Par Locktal - publié le 28 avril 2006 à 10h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h54 - 0 commentaire(s)
L'Avis du Jour met en avant l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Aujourd'hui, Locktal revient sur le film de Sidney Pollack, On achève bien les chevaux.

Cet avis contient des spoilers… Pour ceux qui n’ont pas vu le film et qui n’aiment pas que des éléments leur soient révélés, il vaut mieux dans ce cas s’abstenir de lire le texte qui suit. Cela dit, afin de bien saisir les thèmes abordés par ce film et la psychologie des personnages, il m’a semblé indispensable de révéler la fin du film.



Adaptation réussie du splendide roman de Horace MacCoy, On achève bien les chevaux est l’un des plus beaux films de Sydney Pollack, auteur de films remarquables (on peut citer par exemple Propriété interdite, 1966 ; Jeremiah Johnson, 1972 ; Les trois jours du condor, 1977 ou encore le méconnu Yakuza, 1974) mais cinéaste parfois inégal (il suffit de voir ses dernières œuvres, très décevantes et impersonnelles, même si L’interprète, son dernier film en date avec Nicole Kidman et Sean Penn, était assez intéressant).

On achève bien les chevaux nous plonge au cœur de la Grande Dépression économique des années 1930 aux Etats-Unis, suite au krach boursier de 1929. Pour survivre ou faire rêver les gens, des marathons de danse ont été organisés à travers le pays. La règle de ces épreuves est très simple : il faut danser en couple le plus longtemps possible, avec seulement des pauses de dix minutes toutes les deux heures. De nombreuses personnes s’y inscrivent, afin de décrocher la somme d’argent d’une valeur de 1500 $ attribuée au couple vainqueur, tandis que d’autres personnes s’y rendent pour profiter du spectacle, afin d’oublier leur propre misère. Le spectateur va suivre le destin de quelques-unes de ces personnes, toutes candidates d’un marathon de danse.



On peut citer tout d’abord Gloria (Jane Fonda, impressionnante), actrice et jeune femme cynique qui vient de perdre son partenaire à la suite d’une grippe de celui-ci et Robert (Michael Sarrazin, secret), jeune homme épris de liberté, qui deviendra le partenaire obligé de Gloria et sera le référent du spectateur. On pourra y croiser également Alice (Susannah York, très émouvante), aspirante actrice elle aussi, starlette resplendissante et son partenaire Rollo (Michael Conrad), son pseudo-agent. Enfin, il y a aussi Sailor (Red Buttons, exceptionnel), marin qui commence à se faire vieux et sa partenaire Shirley, puis une jeune femme enceinte et son compagnon, père de l’enfant. Toutes ces personnes vont tenter d’aller jusqu’au bout de leurs forces, afin d’essayer de décrocher la prime qui leur permettrait de sortir de la misère.

Film intense et désespéré, On achève bien les chevaux apporte un témoignage saisissant sur ces fameux marathons de danse, véritables jeux de cirque des années 1930, qui représentent la dépression économique et morale dans laquelle était plongée les Etats-Unis à cette époque. Parabole de la condition humaine, vouée inévitablement à la tragédie, le film se déroule dans un décor unique, oppressant, véritable arène où les gens ruinés viennent assister au spectacle de la misère, afin d’oublier la leur.


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