de la part du public.
Hypothèse 3 : Le besoin conscient ou inconscient du public d’aller voir des films populaires et qui faute de grives mange des bessoneries